Parce que nous avons besoin d'une presse libre

Caraïbes

«L'établissement de relations diplomatiques est le début d'un processus en vue de la normalisation des relations bilatérales, mais cette dernière ne sera pas possible tant qu'existera l'embargo», a déclaré le  Président cubain dans un discours prononcé au sommet de la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (Celac),  ce mercredi au Costa Rica.

« Si ces problèmes ne sont pas résolus, ce rapprochement diplomatique entre Cuba et les Etats-Unis n’aura aucun sens », a-t-il affirmé.

«Le problème principal n’a pas été résolu. L’embargo économique, commercial et financier, qui provoque d’énormes dégâts humains et économiques et qui constitue une violation du droit international, doit prendre fin», a insisté le dirigeant cubain, fort du soutien des pays d'Amérique latine.  L'embargo devra disparaître, a déclaré le président nicaraguayen Daniel Ortega, même s'il y en a qui s'opposent à l'intention du président Obama et à la voie qu'il a ouverte.

Raúl Castro a évoqué la mémoire du président défunt du Venezuela Hugo Chávez et il a demandé aux participants d'observer une minute de silence à sa mémoire. 

« Nous déplorons profondément l'absence physique d'un des grands leaders de notre Amérique, de l'inoubliable Président vénézuélien, Hugo Chávez, un fervent et inlassable promoteur et combattant pour l'indépendance, la coopération, la solidarité, l'intégration.»

Extrait du discours de Raul Castro : 

Chers collègues,

« Le 17 décembre dernier, les militants antiterroristes cubains Gerardo Hernández, Ramón Labañino et Antonio Guerrero, qui sont pour nous un motif de fierté et un exemple de fermeté, sont rentrés dans leur patrie.

Le président des États-Unis a reconnu l’échec de la politique cubaine appliquée pendant plus de cinquante ans et l’isolement absolu qu’elle a provoquée pour son pays, ainsi que les préjudices que le blocus a causés à notre peuple, et il a ordonné de revoir l’inscription de toute évidence injustifiable de notre pays sur la liste des États parrainant le terrorisme international.

Il a également annoncé, ce même jour, sa décision de renouer les relations diplomatiques avec notre pays.

Ces changements sont le fruit de presque un demi-siècle de lutte héroïque du peuple cubain et de fidélité à ses principes. Mais ils ont été aussi possibles grâce à la nouvelle époque que vit notre région et à la demande résolue et courageuse des gouvernements et des peuples de la CELAC.

Notre Amérique l’a réclamé en union étroite à l’Organisation des Nations unies et dans toutes les instances.

Précédés par le Sommet de l’Alliance bolivarienne de Notre Amérique (ALBA) à Cumaná (Venezuela), les débats soutenus en 2009 au Sommet des Amériques de Port-of-Spain (Trinité-et-Tobago) ont poussé le président Obama, récemment élu, à parler de repartir du bon pied avec Cuba.

À Cartagena (Colombie), en 2012, de vives discussions ont conduit à une prise de position unanime et catégorique contre le blocus. Les débats ont aussi porté sur l’exclusion de Cuba de ces Sommets. L’Équateur avait déjà exprimé sa protestation en n’y assistant pas. Le Venezuela, le Nicaragua et la Bolivie ont fait savoir qu’ils n’assisteraient pas au prochain si Cuba n’y était pas, attitude soutenue par le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay. La Communauté des Caraïbes a pris la même attitude. Le Mexique et les autres nations ont fait le même genre de déclarations.

Le président panaméen, Juan Carlos Varela, a fait savoir, dès avant son investiture, qu’il inviterait Cuba sur un pied d’égalité au Septième Sommet des Amériques. Ce qu’il a fait. Cuba a aussitôt déclaré qu’elle y assisterait.

Martí avait vu juste en disant qu’ « un principe juste du fond d’une caverne peut plus qu’une armée ».

Au nom de Cuba, je vous exprime à tous ma plus profonde gratitude.

Je remercie aussi sincèrement, au nom de la nation, les cent quatre-vingt-huit États qui votent contre le blocus aux Nations Unies, à ceux qui ont appuyé cette même demande à l’Assemblée générale, aux Sommet et aux conférences internationales, et à l’ensemble des mouvements populaires, des forces politiques, des parlements et des personnalités qui se sont mobilisés sans relâche dans ce but.

