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Renaud Lavillenie a insulté les Brésiliens après avoir perdu à Rio la médaille d’or du saut à la perche, remporté par le jeune Brésilien Thiago Braz Da Silva. Le champion déchu n’a pas supporté les huées du public pendant son saut et il s’est violemment lâché avec des propos qui font le buzz dans la presse et sur les réseaux sociaux, mais qui traduisent aussi une arrogance et une ignorance, dignes des commentateurs de la télévision française pendant ces jeux Olympiques 2016.

Le champion était assis tranquillement, il attendait. Il attendait son heure, sa hauteur. Le perchiste français Renaud Lavillenie, recordman du monde et champion olympique en titre, démarre la compétition avec une barre à 5 m 75 qu’il franchit sans trembler. C’est un athlète qui veut aller toujours plus haut et il travaille comme tous les compétiteurs pour atteindre son objectif. Avec une barre à 5 m 98, le Français est encore le meilleur même si le public brésilien le siffle avant même qu’il ne prenne son élan. Mais il y a un Brésilien de 22 ans, Thiago Braz Da Silva, qui attend aussi son heure. Porté par son public, ce jeune perchiste champion du monde junior, mais inconnu pour beaucoup, est bien décidé à aller très haut et toucher les étoiles. Il demande une barre à 6m03 et la franchit aisément. Renaud Lavillénie échoue à 6m08, perdant ainsi la médaille d’or et la classe qu’on peut attendre d’un grand champion. Il insulte le peuple Brésilien.

Renaud Lavillénie n’y va pas avec le dos de sa cuillère sans dorure, il vomit toute sa rage de mauvais perdant sur les Brésiliens : Il déplore une « ambiance de merdre » dans ce stade olympique de Rio, où le public n’a « aucune valeur de respect et de fair-play. »

« Autant qu'ils restent chez eux derrière leur télé, ils laisseront la place à des gens qui ont envie de voir du sport. Ca perturbe énormément, on sent la méchanceté du public contre soi. Je fais un sport où on ne voit jamais ça. »

Le perchiste français aurait peut être mieux fait de se détendre avant la compétition en dansant un peu la samba, comme l’a fait Usan Bolt, ou alors regarder la télé où il aurait pu constater que depuis le début des Jeux, le public brésilien n’hésite pas à siffler les adversaires du Brésil, ou d'autres, pendant les compétions.

Une attitude certes pas très fair-play, mais un athlète de ce niveau n’est-il pas formé à résister aux bruits extérieurs et hostiles lors d’une compétition ? On peut aussi s’interroger sur la préparation des athlètes français qui peuvent aussi s’informer eux-mêmes, sur le pays où ils vont poser le pied.

Dans tous les stades du monde le public, porté par la passion, est bruyant. Selon sa culture il chantera davantage ou plus fort, ici ou là. Il y aura des trompetttes ou des tambours ou des vuvuzelas et il sera moins souvent assis selon qu’il soit européen, latino-américain ou caribéen…

En Europe il peut se manifester de manière joyeuse ou violemment, ou avec racisme. De plus en plus les gestes et insultes racistes pleuvent sur les joueurs Noirs, qui pourraient écrire des pages sur le sujet. Sur tous les continents la joie peut être suivie de violence selon que la consommation d’alcool, autour des stades de foot par exemple, soit importante ou mesurée.

Partout dans le monde le public est là d'abord pour soutenir son équipe, son quartier, son pays, en faisant le plus de bruit possible, ce qui plait ou dérange. On peut imaginer que Neymar, la star du football brésilien qui a essuyé les huées de son public lors de la coupe du monde, n’a pas dû apprécier.

Lors de ces Jeux de Rio, on a vu les Brésiliens siffler les Espagnols, au profit… des Croates. Sur les stades en Amérique latine on s’amuse et c’est méconnaître la culture brésilienne, que d’interpréter des huées de manière aussi haineuse.

L’insulte insupportable du perchiste français adressé aux Brésiliens : « La dernière fois qu'on a vu ça, c'est quand Jesse Owens a couru en 1936. »

Sur Canal+, le perdant va loin, très loin, au prétexte qu’il a pris les huées du public brésilien pour une « insulte » : « La dernière fois qu'on a vu ça, c'est quand Jesse Owens a couru en 1936. »

On ne sait pas si dans sa vie, ce perchiste a déjà pris position contre les manifestations racistes que subissent les Noirs sur les stades en Europe, mais on peut s’étonner de la comparaison avec le comportement négrophobe des Allemands acquis au nazisme, qui aux Jeux de Berlin en 1936, huaient le sprinteur afro-américain Jesse Owens, qui venait de triompher.

La réaction de Lavillenie est indigne et méprisante. Cette comparaison marque en plus son ignorance de l'histoire de ce pays, où il est venu participer à des Jeux Olympiques. Le Brésil a connu la dictature militaire jusqu'en 1985, après un coup d'Etat le 31 mars 1964. Toutes ces années les Brésiliens ont subi les atteintes à la liberté qui vont avec ce régime autoritaire, les arrestations arbitraires, la torture, les assassinats, les disparitions de centaines d'opposants... La Présidente Dilma Roussef que les corrompus veulent renverser est l'une des survivantes de la torture. Evidemment, pendant ces années de dictature militaire, des criminels nazis ont pu trouver refuge au Brésil comme dans d’autres pays d’Amérique latine. Comparer ce peuple qui a souffert de la barbarie, aux nazis qui sifflaient Jesse Owens, est une insulte inadmissible.

Après sa médaille d’argent remportée au Brésil, Renaud Lavillenie devra après cette bassesse, essayer de reprendre de la hauteur.

Lisa David

 

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