Parce que nous avons besoin d'une presse libre

Actualité

Entre communiqués, pawol an ba fèy, articles de sites proches du mouvement, mails rendus public, les divisions au sein du Mouvement Indépendantiste Martiniquais (MIM) s’exposent au grand jour et démontrent qu’Alfred Marie-Jeanne, n’est plus le leader incontesté. Depuis la campagne pour l’élection à la Collectivité Territoriale de Martinique, les couteaux sont tirés, mais les lames ont été affûtées avec la victoire remportée par le jeu des alliances. Des militants du MIM sont restés sur le pavé, hors des lieux de pouvoir et la pilule reste de plus en plus difficile à avaler. L'approche des législatives avec de nouvelles victimes de ces alliances, fait oublier l'intérêt général et chacun veut se placer ou imposer une, un candidat. Manifestement la pulsion de mort du chef semble gagner davantage dans son camp, que dans les rangs de ses alliés de Droite qui ne manquent pas de lui monter leur affection grandissante et de vanter sans détour, les qualités de l'homme. 

  

Si au cours de la soirée de samedi 17 décembre à Rivière-Salée, le « Gran Sanblé pou Ba Péyi-a an Chans » groupe majoritaire de la CTM composé d’élus de Droite, de Gauche, Écologiste et Indépendantiste, a pu présenter au public le colossal travail effectué depuis un an, démontrant incontestablement que l’unité, voire la fraternité, permet  de réussir, ce n’est pas la même image que renvoie aujourd’hui le MIM. 

Il n’a échappé à personne que Jean-Philippe Nilor est arrivé ce soir là un peu tard, d’autant que le public déjà installé l’a vu arriver, le visage très fermé. Les plus observateurs ont pu constater qu’Alfred Marie-Jeanne a gardé tête plongée dans un document qu’il lisait, ne regardant pas celui qu’on désignait comme son poulain, jusqu’à ce qu’il déclare qu’il n’a pas d’héritier, à l’instar d’Aimé Césaire.

Le torchon brûle depuis un moment, depuis que pendant la campagne pour la CTM, Jean-Phlippe Nijor a frayé avec le G 20, un groupe créé à l'ocasion pour la chasse aux places qui s’ouvre à chaque élection et dans tous les camps politiques. Aux élections régionales de  2010, on vait vu presque tous les maires de Droite, de Gauche, ou à étiquette « silonvan », rejoindre le PPM.

Sauf que cette fois, dans le camp indépendantiste, s’ouvrait aussi la chasse au chef, la chasse du leader.

Le G20 pour la mise à mort d'Alfred Marie-Jeanne

Le dit G20 rassemblait des maires, dont celui de Grand-Rivière, Joachim Bouquetty, celui du Prêcheur, Marcellin Nadeau qui a été très proche du MIM, du Robert Alfred Monthieux, de Rivière Pilote Raymond Théodose, De Ducos, Charles-André Mencé. Le Député maire de Sainte-Marie Brunot Nestor Azérot, le Député et Conseiller Général MIM Jean-Philippe Nilor, des membres de l’opposition d’une vingtaine de communes, parmi lesquels Fabrice Dunon, opposant au maire du Lamentin, ou Samuel Tavernier opposant au maire du François.

Dans tout ce petit monde, les snippers anti-Marie-Jeanne pesaient lourd, d’autant que le chef de file du MIM imposait Claude Lise (RDM) ancien Président du Conseil Général, comme le n°2 de la liste de l’alliance « Gran Sanblé. »

Jean-Philippe Nilor, qui fréquentait le G20 avec son ami Nestor Azérot (qu’on a vu un temps fréquenter les réunions du MIM), commençait à donner de l’urticaire à de nombreux militants du MIM, Marie-Jeannistes historiques ou convertis. Et pour cause, le G20 avait d’abord pour programme de déchouquer Alfred Marie-Jeanne N°1 de la liste Gran Sanblé et son n°2 Claude Lise. On va se faire les vieux !

