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Caraïbes

Le rapport de la Cour des Comptes qui constate de nombreuses irrégularités dans la gestion du CEREGMIA  (Centre d’Etude et de Recherche en Economie, Gestion, Modélisation et Informatique Appliquée), n’en finit pas de faire couler de l’encre.  Des universitaires réagissent, autant que des étudiants et des parents qui s’inquiètent pour l’avenir de l’Université Antilles-Guyane. Le SRPJ continue ses auditions et il se dit que son enquête pourrait être ralentie pour ne pas perturber les élections municipales. Ce qui serait assez étonnant, à moins que dans cette affaire, il y ait un versant politique. A suivre…

Nous publions ici, une des nombreux courriers reçus par notre rédaction.                 

Depuis au moins deux décennies, l’université des Antilles et de la Guyane est gangrenée par la gestion catastrophique d’un laboratoire de recherches : le CEREGMIA. Trois rapports de la Cour des Comptes ont dénoncé des pratiques de gestion qui ne sont pas dignes d’une université. Le dernier en date, livré fin 2012, met en évidence des irrégularités très graves qui ont conduit le Procureur de la République à diligenter une enquête judiciaire.

Sur la base des éléments de ce dernier Rapport, tout récent, la Présidente de l’UAG a porté plainte contre X. Outrés par le contenu de ce rapport, de nombreux enseignants des trois pôles ont d’ailleurs manifesté pour demander aux autorités ministérielles et judiciaires, mais aussi à la présidente de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour mettre fin à de telles pratiques qui minent l’université de l’intérieur. Ces faits inqualifiables ne concernent pas que l’université, puisqu’il s’agit d’argent public et que le circuit qu’empruntent ces fonds met en jeu d’autres partenaires : Préfecture, collectivités territoriales, Europe etc.

Il est donc du devoir de la présidente d’une institution telle que l’UAG de prendre ses responsabilités et de tout mettre en œuvre  pour que cessent de telles pratiques, d’autant que dans l’introduction du rapport de la Cour des Comptes, il est indiqué que « le CEREGMIA fait peser un risque juridique et financier sérieux sur l’université ». Il est aussi du devoir et de la responsabilité de tout fonctionnaire de porter plainte, dès lors qu’il a connaissance de tels faits, et ce, en vertu de l’article 40 de la Constitution. Rien de plus normal jusque-là.

Les choses se gâtent, lorsque le directeur du CEREGMIA, dans des mails d’une agressivité intolérable, s’en prend à la présidente de l’université qu’il traite de mafieuse, parce que précisément elle s’est engagée dans un processus d’assainissement de l’institution. Alors que de nombreux enseignants et administratifs réclament que toutes les mesures soient prises pour que cessent de telles pratiques, ce même directeur, enfermé dans une logique insensée, déclare qu’ils sont du clan de la présidente. Les Magistrats de la Cour des Comptes, le Procureur de la République, la police judiciaire, les inspecteurs généraux, sont-ils donc tous du clan de la Présidente de l’UAG ? Sont-ils donc tous aussi des « macoutes » et des « talibans » ? Comment un Professeur d’université peut-il développer des arguments aussi ineptes et penser être crédible ? Comment peut-il oser traiter la présidente d’amateur quand, lui-même, est incapable de gérer des fonds publics sans salir l’image de l’UAG, et ce, depuis plus de 20 ans ?

Toujours dans son désir de dénigrer tous ceux qui n’en peuvent plus de cette gestion catastrophique de l’argent public, Fred Célimène considère que la présidente de l’UAG a démoli l’université, parce qu’elle se serait présentée aux élections, rompant la pseudo-loi de l’alternance. La présidente de l’université n’a-t-elle pas été élue par un conseil d’administration paritaire composé de 14 Guyanais, 14 Martiniquais, 14 Guadeloupéens ? Ces administrateurs qui ont voté pour elle, alors qu’il y avait 3 candidats guadeloupéens et un candidat guyanais avaient-ils tous un fusil sur la tempe ? Qui Fred Célimène a-t-il soutenu lors des élections à la présidence de l’UAG en 2013 ? Pourquoi, lui qui se présente aujourd’hui comme un fervent défenseur de l’alternance et de la cause guyanaise, n’a-t-il donc pas soutenu le Guyanais Antoine Primerose? Assez d’incohérences  Arrêtez de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! Une élection, c’est une élection !

Pris dans la tourmente d’une justice qui semble enfin vouloir mener ce dossier à son terme, Fred Célimène, en machiste invétéré, reprend le vieil argument de la femme tentatrice et manipulatrice et essaie de construire un imaginaire de clan, là où la présidente d’une vénérable institution ne fait que son devoir : assainir la gestion d’une institution gangrenée de l’intérieur par lui-même. En s’acharnant à personnaliser le débat, il veut se mettre au même niveau que la présidente et ainsi faire diversion pour éviter le débat de fond sur lequel il n’a jamais répondu.

Fred Célimène, les seules vraies questions sont les suivantes : pourquoi, suite à un premier rapport de la Cour des comptes, avez-vous été traduit devant le conseil de discipline de l’UAG et sanctionné par ce dernier ? Pourquoi le deuxième rapport de la Cour des Comptes vous consacre-t-il un tiers de ses pages ? Les Magistrats de la Cour des Comptes, qui sont chargés de la certification des comptes de l’Etat, sont-ils eux aussi de « dangereux amateurs » ? Tout comme le Procureur de la République ?

Il n’y a pas de guerre de clans, de guerre des gangs, d’affrontement entre facultés, sauf à faire croire qu’il n’y a plus de valeur d’honnêteté, d’intégrité et de respect de l’argent public : il y a, seulement un homme qui a fait un très mauvais usage de l’argent public et qui aujourd’hui doit rendre des comptes à la société tout entière et une femme à la tête d’une institution qui a décidé de ne pas faire allégeance à celui que tous appellent depuis des années le « parrain ». A tous de prendre leur responsabilité dans cette affaire et de cesser de couvrir un directeur, fonctionnaire d’Etat qui a construit un véritable petit empire mafieux au sein de l’université ! Pas besoin d’être dans le clan de la présidente que je ne connais pas, pour réclamer que la justice fasse son travail et l’Etat aussi !

Ça suffit,  nos impôts ne doivent pas servir à régaler ce directeur de laboratoire et sa clique,  de bons petits repas au resto et de bons dodos dans des hôtels à l’étranger !

Laura Pierre-Emile

                                                                                                  

 

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