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Culture

Pascale Pidibi poursuit son parcours musical, appuyé sur la base du Bèlè. La chanteuse reste debout sur les racines du pays, même si l’assimilation aidant, certains considèrent que sa musique « n’est pas au format  ». Avec son premier album qui sort dans quelques jours, tout est dit : A Si…Pozé.

Danseuse de bèlè depuis son plus jeune âge, Pascale Pidibi a décidé d’apprendre à chanter. Ses premiers cours lui sont donnés par Sarah Corinne Emmanuel, puis  Malaurie M. La danseuse décide de prendre son envol, elle écrit des textes, commence à chanter en 2000, puis ce sera le premier single «Siwomyel la » écrit par Marc Elmira. Le bassiste, originaire du Robert comme elle, l’a encouragée à chanter. Il écrit d’ailleurs dans « Siwomyel la », que « Jamb ki tranblé sé jamb krapon. »


Photo de Marc Elmira, prise en août 2010, lors de la manifestation « Anbians bolanmè », quelque mois avant son décès, par Laurence Jean-Louis 

 

La chanteuse n’a pas les jambes qui tremblent, volontaire, elle avance. Pour cette année 2017, Pascale produit son premier album « A Si…Pozé », en utilisant la méthode moderne du financement participatif, le crowdfunding, qui lui permet de compléter « ma poche » dit- elle. 

Fonctionnaire territoriale au service communication de la CTM, elle n’a aucun mal à s’occuper de sa propre communication. Une amie se charge d’alimenter la page Facebook crée pour l’occasion. Elle sait que le pari n’est pas gagné, lors de la sortie de son single, « Il y a des radios qui m’ont dit, mizik mwen-a pa au format. »

Pas au format ? Elle nous répond : Je ne sais pas ce que c’est, pas au format. Je sais que je travaille avec la musique de mon pays, avec comme base les rythmes du Bèlè. Je suis une danseuse de Bèlè, j’ai arrêté, j’ai repris… Pour l’album, il y a cette base à laquelle j’ai ajouté des sonorités modernes de violon, de basse… »

Des musiciens professionnels acceptent de participer à l’aventure. Pascale est heureuse et fière d’avoir eu la collaboration de « musiciens qui à mes yeux étaient inaccessibles : Micky Telephe, Bago, Thierry Vaton, Hervé Laval, la section cuivre de Musique au pays, un ami guitariste qui vit à Paris Fredy Simon, Eric Duhamel, Christian Louiset, Orlane, Maud Masse et Luc Labonne. » Ingénieur du son, Patrick Marie-Joseph qui avait déjà mis sa touche de confiance pour le single est revenu pour l’album « A Si…Pozé » dont Mario Masse est le réalisateur. 

D’un sourire ravi Pascale Pidibi ajoute : J‘ai contacté ces musiciens, ils ont tous accepté. Ils m’ont écoutée, ils ont été patients. Ça s’est très bien passé. J’avais quelque chose à partager, je l’ai fait avec mon cœur ! »

Quelle sera la suite ? Réaliste, la chanteuse sait que la suite sera difficile « Toute la question est là. C’est bien de faire un disque mais après il faut trouver des prestations, des dates. Je sais comment ça fonctionne ici, et c’est vrai qu’on dit : nul n’est prophète en son pays. J’ai fait de mon mieux, j’ai travaillé avec des musiciens qui ont une expérience, et qui étaient humbles, surtout.

Kali l'a chanté, « la vie artiste raide». Les musiciens martiniquais sont souvent obligés de partir pour se produire en France ou ailleurs. Les gérants ou propriétaires des lieux où les musiciens peuvent s’exprimer, n’ont pas toujours la volonté ou les moyens, de payer leurs prestations. Pascale connaît ces difficultés, sa mère est musicienne, accordéoniste. Elle précise que pour la réalisation de son album elle a tenu à payer les musiciens, parce qu’il faut « respecter le travail des gens. On dit jouer mizik, mé sé travay sé moun-la ! »  

Il arrive des fois que le hasard fasse bien les choses, le titre promo de l’album, « Nèg vayan », a été récemment diffusé sur certaines radios et l'auteur le reconnait, « j’ai de la chance, il a été entendu en période de commémoration de l’abolition de l’esclavage ». Un titre qui fait référence à notre histoire dont les héros ont trop longtemps été occultés. 

A entendre Pascale Pidibi, on comprend que l’artiste est engagée, que pour elle la musique qui a le pouvoir de divertir d’émouvoir, a aussi pour fonction de transmettre des messages.

Lisa David

 

 

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