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Une enquête mondiale sans précédent sur une fuite massive de documents secrets du cabinet d'avocats panaméen, Mossack Fonseca & Co. ouvre la boîte de Pandore virtuelle dans le monde ténébreux des sociétés offshore. Des documents secrets jamais divulgués révèlent les personnes qui utilisent ces boites secrètes pour dissimuler leurs activités et les intermédiaires professionnels qui les aident. Pourtant, les discours politiques dans de nombreux pays tendent à faire croire à une volonté de mettre fin aux fuites d'argent dans les paradis fiscaux, fuites au détriment des caisses des Etats et de leurs citoyens qui peinent au travail ou au chômage, à joindre les deux bouts. Le directeur du quotidien « Le Monde », Jérôme Fénoglio, annonce ce lundi sur France Inter que le quotidien révélera dès mardi l'implication d'un parti politique français dans l'affaire «Panama Papers.» En outre-mer, la Réunion et Martinique comptent aussi leurs évadés fiscaux, mais pour l'instant les médias qui ont eu accès aux fuites n'ont pas révélé de noms.

« Panama Papers », ce sont plus de 11,5 millions de documents issus de la société panaméenne Mossack Fonseca, d’abord transmis par un lanceur d’alerte anonyme au quotidien allemand « Süddeutsche Zeitung ». 107 rédactions internationales, dont le quotidien français, « Le Monde », ont travaillé sur ces données avec le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ). Les données de cette fuite d’informations s’étalent sur près de 40 ans, de 1977 à la fin de 2015. Elles permettent de découvrir, (ce qui ne s’était jamais vu dans le monde offshore), jour après jour, décennie par décennie, comment l’argent coule à travers ce sombre système financier mondial, où se mélangent les revenus de la criminalité, de la corruption et la fuite des recettes fiscales des nations.

Si la presse française fait durer le suspens, en faisant le tour des médias anglo-saxons,  il   apparaît qu’ils ont, depuis hier, révélé bien des détails. Exemple, le cas du père du Premier ministre britannique, David Cameron. Chef de file dans la lutte contre l’évasion fiscale, le chef du gouvernement du Royaume-Uni avait, dans un courrier en mai 2013, exhorté les territoires britanniques offshore et d'autres régions autonomes, à signer des protocoles internationaux sur l'échange d'informations, et à améliorer leur transparence.

Si David Cameron avait voulu examiner les biens de son défunt père, il aurait pu voir comment c’est réellement difficile d’aboutir à la transparence, tellement le système est élaboré pour ne laisser aucune trace de celles et ceux qui cachent leur fortune.

Son père, Ian Cameron, un agent de change multimillionnaire, était un client de Mossack Fonseca qui a utilisé le cabinet d'avocats pour protéger son fonds d'investissement, Blairmore Holdings, Inc., des impôts britanniques. Le nom du fonds provient de « Blairmore House », la maison de campagne de sa famille depuis quatre générations. Mossack Fonseca a enregistré le fonds d'investissement au Panama, même si bon nombre de ses principaux investisseurs étaient britanniques. Ian Cameron a contrôlé le fonds depuis sa création en 1982, jusqu’à sa mort en 2010. Un document précise que le fonds « doit être géré et réalisé afin qu'il ne devienne pas résident au Royaume-Uni à cause des règles fiscales.» Une affaire qui risque de faire du bruit autour de David Cameron.

Le monde du Football occupe une bonne place au paradis de l'argent caché au Panama. 

Les quatre lettres de la FIFA s’apparentent de plus en plus à la corruption. Après le scandale de la FIFA qui a éclaté au grand jour en 2015 , lorsque le ministère de la Justice des États-Unis a découvert que des membres de l’organisation mondiale du football avaient touché des pots de vin et des commissions occultes en échange de conditions favorables à des diffuseurs des jeux et autres entrepreneurs.

Les dossiers divulgués montrent que quatre des seize fonctionnaires de la FIFA inculpés aux Etats-Unis ont utilisé des sociétés offshore créées par Mossack Fonseca, comme l'ont fait quatre hommes d'affaires liés à l'affaire de corruption du football.

Une des figures du Football les plus cités dans les documents est Michel Platini, ancien grand footballeur français et personnage clé dans le scandale de la FIFA 2015. Platini a sollicité Mossack Fonseca pour l'aider à administrer une société offshore créée au Panama en 2007, la même année où il a été nommé président de l'UEFA, l'association européenne de football.

Platini a donné un pouvoir illimité par procuration à Balney Enterprises Corp., qui était encore une entreprise active à partir de Mars 2016, selon registre du commerce du Panama.

