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Les hostilités sont bien ouvertes en Guadeloupe pour faire exploser l'Université des Antilles, comme le sous-entendait le Député et président du Conseil Régional de Guadeloupe, Victorin Lurel, à l'Assemblée Nationale (19 février). Jean-Emile SIMPHOR, Vice-président du pôle Universitaire Régional de Martinique répond à la lettre ouverte de son homologue de Guadeloupe, Didier Destouches, qui n’est pas tendre avec la Martinique. La guerre est déclarée à coups de béton. 

Le Vice-président du pôle universitaire de Guadeloupe, Didier Destouches, semble bien avoir ouvert les hostilités publiquement, avec une lettre ouverte et des interventions dans les médias. Reprenant les mêmes arguments que Victorin Lurel, il évoque les surfaces des bâtiments construits par la Région Guadeloupe, pour dénoncer « un budget prévisible trop insuffisant et injuste. »

Tout le monde a bien compris que les amendements de la discorde de Serge Letchimy et Victorin Lurel, lors du vote sur la loi de ratification de l'UA (L'Université des Antilles les amendements et le CEREGMIA | Free Pawol) ne sont que des étapes du processus de destruction de cette Université  au nom d'autres intérêts que celui des étudiants.

La guerre est bien ouverte pour en finir avec l'Université des Antilles. Les récents débats à l'Assemblée Nationale ont démontré que la mine antipersonnel CEREGMIA, est posée sous le béton, pour faire des dégats et handicaper définitivement l'avenir des étudiants des deux pays, qui n'ont pas les moyens de partir ailleurs. Les soldats des politiques n'avancent pas pour déminer le terrain, bien au contraire.

 La lettre Jean-Emile SIMPHOR

M. le vice-président du pôle universitaire régional de la Guadeloupe, Cher collègue

Dans votre lettre ouverte, ainsi que dans les propos que vous tenez dans l’émission 7 Actu, j’ai pu noter de très nombreuses inexactitudes, et parfois des accusations sans preuve, je le regrette. De plus, vous allez à l’encontre de toutes les discussions que nous avons pu avoir dans une atmosphère de cordialité et d’échanges qui m’apparaissent alors constructifs.

Commençons par le texte de votre lettre ouverte.

Dans la première partie, indiquant que nous sommes en pleine période de dialogue budgétaire, dès la troisième ligne, vous écrivez : « l’équipe politique du pôle a pu imposer les critères validés par .... ». Je reste fort surpris de cette affirmation, car aucune instance politique d’aucun pôle n’a rien imposé du tout. Nous avons entamé des réunions relatives au dialogue budgétaire, comme vous l’avez écrit, et nous nous sommes mis d’accord sur des critères à proposer et à prendre en compte. Le tout restant naturellement à l’état de proposition parce que seul le conseil d’administration de l’établissement décide, s’agissant du budget.

Me remémorant les ambiances conviviales des réunions qui se sont tenues jusqualors, dans un partage de points de vue équilibré et serein, j’ai dû à croire que vous puissiez écrire, à peine quelques lignes plus loin : « Il était donc primordial et capital que l'ordonnance ratifiée impose l'intégration, quelques soient leur origine, des surfaces totales de chaque pôle (y compris celui du camp jacob)».

En tant qu’universitaire responsable, je fais confiance au conseil d’administration de mon université pour prendre en charge les compétences qui sont siennes, dans les modalités de répartition du budget, y compris les clés de répartition. Nous avions convenu de répartir dans un premier temps, les sommes disponibles et d’aller négocier, VP Pôles et présidente, une rallonge budgétaire auprès de notre ministère de tutelle.

Jévoquais des inexactitudes en début de courrier. Prenons un exemple. S’agissant des critères, vous dites : « ... et qui ont été construits sur notre pôle à partir de ceux prévus par l'ordonnance.
Il s'agit :

- de la prise en compte des surfaces bâties
- de la prise en compte des effectifs étudiants pondéré par les enseignements dispensés et leurs coûts ».

Je voudrais vous rappeler ce qui est précisément écrit dans l’ordonnance

Le CA répartit par pôle universitaire régional, sur proposition du président, les emplois et les crédits alloués à l’université par les ministres compétents en prenant en compte notamment les effectifs des étudiants, les enseignements dispensés et l’activité de recherche de chaque pôle ».

