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Que va faire le gouvernement si dans les semaines où les mois à venir la Martinique connaît une explosion violente comme celles qu’on a connues dans les banlieues délaissées, discriminées, ghettoïsées de France ? Parce qu’il faut bien regarder la réalité en face, les départements d’Outre-mer sont traités au mieux comme des départements entièrement à part de la République Française,  où comme ces Etats de la Françafrique où les soutiens sont apportés à des dirigeants politiques au service des intérêts de la Métropole, au détriment des populations. L’exemple de l’Université où la Présidente, Corinne Mencé-Caster, subit tous les outrages pour avoir dénoncé les détournements de fonds européens du CEREGMIA révélés par la Cour des Comptes, en donne une inquiétante démonstration. Ce lundi 29 juin, les protagonistes du CEREGMIA doivent revenir après l'interdiction d'accès d'un mois qui leur avait été imposée par la présidente. L'indignation gagne dans le pays et les Martiniquais sont appelés à une manifestation sur le campus de Schoelcher, des 5 heures du matin, pour exiger « une Université propre ».  Des rassemblements qui se répètent et qui n’inquiètent pas les autorités pour l’instant. Mais le représentant de l'Etat et les responsables politiques devraient entendre un proverbe créole qui signale le pire à venir : « Tout jé sé jé, kasé bwa an fès makak pa jé ».

Le danger guette en Martinique où le chômage frappe plus de 50% des jeunes, où le trafic de drogue s’infiltre dans les rouages de la société, de l'économie, sans que les politiques s’en émeuvent et pire ils s’en accommodent, comme le démontrent certaines réactions cinématographiques aux récentes arrestations de présumés trafiquants de drogue.

La voyoucratie s’installe dans le pays et elle s’affiche sans vergogne dans un lieu qu’on pourrait croire sanctuarisé, parce que diffuseur de savoir pour la jeunesse, l’Université. Les défenseurs des protagonistes du CEREGMIA, pourtant mis en cause dans plusieurs rapports (Cours des Comptes, Sénat, Inspection générale de l’Education Nationale) se déchaînent, persuadés que la justice ne passera pas dans ce désordre organisé.

Dernier exemple, celui d’un certain Romain Cruse qui a suscité en réponse, ce courrier de Jean-Emile SIMPHOR, vice-président du Pôle Martinique de l’Université des Antilles.

 

Madame la Présidente,

En tant que vice-président du pôle Martinique, je tenais à vous exprimer ma vive inquiétude quant aux libertés inadmissibles que se permettent des membres extérieurs à l’établissement :

- tout d’abord, liberté d’entrer sur la messagerie de l’université et d’écrire aux membres du conseil d’administration en vous qualifiant de «résidente », vous, la présidente de notre institution dont il convient, comme tout président d’institution, de respecter la fonction ;

- liberté de s’exprimer dans la presse, en se présentant comme universitaire de l’UA. On peut être docteur sans être universitaire, comme c’est manifestement le cas de M. Cruse qui, tout en critiquant avec virulence notre établissement, n’est à ce jour pas recruté dans une université. Aussi usurpe-t-il des titres ;

- liberté de se prononcer en lieu et place des  universitaires du pôle Martinique qui n’en peuvent plus de cette gabegie qui dure depuis plus de 15 ans (le premier rapport de la Cour des Comptes sur le CEREGMIA remontant à 1999), en prétendant que c’est la présidente de l’université qui est responsable des sommes énormes à rembourser, parce qu’elle n’aurait pas effectué des remontées de factures. Tous les courriers reçus montrent qu’il n’en est rien et que les suspensions de projets ont été faites par les bailleurs de fonds, notamment après des audits où le chef de projet, Fred Célimène, n’a  été en capacité de fournir aucun des documents justificatifs demandés. Dès 2014, des alertes étaient faites  (cf. courrier  du PCR  à la présidente)

M. Cruse se permet donc d’invectiver, de menacer, alors qu’il n’est pas un personnel de l’établissement. La longue liste des mails injurieux et diffamatoires qu’il a adressés à la communauté universitaire, allant même jusqu’à usurper l’adresse mail « martinique.univ-ag » d’un étudiant qui ne s’était pas réinscrit, en dit long sur ses méthodes et ses pratiques. Ayant été destinataire de rapports définitifs d'audit concernant FEDER et INTERREG du CEREGMIA, j'ai pu noter que M. Cruse a bénéficié de billets d’avions,  des repas au restaurant…autant de dépenses déclarées inéligibles et que l’université devra pourtant rembourser.

