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En grève depuis trois semaines, les salariés de l’hôpital affiliés à l’UGTM et au SASM restent mobilisés. Ils ont accepté de lever les barrages filtrant, suite de l’ordonnance du juge des référés prononcée mardi, mais ne plient pas pour autant. Hier ils ont reçu le soutien de syndicalistes et militants politiques connus et celui du conseil municipal de la ville du Lamentin. Ceints de leur écharpe tricolore, le maire et son conseil sont sortis dans les rues pour dire que « notre santé n’est pas négociable ».

    

      

  

Devant l’hôpital où est installé un abri, les salariés grévistes de l’hôpital Mangot Vulcin ont accueilli chaleureusement toutes celles et ceux, anonymes, militants syndicaux et politiques qui sont venus leur exprimer leur soutien. Il n’y avait pas foule, mais les mots prononcés par plusieurs intervenants traduisaient bien l’inquiétude des Martiniquais,  face à l’Etat des hôpitaux et aux risques encourus par les patients qui y sont admis. La santé est malade en Martinique, en Outre-mer en général et le récent rapport de la Cour des Comptes ne dit pas autre chose.

Autre inquiétude exprimée par les intervenants, la détérioration du climat social quand les dirigeants refusent de négocier et se tournent vers les tribunaux pour obtenir des condamnations-démobilisation. 

     

   

Bertrand Cambusy a été très applaudi lors de son intervention et pour cause, il conduit la grève (plus de 90 jours déjà) des salariés des Transports Boniface, actuellement menacés de licenciement pour fait de grève et il est le secrétaire général du syndicat CSTM, qui a été condamné par je juge de l’Exécution, à verser 80 000 euros de dommages et intérêts à l’entreprise Boniface pour blocage de l’accès au parc automobiles. La CSTM a fait appel de cette condamnation.

L’un des dirigeants du Syndicat SASM, Philippe Rapinier, a rappelé le combat continu des syndicats pour que les Martiniquais et aussi les patients de la Caraïbe qui viennent se soigner chez nous, bénéficient de soins dignes. On ne peut s’empêcher de mettre en parallèle les termes du rapport de la Cour des Comptes. Exemple, les résultats des indicateurs d’infections nosocomiales :

« 63 % des 77 établissements publics et privés des DOM figurant au tableau de bord annuel sont en classe A ou B, alors que le taux national est de 81 %. Le niveau général est inférieur à la moyenne, particulièrement en matière de lutte contre les infections nosocomiales, de bactéries multi résistantes, d’infections du site opéré, de bon usage des antibiotiques. 9 % des établissements, soit trois fois qu’en moyenne, sont en classe D ou E. En Guyane, 6 établissements sur 8 sont classés D ou E pour deux indicateurs. »

 

La Cour des Comptes ausculte le corps malade de la Santé Outre-mer | Free Pawol

 

  

A l’hôpital, les grévistes reprochent à la direction sa volonté de ne pas négocier.

Le directeur, Nicolas Estienne,  en place depuis trois mois, répond (FA 14/06/2014) :« 

Les deux organisations professionnelles, qui ont organisé le filtrage de l'accès à Mangot-Vulcin, n'ont pas de représentativité au sein du CHUM. » Le directeur précise « elles ne se sont pas présentées aux élections professionnelles. Or dans un système démocratique, la première chose à faire pour une organisation qui veut s'exprimer au nom de tous, c’est de se présenter au scrutin. Il est bien évident que je fais une différence entre les organisations qui ont une représentativité reconnue par la loi, qui ont subit l'épreuve du feu du scrutin, des autres. Avec ces syndicats nous négocions très régulièrement pour faire avancer la maison. » Parlera t-on à l’hôpital de la maladie Transports Boniface ?

Le journaliste de France-Antilles, interrogeant le directeur du CHUM sur sa volonté de ne pas négocier se fait précis :

« Ce sont les autres syndicats qui font pression ? »

La réponse tombe comme le couperet d’une guillotine : « Ils sont dans leur rôle et c'est légitime. »

Des observateurs,  pas médicaux, peuvent parler de maladie syndicale quand on constate ce samedi matin, à Mangot Vulcin,  l’absence des autres organisations syndicales telles la CGTM, Force Ouvrière ou la CDMT. Leur implication minimum, face à la détresse des salariés de l’entreprise Boniface privés de salaires depuis trois mois et en attente désespérée d’une négociation, en dit long sur la solidarité syndicale actuellement en Martinique. On ne peut s’étonner des attaques contre les syndicalistes et les salariés qui osent lever la tête quand le monde syndicale est si divisé, si peu solidaire.

Les dirigeants d’entreprises qui refusent de négocier et la justice mettent le la dans les conflits, mais jusqu’à quand ? Toute l’histoire du monde, toute l’actualité nous montre que quand les hommes, ou les femmes, sont incapables de s’asseoir autour d’une table, la guerre guette et le retour à la paix coute toujours plus cher.

Ce lundi 16 juin, une rencontre devrait se tenir entre direction et grévistes.

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