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Cinéma

Tout commence au cœur d’un vignoble bordé de champs de lavande. Nous sommes dans les années 50, dans le sud de la France, à cette période des vendanges où les ouvriers agricoles Espagnols s’emploient à un travail à « la tâche » fait de labeur et de précision. Olivier Baudot Montézume a vu pour nous « Mal de Pierre », le film de Nicole Garcia adapté du roman de Milena Agus. Dans les rôles principaux, Marion Cotillard, Alex Brendemühl et Louis Garrel.

Gabrielle, interprétée par Marion Cotillard, est la fille des propriétaires viticoles. Elle vit dans un univers au confort bourgeois. Cette bourgeoisie tellurienne aussi sèche et aride que la vigne qu’elle cultive. Elle souffre régulièrement d’un mal soudain qui lui cloue la hanche. Gabrielle ne fiche rien et se comporte en éternelle rebelle.

Elle « s’enquiche » du professeur de Français, (ni beau, ni vilain), fantasme, se caresse l’entrecuisse jusqu’à lécher voluptueusement l’ouvrage qu’il lui a prêté. Dans une lettre sans pudeur, elle l’invite à l’amour, au désir et même à la pénétration. Mais sa violence n’a pas d’égale lorsque celui-ci  refuse la missive qu’elle lui remet. Gabrielle est donc soit folle, soit nymphomane soit une femme libre. Sa mère, une femme austère, dépassée et dépitée, lui impose l’asile ou le mariage avec José. José, qui a fui l’Espagne franquiste, est un ouvrier, un homme, viril aux yeux bleu méditerranée, interprété magistralement par Alex Brendemühl Gubern. Gabrielle accepte en dictant à José ses conditions : « Jamais d’amour, ni de sexe entre nous ».

Nicole Garcia nous propose dans son interprétation du romant de Milena Agus, un film romantique. Mis en scène sobrement, intelligemment, elle nous entraîne à travers une histoire (souvent ennuyeuse) dans les errements de Gabrielle (jusqu’à devoir les supporter). Dans une reconstitution ravissante et minutieuse des décors et du style de vie de cette période, Nicole Garcia nous enchante malgré l’ennui. On a envie de partager le repas des vendangeurs, de s’allonger dans la lavande, d’aller passer du temps dans ce centre thermal, tout y est si propre, si bien servi, si cossu, jusqu’aux carrelages et aux couverts de table.

Et c’est justement là, lors de cette cure qu’elle effectue pour son curieux mal, qu’elle rencontre un lieutenant (plutôt moche que beau) amateur de littérature (lui aussi), pianiste à ses heures, sur qui elle projette, une fois encore, son désir d’amour et de sexe. Décidemment Gabrielle n’aime pas les beaux mecs. Interprété par Louis Garrel, fils de…. Philippe Garrel. dont on ne saurait comparer, tant c’est impossible, le talent cinématographique de l’un qui ne se confond aucunement à la triste médiocrité du jeu d’acteur de l’autre.

Un film romance qui nous invite à un parcours initiatique, et qui devra bien sûre révéler à notre protagoniste, la voie de sa rédemption. De ce long et lent périple, duquel on cherche le sens durant tout le film, Nicole Garcia par un tour de magie qui relève de la science-fiction, en plein genre mélodramatique (??), nous entraine dans la résolution de l’énigme par un jeu de flash-back. Le si dangereux flash-back cinématographique, celui qui tue tout quand il est mal maitrisé. Et il tue tout.

Pourtant, le spectateur que nous sommes est entrainé et satisfait par cette fin accouchée aux forceps. Une fin qui nous rassure, peut être, sur le temps passé à chercher le sens de cette histoire. C’est curieux comme un mauvais choix de résolution dramatique peut satisfaire autant au final !? C’est le grand mystère de ce film. Peut-être le sentiment de n’avoir pas jeté son argent par la fenêtre ? Non, tout simplement parce que ce film nous entraine dans le sens profond de notre humanité : La vie, le partage, l’empathie, la tendresse. Parce que les personnages (hormis un) nous émeuvent et nous voulons arriver malgré tout, malgré nous, au bout du récit. 

OBM

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