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Serge Letchimy s'est indigné des propos tenus au sein de l'Assemblée Nationale à l'occasion du débat sur la Loi Asile et Immigration. « Il n'y a pas de stocks humains ! » a réagi le Député de Martinique suite aux propos de Pierre-Henri Dumont (Les Républicains) sur les migrants. Salubre réaction dans ce Parlement du pays dit des droits de l’Homme, où cette injure à l’humanité n’avait suscité aucune réaction. Serge Letchimy a enfoncé le clou de la vérité : « C’est ainsi qu’on traitait justement ceux qui étaient considérés par leur couleur, par l’origine, par leur histoire, pouvant être stockés dans les cales des négriers. »


On aurait aimé entendre les gens de Droite, Justin Pamphile, Daniel Robin, Yan Monplaisir et d’autres de ces élus martiniquais qui se félicitent de la politique de Macron, ce Président de la République qui veut enfermer des enfants de migrants dans des centres de rétention. Une politique tout aussi raciste et indigne que celle que propose le Front National, qui a poussé nombre d'électeurs à choisir Emmanuel Macron, lors de l’élection présidentielle.

Il est vrai qu’on entend rarement nos élus et leaders politiques, tout camp confondu, s’exprimer sur les décisions politiques du gouvernement qui impactent pourtant douloureusement la vie des Martiniquais. Qu’ont-ils dit sur la réduction des retraites des moins fortunés, sur celle les APL des étudiants ?

Bouche cousue aussi sur la loi « Loi Orientation et Réussite des Etudiants » responsable des manifestations de rue et des blocages d’Universités en France depuis plusieurs semaines. C’est peut-être trop leur demander puisqu’ils se taisent pour la plupart, sur ce qui se passe ici, à l’Université des Antilles !

 

Comment expliquer face aux dispositions du projet de « Loi Asile Immigration », le silence des élus de nos pays, où ont sévi la traite négrière et la barbarie esclavagiste, expressions du racisme occidental. 

Un texte qui suscite tant d’inquiétude. Amnesty International rappelle que « les migrants comme les réfugiés sont des personnes. Un État a certes la possibilité de décider si une personne migrante peut ou non demeurer sur son territoire, mais, dans tous les cas, l’État est tenu de respecter leurs droits humains. »

A l’Assemblée Nationale, même dans les rangs de la République en Marche où les Députés donnent depuis le début de la mandature l’image de « godillots », ce projet de loi révèle des frondeurs qui ont exprimé leur opposition au texte. L’un d’eux, Jean-Michel Clément, a même affirmé vouloir voter contre. Ce samedi, l'Assemblée a rejeté des amendements de la Gauche et du Modem visant à interdire le placement de familles avec enfants en centre de rétention administrative. Le quotidien« Libération » a écrit en Une, son indignation.

 

La République en Marche fait tomber en pamoison les élus de Droite sous les cocotiers. Même le pourtant très Sarkozyste Ralph Monlplaisir, qui a décoré le négationniste Alain Huygues Despointes, a mis ses pas dans ce mouvement en marche avec Front National. Une proximité qui n’a pas échappé à Serge Letchimy qui a mis les mots sur ces maux qui contaminent la politique en France :

« C’est ignoble ce que vous faites et je comprends pour quelle raison aujourd’hui. Cela permet de voir les vrais clivages : ceux qui sont du côté de l’intégrité humaine et ceux qui se mettent du côté des extrémistes de Droite pour voter l’article 5, puisque le Front National a voté avec En Marche, l’article 5. » 

 

Les faits qui se sont produits deux jours plus tard au col de l’Echelle dans les Alpes, ont démontré une fois de plus l’inquiétante dérive de ce gouvernement et de son ministre de l’Intérieur, Gérard Colomb, un franc-maçon dont on cherche l'humanisme dans ce dossier.

 

Alors que des étudiants en grève sont violement jetés de leurs Universités par la police, alors qu’une des responsables de l’ONG Amnesty International, Martine Landry, chargée d'une mission d'observation à la frontière franco-italienne a été poursuivie pour avoir aidé des migrants en situation irrégulière, un mouvement d’extrême-droite « Génération Identitaire », connu pour ses actions coup de poing et sa proximité avec le Front National, a pu tranquillement installer une « frontière symbolique » avec des grillages de chantier. Ils ont pu survoler la zone en toute tranquillité avec deux hélicoptères, tout au long de l'après-midi.

