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Dès jeudi matin, le Centre de recherche sismique (SRC) de l'Université des West Indies, a émis une alerte orange pour le volcan sous-marin Kick'em Jenny. L’activité sismique élevée de ce volcan sous-marin, situé à 8 km au nord de la Grenade a tourné tous les regards de la Caraïbe vers la mer, à cause du risque de tsunami que pourrait entraîner une éventuelle éruption. A entendre le silence des responsables politiques en Martinique, à regarder la passivité des mairies, on s’interroge : la Martinique est-elle dans la Caraïbe ?

L’alerte orange émise par le SRC, qui a constaté l’activité inquiétante du volcan, a été communiquée dès le matin dans toute la Caraïbe, mais elle n’est tombée « aux Antilles » qu’en fin d’après-midi. Bien dire «Aux Antilles», parce que dans cette affaire il faut bien faire attention aux éléments de langage. Avec le Kick’em Jenny, nous nous sommes réveillés « Antilles. »

La Caraïbe, c’est quand ça arrange nos responsables politiques, quand elle peut servir à une grand-messe aux cotés du grand chef de l’Etat français qui vient nous parler climat dans le pays où on détruit la mangrove pour des intérêts privés.

Le 9 mai dernier, le Président de la République était dans la colonie où se réunissaient de nombreux chefs d’Etat de la Caraïbe pour un Sommet « Caraïbes climat 2015. » Il a déclaré «La France est dans l’espace caribéen, nous sommes ici présents ».

Mais hier, comme conscients de leur manque de réactivité, de l'absence d’informations immédiates dues à la population, nos responsables politiques nous ont bien fait comprendre que la Martinique est dans « les Antilles », bien loin de la Caraïbe on croirait.

Et n’allez pas leur parler de principe de précaution, on vous le dit, « les Antilles » ne sont pas concernées par cette Alerte orange, relayée dans toute la presse de la Caraïbe dès jeudi matin.

Le Conseil régional a diffusé un communiqué rassurant, qui porte les traces de notre supériorité supposée, donnée par la France :

« Il n’ y a aucune alerte tsunami en cours pour la zone Antilles. » Et fumée sur le volcan : « Aujourd’hui les scientifiques ne sont pas totalement d’accord sur le caractère tsunamigène (type gravitaire) de ce volcan explosif. Une étude en cours co-financé par la région pourra apporter des réponses à ces incertitudes. »

En prenant les Martiniquais, au passage, pour des moutons, il nous est expliqué que si la Caraïbe n’a pas les moyens pour vraiment étudier le volcan énervé, le Conseil Régional des Antilles de la France, paiera.

On n'est pas réactif, mais on a l'argent !

Communiqué publié sur le site du Conseil Régional

Pour information, hier (23/07/15) l’Université des West Indies, Seismic Research Center basé à Trinidad a rehaussé son niveau d’alerte (Orange), risque d’éruption du volcan sous-marin le kick’em Jenny se situant à 300 km à l’ouest-sud-ouest de la Martinique en Mer des Caraibes et ce pour les Etats dont elle a cette responsabilité. 

Cette alerte fait suite à une augmentation brutale l’activité du volcan (séismes, fumerolles etc.) cette semaine. Les flancs de ce volcan très actifs sous la mer sont très instables et par affaissement (éboulement) cela peut entrainer un risque de tsunami pouvant impacter les iles de la Caraïbe dont la Martinique.

Aujourd’hui les scientifiques ne sont pas totalement d’accord sur le caractère tsunamigène (type gravitaire) de ce volcan explosif. Une étude en cours co-financé par la région pourra apporter des réponses à ces incertitudes.

Il est important de rappeler que chaque état demeure souverain sur son territoire pour l’alerte et la vigilance liées à un risque majeur. Depuis hier, pour la Martinique aucune action officielle d’information préventive, d’alerte/ vigilance n’a été lancée à l’attention des acteurs de la sécurité civile et de la population. Cette procédure est des compétences de l’Etat avec l’appui de l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Martinique. Pour l’heure, il n’ a aucune alerte/ vigilance tsunami, volcanique pour la Martinique en lien avec le Kick’ em Jenny.

Il n’ y a aucune alerte tsunami en cours pour la zone Antilles. Une surveillance renforcée est assurée par l’observatoire Volcanologique et Sismologique et les services de l’Etat pour suivre l’évolution du phénomène éruptif et les risques potentiels pour les iles et populations de la Caraïbe.

Cependant au vu des informations transmises par le Seismic Research Center, la vigilance reste de mise pour tous notamment sur les zones littorales exposées au risque tsunami.

Les services opérationnels risques majeurs et des routes du Conseil Régional restent mobilisés.

Un point régulier sera fait sur cet évènement en cours.

 

 

On espère juste que Kick’em Jenny s’endormira et qu’aucun tsunami ne se produira avant que nous ayons aussi, les réponses aux incertitudes sur la position des «Antilles» dans la mer des Caraïbes.

Entendu à la télé

Les divers intervenants qui ont été sollicités par la télé de service public n’ont pas levé nos incertitudes de citoyens vivant dans une île exposée aux tsunamis. L’inquiétude a eu le temps de gagner la population qui avec les réseaux sociaux, a eu accès aux informations diffusées dans la Caraïbe par le Centre de recherche sismique (SRC) de l'Université des West Indies.

