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« Votre rôle dans le développement est le deuxième après celui de l'homme politique. » Le Premier ministre de Grenade n’a pas bégayé pour faire comprendre aux journalistes qu’ils devaient se mettre au service du pouvoir politique. Une étonnante et inquiétante conception du rôle de la presse, que Keith Mitchell a exprimé à l’ouverture de la 46ème Assemblée générale annuelle de la CBU ( Caribbean Broadcasting Union) basée à Barbade.

Le Premier ministre de Grenade, Keith Mitchell, a expliqué aux journalistes « Vous avez un énorme fardeau, et vous avez une formidable opportunité de responsabilité. La facilité de cette tâche dépendra de la façon dont vous équilibrez cette tâche écrasante. »

Le monde a beaucoup changé depuis la création de la CBU, et surtout depuis la dernière décennie avec les nouveaux progrès de la technologie, a expliqué Keith Mitchell pour qui cette évolution a forcé la région à jeter un nouveau regard sur la façon dont les informations sont traitées dans les pays de la Caraïbe.

« La CBU doit être vue comme cette organisation d'avant-garde, qui traçant le chemin, invite les autres à suivre. La pérennité même de nos îles dépend de la façon dont vous nous présentez au monde. Elle dépend aussi de la façon dont vous présentez ce que nous faisons à nos citoyens ».

S’adressant aux radios et télés il se fait plus précis encore : « Vous êtes représentants du bien public. Vous avez pour la plupart signé pour le service public, pour l’intérêt public. »

Mais il avertit que l'intérêt public ne signifie pas simplement ce qui intéresse le public.

« Les intérêts du public sont nombreux et variés, et vous avez une responsabilité inéluctable de servir tous ces intérêts. Votre travail n’est pas seulement de vendre au public, mais de construire son caractère et son intelligence. À élargir les esprits du public. Vous êtes l'âme et la conscience de la nation. »

Keith Mitchell a ajouté qu’au cours de ses 30 années en politique, il a eu des occasions de remettre en question le travail de certains professionnels des médias, précisant : « il y a eu un trop grand nombre de négligences dans ce qui est présenté au public comme des faits, sans mesure et sans contrepoids. »

« Trop souvent, les radiodiffuseurs ont pour mission de blesser quelqu'un ou un groupe de personnes, et ils poursuivent négligemment cette mission, sans aucun égard pour le bien public. »

Le Premier ministre a déclaré à la cérémonie d’ouverture qu’il n’était pas là pour parler de cas qu’il a lui même connus, expliquant qu’il a tout de même vu « de nombreux cas où les gens, de quelque sphère de la vie publique, ont eu leur réputation ternie par des histoires qui ont été conçues et publiées sur eux, sans vérification des faits.»

Pour lui , c'est à de trop nombreuses reprises que les professionnels des médias et les diffuseurs se considèrent comme des gens du show business,: « Votre rôle est de chercher la vérité de manière à éclairer les esprits de ceux-là mêmes que vous êtes appelés à servir, non pas simplement avec des histoires sensationnelles pour la consommation publique. Ce n’est pas dans l'intérêt du public. »

« Il est, par conséquent, de la responsabilité de la CBU de fournir une formation continue et un soutien professionnel à ses membres, afin de se prémunir contre certaines des pratiques « au dessous de la ceinture » que nous avons vues, au nom du journalisme régional. »

Ajoutant que dans une région où les maux sociaux, économiques, et les catastrophes naturelles, continuent de poser de sérieux défis au développement; où les étudiants régionaux sont confrontés à des défis quotidiens face à leurs pairs du monde entier et où les progrès technologiques sont « nos meilleurs amis et pires ennemis », la complaisance, l'irresponsabilité, les campagnes de diffamation contre certaines factions de la société pour le bien de la propagande, est et devrait être inacceptable pour une organisation de l’importance de la CBU.

Votre métier et votre organisation possèdent la voix la plus puissante dans la Caraïbe. Le fardeau de la preuve vous appartient pour assurer le professionnalisme, le leadership, la véracité et l'intelligence. Nous voulons que vous adoptiez les meilleures pratiques, dans l’intérêt de vos médias. C’est de votre responsabilité. Nous demandons seulement que vous le fassiez de façon responsable. »

Keith Mitchell, qui a été responsable de l'information, de la communication et de la technologie au sein du Cabinet de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a déclaré qu'il est impératif pour l'assemblée générale de la CBU de réfléchir sur des moyens novateurs, afin d'élargir le marché de la Caraïbe et développer les secteurs numériques dans les médias.

« Le monde a évolué dans ce sens et il est temps pour nous aussi d’évoluer vers l'amélioration et la compétitivité de notre produit. Le monde des médias est plus dynamique qu'il ne l'a jamais été. Vous devez être capable de nous apporter les informations en temps réel. »

Il a ajouté que les médias sociaux et le streaming en direct doivent faire partie des missions en rappelant aux délégués que « les organismes de presse et les journalistes doivent accepter que le public ne devrait plus avoir à attendre les nouvelles du soir, pour obtenir les détails des faits qui se sont déroulés le matin ou l’après-midi. »

« Nous devons trouver des moyens de rapporter de vraies information, en temps réel, à des personnes réelles », at-il dit.

Plus tôt, la présidente de la CBU, Shida Bolai, a déclaré que l'organisation des médias régionaux demeure performante dans un paysage changeant. La CBU est consciente du fait que notre secteur est très différent de ce qu'il était il y a 45 ans. Les changements extrêmement rapides au niveau de la propriété, des marchés, des capacités professionnelles et la technologie, ont modifié totalement le secteur de diffusion des médias. »

Elle a précisé que la CBU a entrepris des travaux afin d’augmenter les performances dans le secteur des médias et à cette fin, les membres examineront une « liste complète des recommandations de modification des règlements, après quatre décennies et demi de changements radicaux.»

Shida Bolai a déclaré que les recommandations porteraient sur des questions allant des droits de programmation, de la transition numérique, de la radiodiffusion et des télécommunications, ainsi que les droits des médias et des libertés.

 

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Harry Nirelep est avocat. Il a été témoin d’une scène qui a fait grand bruit en Guadeloupe et au delà.

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