 

Trouvant la réaction du gouvernement bien timide, le Député de la France Insoumise, Eric Coquerel l’a interpellé au Parlement.


Le groupuscule d’Extrême Droite, qui n'a pas eu à subir le sort réservé aux étudiants et aux occupants de la ZAD de Notre Dame des Landes, a fièrement vanté la réussite de son illégal exploit.

 

 

On ne peut que saluer la réaction de Serge Letchimy en ce mois d’avril où on célèbre le 10èmeanniversaire de la mort d’Aimé Césaire, l’humaniste, l'auteur du « Discours sur le colonialisme », qui sans cesse nous rappelle les maux de l’Europe.

Extrait :


« Et je dis que de la colonisation à la civilisation, la distance est infinie ; que de toutes les expéditions coloniales accumulées, de tous les statuts coloniaux élaborés, de toutes les circulaires ministérielles expédiées, on ne saurait réussir une seule valeur humaine.

Il faudrait d’abord étudier comment la colonisation travaille à déciviliserle colonisateur, à l’abrutir au sens propre du mot, à le dégrader, à le réveiller aux instincts enfouis, à la convoitise, à la violence, à la haine raciale, au relativisme moral, et montrer que, chaque fois qu’il y a au VietNam une tête coupée et un œil crevé et qu’en France on accepte, une fillette violée et qu’en France on accepte, un Malgache supplicié et qu’en France on accepte, il y a un acquis de la civilisation qui pèse de son poids mort, une régression universelle qui s’opère, une gangrène qui s’installe, un foyer d’infection qui s’étend et qu’au bout de tous ces traités violés, de tous ces mensonges propagés, de toutes ces expéditions punitives tolérées. de tous ces prisonniers ficelés et interrogés, de tous ces patriotes torturés, au bout de cet orgueil racial encouragé, de cette jactance étalée, il y a le poison instillé dans les veines de l’’Europe, et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagementdu continent.

Et alors un beau jour, la bourgeoisie est réveillée par un formidable choc en retour : les gestapos s’affairent, les prisons s’emplissent, les tortionnaires inventent, raffinent, discutent autour des chevalets.

On s’étonne, on s’indigne. On dit : « Comme c’est curieux ! Mais, Bah ! C’est le nazisme, ça passera ! » Et on attend, et on espère ; et on se tait à soi-même la vérité, que c’est une barbarie, mais la barbarie suprême, celle qui couronne, celle qui résume la quotidienneté des barbaries ; que c’est du nazisme, oui, mais qu’avant d’en être la victime, on en a été le complice ; que ce nazisme-là, on l’a supporté avant de le subir, on l’a absous, on a fermé l’œil là-dessus, on l’a légitimé, parce que, jusque-là, il ne s’était appliqué qu’à des peuples non européens ; que ce nazisme-là, on l’a cultivé, on en est responsable, et qu’il est sourd, qu’il perce, qu’il goutte, avant de l’engloutir dans ses eaux rougies de toutes les fissures de la civilisation occidentale et chrétienne.

Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crimeen soi, le crime contre l’homme, ce n’est que l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique.

Et c’est là le grand reproche que j’adresse au pseudo-humanisme : d’avoir trop longtemps rapetissé les droits de l’homme, d’en avoir eu, d’en avoir encore une conception étroite et parcellaire, partielle et partiale et, tout compte fait, sordidement raciste. »

 

Comment comprendre le silence des élus des dernières colonies françaises de la Caraïbe ? 

 Aucun basané, aucun Noir n’ignore que ces lois répressives contre les migrants, contre ces demandeurs d’asile qui fuient les guerres financées par la France entre autres nations vendeuses d’armes, sont alimentées par la haine raciale, la xénophobie, nées du colonialisme. Personne n’ignore que dans ce climat de rejet de l’autre parce que différent, l’autre décrété inférieur, s’entretient et s’amplifie la bête immonde.

La bête immonde dont nos ancêtres ont été victimes et qui dans ce climat de rejet de l’autre, menace en premier lieu nos enfants, parents qui vivent en France.

Que ces gens de la droite, Les Républicains,  La république En Marche et leurs complices, ne viennent pas nous faire croire qu’ils ont la moindre volonté de défendre les intérêts des Martiniquais. Nous avons tous un parent emporté par le Bumidom.

Lisa David

 

 

 

 

 

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