Le texte initial de l’ordonnance auquel vous semblez si attaché pour mettre en cause le « ticket à trois » ne fait nullement allusion dans l’ordonnance à la prise en compte des surfaces bâties.

Comme je l’ai déjà dit, nous avons retenu l’urgence d’une rencontre avec la DGESIP, pour expliquer la situation financière compliquée de l’établissement et explorer des solutions adaptées. Nous étions d’accord sur ce point et Mme la présidente a répété à plusieurs reprises qu’elle se souciait de chacune des composantes de l’établissement et qu’il n’était pas question d’abandonner Saint-Claude. Ces réunions ont été enregistrées.

Poursuivons avec votre intervention à 7 Actu.

Dans cette émission, les propos que vous tenez sont très graves et il faut que chacun s’en rende compte.

Voilà des exemples de vos citations dans cette émission :

  1. 1-  « Le pôle Martinique ne cesse de siphonner les sous qui sont réservés au pôle Guadeloupe »

  2. 2-  « la recherche Guadeloupéenne pâtira de ce manque de solidarité »

  3. 3-  « C’est le règne de l’entourloupe »

  4. 4-  « L’Université, et donc le pôle Guadeloupe est l’otage de lutte politique en

    Martinique entre le MIM et le PPM »

  5. 5-  « ... fonds de la formation continue qui disparaissent et vont ailleurs ... »

  6. 6-  «...Onafaitensortequ’ilschoisissentdespôlesplutôtquel’UniversitédesAntilles...»

Toutes ces citations sont inexactes et blessantes. On ne peut, en responsabilité, opposer ainsi lavenir de la jeunesse Guadeloupéenne à celle de la Martinique, jouer pôle contre pôle, jeunesse contre jeunesse. Dautant plus que sur chacun des deux pôles, étudiants Guadeloupéens et martiniquais se côtoient et sapprécient. Nous leur devons le même respect, la même exigence.

Je vous rappelle que les budgets de l’établissement font l’objet d’abord d’un contrôle par le rectorat de la Guadeloupe, puis sont votés par le CA de l’établissement où siègent à parité des administrateurs du pôle Martinique et du pôle Guadeloupe. A vous écouter, on dirait quà la DRFIP, au rectorat de Guadeloupe, ils sont incompétents et que les administrateurs du pôle Guadeloupe dont vous faites partie, se laisseraient « siphonner » par ceux de la Martinique. Vous parlez de plus de règne de l’entourloupe. Quest-ce que cela veut dire ? Mon cher collègue, cela va trop loin, il faut raison garder.

Par ailleurs, vous évoquez les débats politiques internes à la Martinique. Quel est le rapport avec les questions qui nous concernent et que nous devons régler de manière loyale et je le souhaite dans un dialogue franc et fraternel.

Plus loin, vous évoquez : « ... fonds de la formation continue qui disparaissent et vont ailleurs ... ». Ce sont des propos à caractère diffamatoire que vous navez jamais tenus en ma présence lors des réunions relatives au dialogue budgétaire. Alors que chaque UB de la formation continue est strictement gérée et contrôlée par les responsables qui nont jamais émis le moindre avis à ce sujet, vous vous permettez devant les médias de porter sans aucune preuve une accusation de cette envergure !

Au sujet du droit d’option, vous affirmez également : « on a fait en sorte qu’ils choisissent des pôles plutôt que l’université des Antilles ». Qui est ce «on» ? Pouvez-vous le préciser ?

Je vous rappelle là aussi, que c’est le Comité Technique de l’établissement et ce avant même que les personnels n’aient faits valoir leur droit d’option, qui a demandé que le choix porte sur le pôle. Par ailleurs, le droit d’option est un droit individuel que les personnels concernés exercent librement, leurs choix méritent d’être respectés.

En conclusion, cher collègue, en ces moments historiques et cruciaux que traverse l’établissement, nous devons tous faire preuve de beaucoup plus de discernement. Nous sommes dans une phase de dialogue budgétaire, et tous, nous avons convenus que la subvention pour charges de service public de l’établissement est insuffisante. Chacun des pôles doit être défendu et nous devons avoir une démarche commune vis-à-vis du ministère.