Dans un reportage de « Martinique 1ère » qui s’est rendu à une réunion à huit clos du G20 en Janvier 2015, au Robert, on pu voir ces élus prêts à déchouquer le mèt-piès du MIM, mais n’ayant pas le courage de s’exprimer devant la caméra de la télé public, qui les attendait à la sortie.

 

Le journaliste leur demande : « Cette réunion a porté sur quoi ? » silence de plusieurs participants qui se dirigent vers leur véhicule. L’opposant au maire du François, Samuel Tavernier, a osé cette réponse : « Sur rien, on n’a absolument rien décidé, on n’a parlé de rien ce soir ! 

 

Deux heures de réunion pour ne parler de rien ? On comprends l’embarras des présents quand on sait qu’à l’occasion de ces rencontres, les discussions étaient plus alimentées par les petites haines contre Alfred Marie-Jeanne et Claude Lise, que par de grandes idées pour le pays. Le journaliste présent ne lâche rien, il continue à interroger ces courageux élus. A Jean-Philippe Nilor qui selon le reportage est « pressenti pour mener la liste pour le G20 », il demande : « Vous êtes entre le marteau et l’enclume ? » 

 

Le Député du Sud répond : « Non pas du tout. Cette réunion s’est très bien passée, mon parti est informé de ma présence ici. C’est tout ce que j’ai à dire et c’est très constructif pour l’avenir.»

L’avenir s’écrit avec d’autres élus qui étaient au G 20 et qui se retrouvent aujourd’hui à la CTM, membres de l’alliance avec le MIM, sans être qualifiés de traitres. Les mêmes qui voulaient convaincre Jean-Philippe Nilor de prendre la tête d’une liste G 20, qui au regard des résultats de cette élection, se serait aujourd’hui baptisé : G vaincu. 

L’avenir est aussi en train de s’écrire avec de l’encre pas toujours claire et propre. Jean-Philippe Nilor qui par son âge, son talent d’orateur, apparaissait naturellement pour certains comme le dauphin d’Alfred Marie-Jeanne, qui l’avait choisi comme  successeur dans le Sud pour les législatives de 2010, suscite des jalousies. Rien ne lui est épargné et les coups portent tous au dessous de la ceinture. Dans ce pays où on le sait, la fidélité est la qualité première, (n’est-ce pas ?) on lui attribue le crime d’infidélité qu’il serait donc le seul à commettre. Au pays du « regarde la paille dans l’œil du voisin, ne vois pas la poutre dans le mien », l’hypocrisie a encore de beaux jours. Et tant pis si une jeune élue est victime collatérale de ce torrent de haine, tous les coups sont permis quand il ne reste que ça, en politique.

Il est vrai que le jeune parlementaire a toujours montré son incapacité d’adoration d’un chef, n’hésitant pas à s’exprimer librement. Mais sa présence au G20 a été perçue comme l’impertinence de trop, sinon comme une trahison pour certains. Depuis des mois, ses ennemis au MIM lancent des Drones de combat dans tous les sens et en réponse des Scud, ou des missiles Patriot tombent. Chacun ramasse les débris qu’il préfère.

C’est ainsi qu’on a pu lire sur le site Bondamanjak des accusations graves portées au dessous de la ceinture contre le Député : « Le député Jean-Philippe Nilor a des rapports sexuels dans un ascenseur de l’Assemblée Nationale française » Cette annonce a fait le buzz sur les réseaux sociaux où la haine a déjà remporté la première place.

A Freepawol, sans vouloir nous risquer sur le terrain de l’atteinte à la vie privée, nous avons voulu vérifier si un homme public avait pu commettre un tel acte, qui tombe sous la loi parce que considéré comme une exhibition sexuelle, effectuée dans un lieu accessible aux regards du public. Nous avons donc adressé un mail au Président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone. La réponse nous est parvenue sous la plume d’un de ses directeurs de cabinet :

« Par courrier électronique en date du 17 novembre dernier, vous avez souhaité faire part au Président de l’Assemblée nationale, Monsieur Claude BARTOLONE, d’une rumeur circulant sur les réseaux sociaux.

