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Le chômage est massif, les faillites d’entreprises se multiplient, la pauvreté s’aggrave…
Oui, mais qui sera tête de liste en Décembre ?
Le délitement de notre tissu social se poursuit, les souffrances au sein de la population génèrent les pires dérives…
Oui, mais qui sera tête de liste en décembre ?
Notre pays vit sous la menace de catastrophes liées au changement climatique…
Oui, mais qui sera tête de liste en décembre ?
Une réelle menace de guerre plane sur l’Europe…
Oui, mais qui sera tête de liste en décembre ?

Tragicomédie ou théâtre d’ombres, le spectacle a de quoi désespérer car, quelles que soient les qualités individuelles des uns et des autres, polariser l’attention sur le choix de tête de liste a pour objectif, sinon pour conséquence, de jeter un voile opaque sur les véritables enjeux de l’échéance de décembre 2015.
Les metteurs en scène de la bourgeoisie occidentale, ceux qui ont pensé et fixé les règles du jeu politique, ont de quoi se frotter les mains :

Comme d’habitude, les alliances pré électorales et contre-nature se font et se défont ; des candidats potentiels sacrifient leurs convictions sur l’autel de l’éligibilité ; Des clans crient à l’unité et, dans le même temps, « flinguent » tous ceux qui se mettent en travers de leur chemin. Des partis, qui naviguent dans la mangrove politique depuis des décennies, à quelques mois des élections, annoncent qu’ils préparent un « projet » qu’on découvrira au moment opportun. Chacun va donner priorité à l’emploi, à la jeunesse, à la vieillesse, annoncera la construction de ponts et de rivières, sans jamais évoquer la conjoncture internationale, les conflits d’intérêts ou les possibilités de financement des projets brandis.

Pas étonnant que la grande majorité de la population se détourne de ce spectacle là.Or, le choix que nous ferons en décembre prochain aura de très importantes implications pour notre devenir. Non pas, comme certains le prétendent, parce que cette collectivité mettra entre nos mains une mystérieuse « responsabilité » ou un réel pouvoir politique permettant d’impulser le développement, mais parce que, selon le choix que feront les Martiniquais et les Martiniquaises, selon la philosophie et les orientations de ceux qui en prendront les commandes, notre pays continuera à patauger dans les difficultés et les incertitudes ou, au contraire, disposera d’un outil pour limiter la descente aux enfers.  

Comment douter du fait que nos difficultés s’aggraveraient si était portée aux commandes de la nouvelle Collectivité de Martinique une équipe ne remettant pas en cause le néolibéralisme et n’envisageant aucune perspective qui ne soit avalisée par le Gouvernement Français et l’Union Européenne - Institutions dont on peut juger la philanthropie à travers les mesures antidémocratiques et la paupérisation imposées à la Grèce.

Face aux énormes difficultés que connaît notre peuple et dans le contexte de turbulence internationale, la nouvelle institution se révélera profitable à la condition essentielle qu’elle soit dirigée par une équipe porteuse d’un projet alternatif et qui conçoive sa gestion comme élément d’une stratégie globale d’émancipation pour un développement durable et solidaire.

Pas question, donc, de donner notre aval à des candidats qui ne seraient pas clairement porteurs de ces orientations là. Il est plus que temps de mettre fin aux pratiques politiciennes qui gangrènent notre pays. 
La construction d’un bien-vivre individuel et collectif passe par le développement d’une conception alternative de la politique, celle qui s’appuie sur l’implication véritable de la population.

Organisons-nous pour penser et mettre en œuvre nos propres réponses face à nos difficultés .
Instaurons un rapport de forces qui nous soit favorable sur le terrain et faisons entendre nos exigences

C’est ainsi que nous servirons vraiment notre peuple.

Alain LIMERY 
porte-parole du CNCP

13/02/2015

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