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Le « Comité Citoyen Marine Déwô » qui s’est constitué dès l’annonce de la venue de Marine Le Pen en Martinique pour son « opération cocotier », maintient sa vigilance. Après les manifestations contre la délégation Front National, venue préparer les 15 et 16 mai dernier le séjour Marine Le Pen, il multiplie les actions de sensibilisation. Hier soir vendredi 5 juin, c’est sur la Savane à Fort-de-France qu’il a organisé son premier grand rassemblement, en présence d’une délégation du Comité Guadeloupéen  « Le Pen péké palé ».  Marine Le Pen risque, si elle maintient son voyage aux Antilles, de connaître en Martinique et en Guadeloupe, le même sort que son père qui en en 1987, n'a pas pu fouler le sol martiniquais, ni guadeloupéen.

Le Comité Marine Déwo n’a pas déplacé les foules pour son premier rassemblement ce vendredi, mais les 150 à 200 personnes venues écouter les nombreux intervenants, les ont très applaudis. Le mouvement de rejet des idées du Front National enfle. Une délégation de Guadeloupe, conduite par le militant indépendantiste Luc Reinette, a pris la parole pour exprimer sa solidarité avec le mouvement martiniquais et annoncer une coopération entre les deux  organisations.

Tout au long de la manifestation le public a pu voir sur un écran, les images d'un film projeté en ouverture. Réalisé par Nadia Charlery, ce film a permis de voir, à travers d'extraits de reportages ou documentaires de télés, le vrai visage des dirigeants et militants du Front National.

Les différents intervenants ont expliqué pourquoi la Martinique ne peut accepter que Marine Le Pen, tout comme son père en 1987, ne vienne tenir son discours raciste et xénophobe., dans ce pays qui a connu le pire crime raciste, celui de l’esclavage. Et plusieurs fois il a été rappelé que la Martinique refuse la haine des étrangers que distille ce parti d'extrême droite. Et pour que le Front National ne l'oublie pas, les orateurs ont martelé que la Martinique est dans Caraïbe et qu'il n'est pas question d'accepter des appels au rejet des soeurs et frères de la région. 

Extrait des Interventions de Maître Raphaël Constant, membre du Comité Marine Déwô et de Luc Reinette, du Collectif guadeloupéen « Le Pen péké palé ».

Le militant écologiste Garcin Malsa, ancien maire de la ville de Saint-Anne qui a été battu aux dernières élections par une équipe dont un des adjoints est connu pour ses affinités avec le Front National, a salué l’initiative du Comité Marine Déwô. 

Une conseillère municipale de la ville aux plus belles plages du Sud, a raconté son expérience dans cette mairie où le venin de l’extrême droite se dissimule, « dans différents secteurs administratifs. « Nous avons historiquement la capacité d’accueillir, d’ouvrir les bras, mais nous avons peut-être manqué de vigilance. Ils sont là, ils sont bien installés, en particulier  à Saint-Anne, au sein de la majorité municipale. »

Au nom de Combat Ouvrier, Alex  Duféal a dit sa solidarité avec celles et ceux qui ont pris l’initiative de constituer ce comité pour le combat contre l’extrême droite, que partage son mouvement.

Certains orateurs ont dit leur différence d’approche de ce contact avec l’extrême droite,  exemple la sociologue Juliette Esméralda  qui a expliqué : « Je ne peux pas entendre Marine déwô et laisser tous les autres qui sont, ici aussi, dans cette dynamique. Je crois que Sarkozy nous a dit la même chose, je crois que Hollande nous a dit un peu la même chose : Quand ils viennent tous nous dire, interdit de parler d’indépendance, comme si nous étions des enfants, comme si ils étaient les maîtres absolus des lieux, de nos esprits, de nos vies, qu’ils nous tenaient dans un carcan et que nous devrions nous satisfaire de vivre dans ce carcan. »

Maître Emmanuel Germany a rappelé que le racisme est aussi exprimé à l’UMP ou au Parti Socialiste.

Les artistes engagés étant une espèce en voie de disparition dans le pays, le comité a eu beaucoup de mal à en trouver pour participer à cette rencontre citoyenne contre la propagation des idées racistes du Front National. Les comédiens Hervé Deluge, Corinne Emmanuel, Suzy Singa, le saxophoniste Jean-Marc Reunif, ont par leur puissance de jeu conquis le public. 

Il y eu un grand moment d'émotion quand Suzy Singa a déclamé les mots d'Aimé Césaire, extraits du « Discours sur le colonialisme ».

Un jeune musicien brésilien a offert les sons de la capoeira. Il a expliqué sa participation sur sa page Facebook :

Teo Angoleiro a exprimé son rejet de l’intolérance avec sa musique, remerciant les organisateurs. Il ne s’est pas fait que des amis. La preuve, cette réaction d’une personne présentée sur sa page Facebook, comme étant « éducatrice » au Rectorat de Martinique et qui commente : « tu te bat pour qui les esclaves ». 

Jocelyne Arnoux, qui a adopté la Martinique où elle vit depuis une cinquantaine d’année est membre du Comité Citoyen Marine Déwo. Elle a dans son intervention, rappelé une évidence : 

« Dans un pays où, les Noirs sont majoritaires, des Nègres sortis des bateaux négriers, venir ici c’est une insulte. Que le Front National vienne ici ce n’est pas possible, c’est quelque chose d’épouvantable, qui ne peut pas se faire, quand même !  Qu’est ce qu’elle vient faire ici Marine Le Pen ? Elle vient pour faire de la po li tique. Elle ne vient pas en vacances, si elle vient en vacances, elle peut venir ce n’est pas notre problème. Elle vient pour organiser le Front National en Martinique, donc il faut que nous soyons tous vigilants.  Vous ici, les militants, tous nous devons partout, dans les communes, dire ce que nous savons pour faire remonter l’information, pour se mobiliser. Nous ne pouvons accepter les racistes chez nous, en Martinique. C’est aussi mon pays. Son pays, c’est là où on vit, là ou agit, là où on s’engage politiquement, socialement, à tous les points. C’est ça son pays ! »

La manifestation du Comité Marine Déwô s’est déroulée dans une ambiance de fraternité et d’humeur joyeuse. Ce vent de résistance citoyenne qui soufflait sur la Savane de Fort-de-France, ignorant la tête décapitée de la statue de Joséphine, se glissait entre les arbres, atteignant les clients des bars et restaurants de la place. Nombre d’entre eux n’ont pas hésité à entonner avec le public, les chants qui rythmeront les mobilisations à venir. Jusqu’à ce que le Front National et sa présidente Marine Le Pen comprennent une fois pour toute, que sur cette terre de Martinique, le racisme, la xénophobie, l’intolérance, la haine, ne passeront pas.

Lisa David

 

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