Je réitère notre gratitude et nos sentiments amicaux au peuple étasunien qui n’a cessé de s’opposer toujours plus à une politique de blocus et d’hostilité datant de plus de cinquante ans.

Ces résultats prouvent que, malgré leurs profondes différences, des gouvernements peuvent, au profit de leurs nations respectives, trouver une solution à des problèmes grâce à un dialogue respectueux et à des échanges fondés sur l’égalité souveraine et sur la réciprocité.

Comme je n’ai cessé de le dire, Cuba et les États-Unis doivent apprendre l’art de coexister d’une manière civilisée, en respectant les différences entre leurs gouvernements et en coopérant sur des points d’intérêt commun, ce qui contribuera à régler les problèmes communs que connaissent le continent et le monde.

Mais qu’on ne prétende pas que Cuba renonce pour autant à ses idéaux d’indépendance et de justice sociale, ni qu’elle renie un seul de ses principes ni qu’elle cède d’un iota dans la défense de sa souveraineté nationale.

Nous ne nous laisserons pas provoquer, mais nous n’accepterons pas non plus qu’on prétende, en opportunistes, nous conseiller ou exercer des pressions sur nous en matière de questions intérieures. Nous avons gagné ce droit souverain au prix de grands sacrifices et des pires risques.

Imagine-t-on que les relations diplomatiques puissent se rétablir sans que la Section des intérêts de Cuba et son office consulaire à Washington retrouvent leurs services financiers coupés à cause du blocus financier ? Comment rétablir des relations diplomatiques sans que Cuba soit ôtée de la liste des États parrainant le terrorisme international ? Quelle sera la conduite des diplomates étasuniens à La Havane quant au respect des normes qu’établissent les conventions internationales relatives aux relations diplomatiques et consulaires ? C’est ce que notre délégation a dit au département d’État lors des conversations bilatérales de la semaine dernière, et d’autres réunions à venir devront aborder ces points.

Nous avons affirmé au président des États-Unis notre disposition à travailler à la normalisation des relations bilatérales, une fois rétablies les relations diplomatiques, ce qui implique l’adoption de mesures réciproques pour améliorer le climat entre nos deux pays, régler d’autres problèmes en souffrance et progresser en matière de coopération.

La situation actuelle offre une modeste occasion à notre continent de trouver des formes de coopération nouvelles et supérieures qui conviennent aux deux Amériques, ce qui permettrait de régler des problèmes brûlants et de frayer de nouvelles voies.

La Proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes comme Zone de paix constitue dans ce sens une plateforme incontournable, y compris la reconnaissance que chaque État a le droit inaliénable de choisir son système politique, économique, social et culturel sans ingérence, de quelque sorte qu’elle soit, d’un autre État, ce qui est là un principe imprescriptible du droit international.»

Site de presse en ligne
ISSN 2726-0100

Aidez Freepawol

pour une presse libre

Dans la même rubrique...

Farah Marlin et Yrose Pressoir, une mère et sa fille, ont été arrêtées mercredi par les policiers de l’unité chargée de la protection de l'enfance en Haïti.

Dans la tempête qu’elle traverse la tête haute, sans flancher, Corinne Mencé-Caster, la Présidente de l’Université,  peut compter sur la solidarité des étudiants, mais aussi de p

Une femme martiniquaise, Corinne Mencé-Caster,  compétente, respectée, admirée de celles et ceux pour qui elle travaille honnêtement, les étudiants, est attaquée pour son courage

Pages

1 2 3 4 5 »

Articles récents

Élections ou pas les brigades financières continuent à fouiller dans les magouilles politiques qui pourrissent le pays…

La Martinique va bientôt accueillir pour la première fois de son histoire une femme, au poste de Procureur de la République.

C’était Samedi 25 avril à Fort-de-France, le rassemblement condu

En grève depuis une semaine, les lycéens en classe de 2BTS MHR Management en Hôtellerie-Restauration du Lycée Nord Caraïbe de Bellefontaine ne savent plus à quel saint se vouer, face au lourd silen

Le Galion retire de la vente, de facon immédiate, du sucre venu d'ailleurs pour cause de présence de corps étrangers métalliques. Le Martiniquais découvre à cette occasion que son sucre n’est pas s

Pages

1 2 3 4 5 »