Le Président m’a confié le soin de vous dire qu’il avait pris connaissance de votre lettre et m’a chargé de vous répondre.

En raison de la séparation des pouvoirs, il n’appartient pas au Président de l’Assemblée nationale, de commenter de supposées infractions commises. En tout état de cause, il n’a reçu du Procureur de la République de Paris, aucune injonction sur d’éventuelles infractions commises dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

 

 

Face à ces graves accusations, les amis et les partisans de Jean-Phlippe Nilor le défendent et désignent les agresseurs. Ils reviennent sur un passé pas si lointain, quand Alfred Marie-Jeanne était allé prendre la parole lors des élections municipales de 2014, dans une conférence de Gilles Belmo, candidat contre le maire écologiste de Saint-Anne, Garcin Malsa. Une intervention du leader du MIM, très critiquée dans le camp indépendantiste et qui y a semé une division, une rancœur inguérissable. Garcin Malsa a été un des membres créateurs du Mouvement Indépendantiste Martiniquais.

Le candidat Gilles Belmo était alors l'attaché parlementaire du Député Jean-Philippe Nilor. La relation professionnelle s’est terminée par une rupture conventionnelle et l’attaché n’a pas emporté son employeur dans son cœur.  « Il aurait du le licencier avec le dossier qu’il avait. On ne peut pas faire de la politique quand on abandonne ses enfants », s’énervent quelques sympathisants du Député. L'ex attaché parlementaire est comparé à tous ces élus qui sollicitent le vote des électeurs mais qui « ne savent pas si leurs enfants ont de quoi manger ou d'aller à l'école.»  Des documents concernant certains de ces pères irresponsables circulent et l'attaché parlementaire, candidat malheureux aux municipales de Saint-Anne, n'échappe pas à cette grogne.

Gilles Belmo qui réceptionnait le courrier du Député, a gardé en 2012 une lettre le concernant sur le non versement d’une pension alimentaire. Courrier adressé par un huissier de justice à Jean-Philippe Nilor, lui demandant d’effectuer les versements impayés, dûs par son attaché parlementaire. Le courrier ne lui ayant jamais été communiqué, le parlementaire a bien failli être condamné. 

 

 

Les auto-stoppeurs de la politique

Plusieurs élus du « Grand Sanblé » (Alliance du MIM avec le RDM de Claude Lise, le PALIMA de Françis Carole, MARTINIQUE ECOLOGIE de Louis Boutrin, le PCF de Michel Branchi, le CNCP de Marie-Hélène Léotin) sont soupçonnés d’alimenter les sites qui s’acharnent sur Jean-Philippe Nilor, dans le but de s’attirer les faveurs du chef, d’obtenir sa bénédiction, synonyme pour eux de transmission d’héritage.

On a vu apparaître sur les réseaux-sociaux, le gentil qualificatif « auto-stoppeur de la politique » pour qualifier un des élus, Louis Boutrin, bénéficiaire de l’alliance électorale. Et faute de faire l’effort de compter les membres de son mouvement, pourtant pas très nombreux,  « Martinique Ecologie » est devenu « le parti qui tient dans un taxiphone ». Quand est sorti en librairie « Une traversée verticale du siècle » sur le parcours d’Alfred Marie-Jeanne, co-écrit par le future élu et l’écrivain Raphaël Confiant, les soupçons pèsent déjà sur lui et les plaisanteries assassines circulent. Exemple lors de  présentation du livre à la Bibliothèque Schloelcher où, sourire en coin, il se murmurait : « il assure sa place. »  Et quand, déjà élu il récidive en co-signant avec Raphaël Confiant un autre livre « Décembre 2015 – Une nouvelle page de l’histoire de la Martinique », les critiques se font plus prolixes que l’élu-écrivain.