La guerre des pôles naura pas lieu : elle serait contraire à lintelligence de nos territoires, à la loyauté que nous devons à nos jeunes, à la synergie que nous devons mettre en œuvre.

Pour le moment, et tous les chiffres le démontrent, toutes les entités de létablissement ont pu fonctionner, toutes les dettes de létablissement sont réglées, et dans la répartition depuis les RCE, le pôle Martinique bénéficie de moins de 40 % de la subvention Etat contre près de 60 % pour le pôle Guadeloupe. Alors pourquoi prôner cette vision erronée ?

Très cordialement,
Jean-Emile SIMPHOR
Vice-président du pôle Universitaire Régional de la Martinique 

 

Lettre ouverte de Didier Destouches 

LETTRE OUVERTE DU VICE-PRÉSIDENT DU PÔLE GUADELOUPE :

L'autonomie des pôles et l'avenir du Pôle universitaire de Guadeloupe sont compromis!

Un budget prévisible trop insuf fisant et injuste

Le dialogue de gestion budgétaire qui doit permettre d'établir le prochain et vrai budget de l'établissement se déroule actuellement au sein de l'Université des Antilles. L'équipe politique du pôle a pu imposer les critères validés par l'ensembles des élus tous conseils confondus et les doyens à l'unanimité; et qui ont été construits sur notre pôle à partir de ceux prévus par l'ordonnance.

Il s'agit :
- de la prise en compte des surfaces bâties

- de la prise en compte des effectifs étudiants pondéré par les enseignements dispensés et leurs coûts.

Cela nous emmènerait à une projection après calcul (et sur la base du budget 2014) à une augmentation de la dotation pour nos composantes (on passe de 1millions en 2014 à 1 millions 4 en 2015 pour la Guadeloupe) ce qui donnerait 60% pour notre pôle et 40% pour le pôle Martinique. Alors qu'en réalité nous sommes au moins à 65% avec le campus de Saint-Claude.

Hélas, l'établissement se refuse a intégrer les surfaces des bâtiments construits par la Région Guadeloupe dans le calcul (campus du camp jacob) au motif que ce ne sont pas des "surfaces Etat". Il était donc primordial et capital que l'ordonnance ratifiée impose l'intégration , quelques soient leur origine, des surfaces totales de chaque pôle (y compris celui du camp jacob). Mais l'amendement qui visait à le faire n'est pas passé. Par ailleurs, La gouvernance de l'UA a au contraire choisi comme totaux de surfaces :

Guadeloupe : 39 422 m2 de surfaces bâtiments (au lieu de 45 433 m2) et Martinique : 27 915 m2 (sans le campus du camp jacob, les services communs, facultés transversales et administration générale).

Cette orientation est inadmissible, et insuf fisante. Il faut donc impérativement que le ministère prenne en compte dans sa subvention pour charges de service public attribuée à notre établissement, le montant des charges incompressibles des services administratifs des pôles devenus par l'ordonnance de nouvelles composantes, avec de nouvelles missions et besoins , et qui ne sont pas concernés par l'un des critères (étudiants) et (lésé pour le pôle Guadeloupe par celui des surfaces) n'entrent donc pas dans le cadre de la répartition. Ces charges s'élèvent à plus de 2 millions pour le Pôle Guadeloupe auquel l'administration générale va en plus ajouter les charges d'entretien d'espaces verts qu'elle finançait jusqu'ici (600 000€ en 2014). Sans cette somme nous coulerons dès cette année et l'UA avec nous !

Il faut donc considérer ces éléments capitaux et agir dans ces deux directions a fin de permettre à l'université de partir sur les bons rails. Je précise que le ministère va donner 16% de nos moyens financiers à la Guyane alors que ses besoins s'élevaient jusqu'ici à 10% environ en 2014. Nous n'avons de plus toujours pas de notification du ministère et aucune idée de ce qu'il nous restera.

L'Autonomie politique des pôles en péril et en sursis

Un autre problème majeur persiste après cette ratification inachevée: celui du sort réservé à l'élection des prochains vice-présidents des pôles. l faut d'abord noter qu'aucun vice-président de pôle n'a été auditionné par les parlementaires des commissions, contrairement à l'ancienne présidente de l'université, une maîtresse de conférence du pôle Martinique, un vice président délégué et la présidente. Une totale aberration ! Il en résulte la proposition suivante faite et validé par les sénateurs mais pour le moment retirée par l'amendement salutaire du gouvernement :

5° Après l'article L. 781-3, il est inséré un article L. 781-3-1 ainsi rédigé :

« Art. L. 781-3-1. - L'élection du président de l'université et celle des vice- présidents de pôle universitaire régional font l'objet d'un même vote par le conseil d'administration.»