Membre de longue date du comité exécutif de la FIFA, Michel Platini a déjà été banni du sport pour six ans en raison d'un paiement douteux de 2 millions $ qu'il a reçu de la FIFA en 2011.

Son avocat a déclaré que son client est un citoyen suisse et a noté que tous ses «Comptes bancaires, investissements ou actifs sont connus par les autorités suisses. »

Jérôme Valcke, Secrétaire général de la FIFA de 2007 jusqu'à ce qu'il ait été interdit après les accusations de corruption en Septembre 2015, apparaît également dans les documents divulgués. Il est répertorié comme le propriétaire d'une société des îles Vierges britanniques appelé Umbelina USA, créée en Juillet 2013. La société semble avoir été utilisé pour acheter un yacht enregistré dans les îles Caïmans.

« Publiez ce que vous voulez», a écrit Valcke dans un courriel en réponse aux questions de cette histoire. « La société n'existe plus et n'a jamais eu ses propres fonds, n’a jamais tenu un compte bancaire et n'a jamais eu aucune activité commerciale. »

Les fichiers Mossack Fonseca fournissent également des détails sur des accords de diffusion que les fonctionnaires de CONMEBOL, l'association sud-américaine de football, ont signés avec des entreprises que les autorités américaines accusent dans des affaires de pots de vin et de commissions occultes. Les hommes qui ont signé ces accords pour l'association - l' ancien président de la CONMEBOL, Nicolás Leoz, et son ancien secrétaire général, Eduardo Deluca - ont tous les deux été inculpés par les États-Unis en Novembre.

Casting de joueurs    

Les joueurs de football dont les noms figurent dans les fichiers Mossack Fonseca viennent du Brésil, d’ Uruguay, du Royaume-Uni, de Turquie, de Serbie,  des Pays-Bas et de la Suède, entre autres pays. La plupart semblent avoir utilisé les services de la firme d'avocats pour créer des sociétés offshore pour garder l'argent qu'ils ont gagné en vendant leurs droits à l'image à des marques de chaussures de sport et d'autres annonceurs.

Lionel Messi et son père qui a été son agent sont déjà sous le coup d’accusations du gouvernement espagnol pour fraude fiscale et leur procès est prévu fin mai.

Mega Star Entreprises, la société offshore détenue par Messi et son père depuis au moins 2013, n’a été pas mentionné en 2014 et 2015 dans les actes d'accusation du gouvernement espagnol.  Les dossiers Panama Papers divulgués montrent que Messi a signé au moins un document qui prouve sa propriété de Mega Star, même si son père, Jorge Messi, a repris la propriété exclusive de la société en Décembre 2015. La société reste active dans le registre de l'entreprise du Panama.

Le sport automobile concerné

Le contrat passé entre le pilote de Formule 1, l'Allemand Nico Rosberg, et l'écurie Mercedes est pointé dans les "Panama Papers". Selon la chaine publique allemande ARD qui s’appuie sur les documents provenant du cabinet panaméen Mossack Fonseca, le contrat du vice-champion du monde en titre avec Mercedes a été « conclu avec une entreprise baptisée Ambitious Group Limited, domiciliée aux îles Vierges britanniques, dans les Caraïbes. »

Le scandale géant Petrobas du Brésil apparaît dans les documents

Le Brésil qui est secoué depuis plusieurs semaines par d’importantes manifestations, pour obtenir la démission de la Présidente Dilma Roussef, apparaît dans les documents du cabinet d’avocat panaméen. 57 personnes sont citées, dont des hommes d'affaires liés au scandale Petrobas, qui menace la président brésilienne.

Panama Papers est un énorme dossier qui explose à la face du monde, qui découvrira grâce au courage d’un lanceur d’alerte, le monde parallèle des paradis fiscaux. Dans les jours et semaines qui viennent,  les journaux en diront davantage et peut-être saura t-on qui, en Martinique, a utilisé les services jusque là très discrets de Mossack Fonseca.

Le Parquet financier de Paris ouvre une information préliminaire

 

Le Président de la République française, François Hollande, qui s’est réjoui de ces révélations, a déclaré que « Toutes les informations qui seront livrées donneront lieu à des enquêtes des services fiscaux et à des procédures judiciaires. »                  

Le Parquet financier de Paris a décidé ce lundi, d’ouvrir « une enquête préliminaire du chef de blanchiment de faute fiscale aggravée, faits susceptibles de concerné des résidents fiscaux français. »

Lisa David

 

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