M. Cruse qui semble s’offusquer de l’appel lancé par Raphaël Confiant sur son Facebook, donc hors de l’université et à titre privé, semble oublier que lui-même, alors qu’il n’est pas un universitaire, a lancé plusieurs appels au blocage de l’université aux personnels du pôle Martinique (cf. pièce jointe), appels restés lettre morte. Il semble aussi oublier que régulièrement dans cette université des appels à la mobilisation, à des assemblées générales, à des défilés ont été lancés sur les deux pôles. Motions, AG, blocages de campus, enseignants qui se déclarent professionnels de la grève, fils de fer barbelés, colles dans les serrures…qui s’en est offusqué devant le CA ? Qui a fait appel aux autorités même après plus de 30 jours de blocage total ?

Comment accorder un quelconque crédit à ses propos ? Par qui est-il mandaté ?

Dans son désir d’incriminer la présidente à qui il ne témoigne aucun respect, il essaie de prouver bien maladroitement qu’un compte Facebook au nom de « Corinne Caster » aurait été ouvert, sans doute par elle, pour appeler  à la rébellion.  Encore un manque flagrant de respect et de toute déontologie envers la présidente de l’institution.

Plus grave, M. Cruse (mais qui se cache derrière lui ?) évoque un CA restreint du 3 juillet, convoqué pour pallier le dysfonctionnement du CA restreint régulièrement convoqué le 26 juin 2015 où on a pu noter six absents non excusés, alors même que la veille des mails étaient échangés sur des questions de l’ordre du jour.

Lorsque M. Cruse écrit /« Ceci, nous l’avons bien compris, afin de tenter de faire un dernier CA restreint sans Fred Célimène (le 3 juillet), pour pouvoir donner les promotions bien méritées à ceux qui ont participé au saccage de l’université »/, on identifie un style bien connu, certes, mais pire, il paraît dire que Fred Célimène, à lui tout seul, est en mesure d’empêcher la validation des recrutements à l’ordre du jour, comme si les autres membres siégeant n’étaient que des « béni oui-oui ».

Fred Célimène formerait-il donc à lui tout seul un CA restreint ? Cela en dit long sur la considération pour les administrateurs ! Cela en dit long aussi sur l’utilisation qui est faite de la qualité d’élus ! On siège pour se venger du vice-président aux affaires juridiques et contentieuses ! Il faut en prendre bonne note !

Madame la présidente, vous savez mieux que moi, comment les parents d’étudiants et nombre de collègues qui nous manifestent  leur confiance sur le pôle Martinique, avec des chiffres APB en hausse, s’indignent déjà du retour des professeurs interdits d’accès qui n’ont pas arrêté de dire, dès le 17 juin 2015, date de leur pénétration en infraction sur le campus,  que c’est vous et votre équipe qui avez saccagé l’université, quand ils ont eux-mêmes contribué en première ligne au désastre financier dans lequel nous sommes. Vous savez combien ces parents et ces collègues se montrent attentifs à l’action que vous menez, vous encourageant sans cesse à poursuivre et à faire toute la lumière sur ce scandale financier qui met en péril les fonds de réserve de l'établissement. Il en est de même de la majorité des collègues du pôle Martinique qu’on vous accuse de soulever, comme si vous gériez des marionnettes manipulables à souhait, comme s’il n’était pas compréhensible que les personnels de l’université s’indignent d’un tel gaspillage atteignant des sommes astronomiques.

Maître Goldman qui était présente et qui est aussi le conseil de l’université sur les affaires de détournement de fonds a tenu à nous informer d’éléments que vous ne manquerez pas de divulguer lors du prochain CA, car ils démontrent une fois de plus, que vous avez eu raison de ne pas prendre à la légère ce dossier. Et ce, précisément au moment où vous m'apprenez que le président du Conseil régional de Guadeloupe, dans un courrier, en date du 9 juin 2015,  menace de  réclamer à l'établissement purement et simplement et sous quinzaine, 2.5 millions d’euros de remboursement.

Sachez que, en tant que vice-président de pôle, je vous accorde mon soutien plein et entier pour continuer d’assainir cet établissement et vous demande de prendre toutes les mesures utiles pour que des personnes étrangères à l’établissement n’encombrent ni les adresses du CA, ni les ondes et ne suscitent pas la colère et l’indignation des parents d’étudiants, d'étudiants et des collègues.

Je m’indigne qu’une présidente d’université soit ainsi insultée et injuriée, alors qu’elle s’est contentée d’inscrire ses pas dans les conclusions et les préconisations de l’IGAENR et dans celle du Procureur auprès de la Cour des Comptes qui dès 2012 avertissait que le CEREGMIA faisait peser un risque juridique et financier sérieux sur l’université.

Très cordialement,

Jean-Emile SIMPHOR

 

Vice-Président du pôle Universitaire Régional de la Martinique

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L’article de Médiapart, concernant les détournements de fonds européens, de millions d’euros,  constatés par la Cour des Comptes dans la gestion du CEREGMIA,  a fait le buzz sur les réseaux sociaux

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