Le « ticket » Président de l’université/vice-présidents de pôle sous prétexte de préservation de l’unité de l’université des Antilles, s’oppose directement au principe d’autonomie renforcée des pôles régionaux présenté par le rapport d’information sénatorial.

La proposition du « ticket » sous entend que le Président de l’Université et des vice-président de pôle élus respectivement par leur pôles ne seraient pas assez matures pour s’entendre et travailler ensemble.

Outre l’image à la fois désobligeante et insultante que contient cette proposition sur l’incapacité des antillais à travailler ensemble au bien commun, la proposition ne tient pas compte de la réalité actuelle ou les vice-présidents de pôle ont fourni la preuve éclatante de leur capacité à travailler avec une gouvernance tout en défendant les intérêts et besoins de leurs pôles respectifs

La formule du ticket tend par ailleurs à ignorer les raisons fondamentales qui ont conduit au départ de la Guyane et qui sont pourtant bien relevées dans le rapport du Sénat : un pôle en marge du processus décisionnel, le déni de spécificité, le renoncement à faire de l’université un outil au service dues territoires.

Le ticket fonctionne sur un biais conceptuel : les antilles ne sont pas un territoire mais une construction fictionnelle. Par contre la Guadeloupe, comme la Martinique sont des territoires réels avec chacun une réalité juridique. Il n’y a donc pas de cohérence stratégique visant à donner ici une assise antillaise inexistante à une institution au détriment de la réalité juridique des territoires reconnus par l’Etat.

Le ticket s’oppose ainsi par conséquent au principe fondamental de la loi ESR qui met concrètement les universités au service du développement des territoires.

Politiquement, l'erreur est flagrante : le ticket subordonne les vice présidents de pôle au Président et donc à la défense de ses intérêts et non à la défense des intérêts et besoins des pôles. Ils ne serontt pas les élus de leurs pôle respectifs mais les faire-valoir ou sous-fifres d’un président qui aura seul porté leur élection et auquel ils devront sans arrêt des comptes. Comment développer son pôle et le défendre dans une telle configuration ?

En noyant l’élection des VP dans celle de la Présidence de l’université on ne permet pas de distinguer dans les votes ceux de chaque pôle pour tel ou tel candidat. Et l'on anéantit de fait le poids et la légitimité politiques de chacun des VP pôle vis à vis des élus du pôle.

Cela oblige aussi les candidats potentiels à entrer dans des tractations et des négociations électorales qui réduisent la portée des intérêts spécifiques des pôles et la construction autonome d'un vrai projet politique.

Il est très regrettable que les élus de la Guadeloupe, ormis deux d'entre eux, n'ait exercé aucune pression et ne soit monté au créneau pour défendre nos étudiants et notre pôle. L'inertie nous caractérise alors que des universitaires martiniquais n'ont de cesse de défendre avec leurs réseaux actifs et leurs politiques (même adversaires) leurs intérêts en minimisant systématiquement le poids du pôle Guadeloupe qui représente plus de 65% de l'U.A. Les politiques et les universitaires doivent faire front commun pour nos étudiants et je les y invite solennellement.

Le pôle Guadeloupe a besoin de plus de 2 millions pour fonctionner, on lui promet 600 00€! Les facultés du pôle Guadeloupe ont besoin d'environ 2 millions également, on leur promet 1million 4! Qu'adviendra t'il de nos étudiants ? De notre recherche guadeloupéenne ? Ce sont ces questions que nous posons fermement a Mme Fioraso et au gouvernement, de même qu'à la gouvernance de l'université , dans le cadre de cette ratification de l'ordonnance mais aussi de l'actuel dialogue de construction budgétaire.

Didier DESTOUCHES

Vice-président du Pôle Guadeloupe 

 

 

Un mail de la Présidente de l'Université des Antilles, Corinne Mence-Caster, adressé à la communauté

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