Un collaborateur d’Alfred Marie-Jeanne prend la plume

Le climat destructeur qui règne au MIM et qui éclate au grand jour par un communiqué dans le quotidien local, n’est pas vraiment récent. On a même vu un des collaborateurs d’Alfred Marie-Jeanne prendre la plume en septembre dernier, pour condamner la trahison rampante selon lui. Sous le titre « Je ne veux pas de leader artificiel pour mon pays.» Valentin Auguste-Charlery, écrit :

« Depuis quelques mois, »sur les réseaux sociaux, certains militants se revendiquant une appartenance patriotique plus grosse que la lune, s’amusent à traiter d’auto-stoppeur politique des partenaires du GSPBPAC (NDLR : Gran Sanblé Pou Ba Péyi-a An Chans), quelle bassesse, quel manque de respect envers nos alliés, envers Alfred Marie-Jeanne, quelle inconscience politique, je dis honte à vous !

Car vous êtes là dans le mépris…

Un accord politique est sacré et il faut le respecter. A moins que l’un ou l’autre partenaire n’ait « salit l’eau », or à ma connaissance actuelle ce n’est pas le cas… »

(…) « Sans discipline, l’errance et le trouble prennent le pas sur l’assurance de la vision du projet commun …Sans discipline, il n’y a pas d’organisation ! Sans discipline, il n’y a pas de résultat palpable ! Dans toutes organisations politiques il y a une hiérarchie, au Mouvement Indépendantiste Martiniquais par exemple, le président c’est Marie-Jeanne Alfred, élu unanimement par tous les camarades du parti ! »

Le président de l’Exécutif ne réagit pas à ce papier publié par les sites BDMJ et Montray Kreyol. Mais on comprend bien que le Député du Sud est visé dans ce texte en forme de soutien au leader. Valentin Auguste-Charlery reparle du G20 :

« Pendant que Marie-Jeanne se démenait pour rassembler, certains le poignardaient dans le dos, si cela venait de nos adversaires politiques quoi de plus compréhensible…

L’épisode du G20 en est l’exemple le plus éloquent ! Le pouvoir fascine, mais le pouvoir façonne aussi le bien ou le mal qui vit en nous (fascinat potestatem cuiusque bonum vel malum,quod dest in vobis. )

Certes, certains ont cru pouvoir prendre le pouvoir avec d’autres, se marchandant aux plus offrants ou « o pli pwan pos », ils se sont appelés G20, ont distribués des cartes aux proches et aux lieutenants, sûrs de gagner la CTM sans Marie-Jeanne… Il fallait pété le foie de Marie-Jeanne, pété tjou’y, le dékatjé a tou pri…two vyé ! »

 

Quelques semaines plus tard, dans une interview au journal France-Antilles (24/10/2016), la Conseillère territoriale, Stéphanie Norca, suppléante du Député Jean-Philippe Nilor, reprenait la phrase titre du papier de Valentin Auguste-Charlery : « Je ne veux pas d'un leader artificiel pour ce pays.» Au journaliste qui lui demande comment elle aborde l’échéance électorale des législatives elle répond :

« Quelle que soit la circonscription, le candidat qui sera le plus à même de permettre au camp patriotique de rayonner aura probablement le soutien du MIM. C'est vrai que nous sommes plus présents dans le Sud. Il y aura un candidat sur le Centre-Atlantique, il pourra être du MIM ou du camp patriotique dans le Nord et idem à Fort-de-France. Mais la décision appartiendra au Comité national avec le président Alfred Marie-Jeanne. »

Elle ajoute plus loin, en réponse à une autre question :

« Je considère qu'il y a des valeurs qui sont essentielles : la loyauté et le respect. Je fais confiance au président Alfred Marie-Jeanne pour choisir les bons candidats, sur les bonnes circonscriptions, pour faire le travail qu'il y a à faire. »

 

La guerre est bien déclarée au MIM et toutes les paroles-arrangées autour, ne peuvent masquer les étincelles des armes qui se croisent, se percutent.

