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Aujourd’hui avait lieu place du Châtelet à Paris un rassemblement pour réclamer justice pour Adama Traoré. Environ 1500 personnes se sont réunies en soutien à la famille du jeune homme mort dans des circonstances obscures le 19 juillet dernier, mais aussi pour faire entendre leur obstination dans la recherche de la vérité et de la justice concernant la mort du jeune homme de 24 ans. 

  Près de quatre mois après la mort du jeune Adama Traoré, l’émotion est toujours palpable et aujourd’hui était un jour de plus où les gens réunis - amis, famille, ou simplement citoyens touchés par cette sordide affaire – étaient bien résolus à se faire entendre.

  Petit rappel des faits pour les hommes et femmes niant l’information ou simplement la triste réalité de notre société : le 19 juillet dernier, Adama, 24 ans est mort à la gendarmerie de Persan suite à son arrestation à Beaumont-sur-Oise. Interpelé par trois gendarmes, il fuit. Il est finalement retrouvé et plaqué au sol par ces derniers qui font pression sur son ventre, alors qu’il n’opposait pas de résistance manifeste. Indiquant avoir du mal à respirer, il est, après un temps de doutes sur ses dires, enfin confié aux pompiers qui tentent de le réanimer en vain. Suite à sa mort, la communication du parquet de Pontoise dans cette affaire fut aussi sélective qu’insuffisante : en « omettant » de communiquer sur l’asphyxie qui a causé la mort d’Adama, le Procureur Yves Jannier, (muté depuis comme avocat général à Paris), a été accusé de vouloir noyer le poisson. Un poisson bien trop volumineux et indocile, vue la mobilisation du jour.

La France multiculturelle réunie

  C’est sous le soleil, qui semble lui aussi vouloir connaître la vérité, que des hommes et femmes se sont réunis place du Châtelet à Paris. Des gens de tous les âges, Noirs, Blancs, des visages d’ici et d’ailleurs, tous désireux d’amplifier leur colère et leur ras-le-bol sur cette justice qui profite à certains et dessert indéniablement d’autres.

  La musique retentit et le char est prêt à écraser le pavé doucement jusque la place de la République, où des discussions seront engagées autour de cette affaire. En fendant la foule qui n’a pas encore démarrée, on distingue des drapeaux, des badges et on entend les discours d’organisations politiques présentes. Sur les t-shirts noirs et blancs est imprimé le slogan : « Justice pour Adama, sans justice vous n’aurez jamais la paix ». Un homme brandit une pancarte au slogan anti-militariste : « Armer tue »... En face du théâtre du Châtelet témoin de ce groupe indigné, de larges banderoles de cellophane ont été tendues entre les arbres complices. Sur ces dernières, des slogans « JUSTICE POUR ADAMA » peints en jaune sciemment visible et voyant.

 

Aujourd’hui Adama et demain ça sera quoi ?

  Dans la foule qui attend le départ du cortège, trois amies sont venues ensemble. Ndieme, Dilek et Kagna dénoncent calmement tous les types d’injustice et se disent qu’Adama, ça aurait pu être elles, ou leur frère. Ou n’importe qui. Pour Ndieme, la justice doit être la même pour tous dans un pays comme le sien, qui se revendique pays des Droits de l’Homme. La seconde estime qu’il faut agir, se faire entendre et ne pas accepter toute situation comme normale. Elles disent qu' on rassemble des gens dans les cités, sans les considérer ni même créer de dialogue, et le mutisme des politiques en est l’illustration. Kagna est restée longtemps sans se soucier de ce qui se passait dans la société, mais elle commence à prendre conscience de la réalité, grâce notamment à ses deux amies dit-elle.

  Un court larsen coupe court à toutes les conversations. Un speaker de sa voix forte, invite les manifestants à se placer derrière les proches d’Adama. C’est l’heure. Il faut maintenant battre le pavé, leur montrer, leur dire. Il en va de la dignité d’Adama, avec la liberté de chacun comme enjeu.

Dominique Bretodeau

 

 

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