Alors que la presse nationale, exemple « Le Figaro » titrait vendredi matin : « Martinique: vigilance orange au risque de tsunami », le représentant de la préfecture a bien pesé ses mots :

« Il n’y a pas d’alerte tsunami pour la zone Antilles. Que ce soit clair, il n’y a pas d’alerte tsunami. Le niveau orange ne concerne uniquement que le volcan Kick’em Jenny qui se situe à 300 km au Sud de la Martinique. »

Albéric Marcelin, président de l'université populaire et de la prévention a dit la réalité en deux phrases :

« Tous les corps constitués de Martinique étaient présents au Conseil Régional en janvier 2005. L’ancien directeur de l’Institut du globe de Paris a déclaré devant tout le monde que nous n’avions que 12 minutes pour évacuer les populations vers les hauteurs. Voila c’est fait, c’est dit, tout le monde le sait.»

 

Les maires aux abonnés absents

Si lors des campagnes électorales les maires trouvent assez de véhicules, de hauts parleurs, et de personnes pour venir nous casser les oreilles avec leurs cancans politiques et leurs promesses jamais tenues, ils n’ont pas jugé utile d’utiliser les mêmes moyens pour informer et rassurer les populations.

Il est vrai qu’avec l’approche de l’élection de décembre pour la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM) les maires sont plus occupés à virer à droite, à gauche, en zigzagant pour arriver à temps dans le Parti qui pourrait les aider à décrocher une place dans ce machin.

A Saint-Anne, le silence a été le même et les élus de l’opposition ont interpellé le maire, Jean-Michel Gémieux.

Monsieur le Maire de la commune de Sainte-Anne

Les autorités compétentes nous ont alertées des risques probables de tsunami relatif aux multiples avertissements lancés par le volcan sous–marin qui se trouve au large de la Grenade.

En votre qualité de premier magistrat de la commune, responsable de la sécurité de la population et conformément aux règles de préventions et de précautions, vous devez prendre toutes les dispositions nécessaires afin d’informer la population de Sainte-Anne, ainsi que les vacanciers très nombreux sur le littoral en cette période.

Permettez nous d’insister auprès de vous pour nous communiquer les mesures déjà prises, d’autant que depuis plusieurs mois, vous nous avez tenus à l’écart de toute information et règlement relevant de la gestion municipale.

Pour mémoire le dernier conseil municipal ayant eu lieu depuis plus de trois mois.

Monsieur le Maire, veuillez agréer l’expression de nos respectueuses salutations.

Les conseillers municipaux « ensemble et solidaires. 

 

 

Dans plusieurs pays de la Caraïbe les précautions à prendre ont été rappelées à la population. En Martinique la Préfecture l’a dit, il n’y a pas d’alerte pour « la zone Antilles ». Alors le journaliste de la télé de service public, Martinique 1ère, qui a interrogé deux personnes qui reconnaissent qu’il manque d’information utile à la population, a jugé utile de conclure :

« Toutefois, même sans être informé, avant de réagir, il faudrait être sûr qu’il y ait une alerte tsunami. Un phénomène annoncé par la conjonction, ou pas, de trois éléments, à savoir un fort séisme, le retrait de la mer ou un fort grondement maritime» (Sic)

Peut-être faudra t-il conseiller au journaliste d’aller sur le site du  Ministère des outre-mer où il rappelé :

« La région des Antilles est particulièrement concernée par les aléas géologiques naturels de nature volcanique, sismique et aussi par les risques de tsunamis.

L’arc des petites Antilles se situe à l’aplomb d’une zone de convergence des plaques tectoniques nord- et sud-américaines avec la plaque Caraïbe, les premières s’enfonçant sous la seconde par le phénomène de subduction. Ses mouvements engendrent des déformations et donc des séismes et du volcanisme dans la région.

De ce fait, les Antilles sont susceptibles d’être soumises à des séismes de très forte intensité et ont été classées en zone III, degré de sismicité maximale du zonage français.»

 

Il est urgent d'oublier cette dangereuse conclusion entendue sur la chaîne de service public. Il faut être informé  quand on vit en Martinique, dans une zone sismique, sans attendre une alerte ou un fort séisme.

Il vaut mieux entendre le rappel fait sur cette même antenne par Albéric Marcellin : il faut seulement 12 minutes pour évacuer les populations vers les hauteurs.

Alors annou pran douvan, avan douvan pran nou !

Lisa David

 

BWÈT ZOUTI :

Vu dans la presse étrangère :

N-TV, la chaîne de télévision privée allemande d'information en continu, filiale de RTL,  a publié hier un article sur l’inquiétude du Venezuela après le réveil du volcan Kick'em Jenny.  Nous avons retenu cet extrait :

« La Défense civile a déclaré à Caracas, regarder la situation de près, car un tsunami pourrait déclencher des vagues qui frapperaient les côtes en une heure et demi.

Les vagues atteindraient en moins de 10 minutes la Grenade, en un peu plus de 10 minutes Sain-Vincent, en 30 minutes  la Martinique, Puerto Rico, Trinidad-et-Tobago, dans environ 40 minutes pour la Barbade et la côte nord du Venezuela. »

Sorge um Unterwasser-Vulkan: Erwacht "Kick'em Jenny" zum Leben? - n-tv.de
 

 

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