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L’hôpital en Martinique est actuellement dans un état scandaleux et le gouvernement français ne l’ignore pas, les difficultés financières du Centre Hospitalier Régional sont connues depuis des années. Le 26 octobre dernier les personnels du CHUM, médecins, cadres hospitaliers, infirmiers, syndicats avaient tiré la sonnette d'alarme, une fois de plus. Dans leurs hôpitaux en décrépitude, les médecins disaient ne plus pouvoir « tolérer des manquements à l'éthique ». Ce mercredi 24 janvier, le constat est là, les faits sont graves : quand les personnels ne peuvent trouver que des sacs poubelles par manque de blouses à usage unique pour se vêtir, on peut parler de mise en danger de la vie des patients. 

La goutte d’eau a débordé du vase quand mardi matin, des personnels médicaux excédés, ont dénoncé auprès des services administratifs le manque de blouses à usage unique et autres matériels. Branle-bas de combat dans les services et à l’administration où c’était moins la panique. Dans ces bureaux on parle finance.

L’annonce faite à la communauté hospitalière par le directeur le 10 novembre 2017, de la mise sous tutelle du CHUM le 1er décembre 2017, n’annonçait rien de bon pour les personnels qui craignaient déjà le pire.

Le pire est bien là et l’inquiétude laisse place à la colère face à la désinvolture du gouvernement, qui a choisi de ne pas donner aux Martiniquais la possibilité d’être soignés à l’hôpital publique, dans des conditions au moins décentes.

Il manque de tout dans les hôpitaux en Martinique. Les médecins de l’hôpital Pierre Zobda Quittman, ont été alertés par le personnel paramédical de cette situation de grave pénurie.

La liste des manques est longue :

Alèzes

Changes

Couches

Serviettes de toilette

Essuie-mains

Gants de toilette à usage unique

Poches d’aspiration avec tube

Draps en quantité suffisante

Couvertures chauffantes

Tabliers à usage unique

Blouse à usage unique

Carrés de dégrossissage

Pansements américains

La réponse du Directeur des ressources matérielles à un chef de service signalant ce manque de matériel d’hygiène destiné aux soins, a fait le tour de l’hôpital, il ne manquait plus qu’à l’afficher dans les couloirs. Le directeur a catastrophé les personnels au CHUM :

 

Si ce n’est pas se foutre de la gueule des Martiniquais, ça y ressemble

 « Je découvre cette situation inédite et catastrophique pour les services de soins et pour moi qui suis relancé tous les jours .

La cause principale est le non-paiement des fournisseurs depuis près de un an pour une grande majorité et le fait qu’ils ne livrent plus ou avec une extrême parcimonie.


La seule solution est de réduire au plus vite nos dépenses et d’augmenter nos recettes (alors même que notre prestation se dégrade) et ou d’obtenir une aide financière extérieure, les administrateurs provisoires y travaillent dans la mesure du possible.

Le retour à la normal dépend donc d’un effort collectif.

Dans l’immédiat nous essayons de prioriser le paiement des fournisseurs mais cela reste un choix très difficile (entre les médicaments, les dispositifs médicaux, l’alimentation, le linge, les couches, les alèzes …)

 

Le directeur des ressources matérielles Eric Villeneuve, n’écrit pas qu’il faut continuer avec les sacs poubelles en guise de blouse, on est rassuré !

Dans son article L1110-1, relatif aux droits des malades, le Code de la Santé Publique stipule :


« Le droit fondamental à la protection de la santé doit être mis en œuvre par tous moyens disponibles au bénéfice de toute personne. Les professionnels, les établissements et réseaux de santé, les organismes d'assurance maladie ou tous autres organismes participant à la prévention et aux soins, et les autorités sanitaires contribuent, avec les usagers, à développer la prévention, garantir l'égal accès de chaque personne aux soins nécessités par son état de santé et assurer la continuité des soins et la meilleure sécurité sanitaire possible.»


A lire l’étonnante réponse ce directeur, la sécurité sanitaire ne semble pas le préoccuper. Faut-il comprendre que les malades martiniquais ont à choisir entre crever de faim à l’hôpital, dormir dans leur pipi et plus, ou mourir d’une maladie nosocomiale ? La réponse appartient aux Martiniquais.

Lisa David
 

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