Tout devient objet de susceptibilités déjà à fleur de peau. Exemple, une suspension de séance demandée par un élu du MIM lors d’une plénière de la CTM, il y a quelques semaines, a provoqué un psychodrame. Francis Carole, dont Alfred Marie-Jeanne a toujours loué la loyauté, était cette fois dans le rôle de la victime, soupçonnant Jean-Philippe Nilor d’être l’instigateur de cette suspension, dans le but de l’humilier. Le président de la Collectivité avait immédiatement convoqué une réunion pour rappeler ses ouailles à plus de sérénité, de solidarité et sermonner l’accusé. A la sortie de cette réunion, les deux protagonistes ne se sont pas mis à s’apprécier.

La proximité du leader avec Louis Boutrin mais aussi Françis Carole devient pour les plus ambitieux, de plus en plus insupportable. Le président du MIM a déjà annoncé que ce dernier est son candidat, pour la circonscription de Fort-de-France. Cette annonce n'a pas encore fait de grosses vagues. Francis Carole ira tenter de renverser le Député PPM sortant, Serge Letchimy.

Soupçonné d’abandonner ses authentiques militants-adorateurs, Alfred Marie-Jeanne est depuis quelque temps visé directement par les attaques, qui ne sont pas moins violentes. La désignation des candidats pour les élections législatives de 2017, a réveillé toutes les animosités enfouîtes et nouvelles.

Le soutien d’Alfred Marie-Jeanne à Fabrice Dunon, pour respecter la parole donnée, libère les dernières colères.

Au cours de la campagne pour l’élection à la CTM, l’opposant au maire du Lamentin, Fabrice Dunon, chef de file du mouvement « La Relève lamentinoise » s’est impliqué aux cotés du « Gran Sanblé » mené par Alfred Marie-Jeanne. Il a participé à des réunions du G20 , mais a peut-être compris, avant d’autres, qu’on n’abat pas aussi facilement le Fromager. D'autant que celui-là est très solide et contrairement à ce qu'on pense, pas assez vieux pour que ses épines disparaissent. Alfred Marie-Jeanne qui avait déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas aux législatives, lui passe le flambeau pour la circonscription Nord-Atantique. Il a annoncé sa décision dans une interview au journal « France-Antilles » (10 décembre 2016) :

« Je le dis très objectivement : il y a beaucoup de candidats. Mais je suis un homme de parole et je respecte mes engagements. Fabrice Dunon a fait campagne avec nous. Tout le monde s'en souvient. S'il n'avait pas été invalidé pour un dépassement de son compte de campagne de 250 euros - c'était pour les municipales du Lamentin de mars 2014 - il y aurait été sur ma liste. Il devait l'être. C'était prévu. Je ne peux pas, quelles que soient les bonnes volontés des uns et des autres, faire campagne contre lui. Ce n'est pas possible. »

 

Des Marie-Jeannistes historiques réellement déçus, des militants blessés de ne pas être choisis, des jaloux, tirent sur le chef au risque de faire exploser le mouvement.

Un ancien conseiller régional, Sylvain Bolinois, militant de très longue date et respecté dans le mouvement, est co-signataire d’un communiqué envoyé à la presse pour « la clarté du débat politique, la transparence ainsi que la bonne information du public en Martinique. » Ces représentants de comités patriotes dénoncent « la prise de position personnelle du Président du M.I.M en faveur de Monsieur Fabrice Dunon pour les législatives de 2017.»

Ils rappellent que « lors de notre assemblée générale du 09 décembre des militants ont proposé deux candidats authentiquement M.I.M dont une femme très jeune, universitaire et un chef d’entreprise relativement jeune, répondant aux critères exigés. Un des candidats a fait l’unanimité des militants présents. »

Ils considèrent « que le président s’est investi de pouvoir exceptionnellement discrétionnaire non accordé par les statuts. »

« Par conséquent pour des raisons politico-idéologiques, en porte à faux, en contradiction et inadéquation formelle avec les convictions qui sont celles du M.I.M, nous déclarons ne pas nous associer à cette candidature « FARIBOLE ».

 

Les signataires exigent donc « que la candidate proposée à l’unanimité des militants présents soit investie sans aucune tergiversation et sans délai dans la circonscription du centre atlantique comme notre porte-drapeau à ces élections. »

La candidate en question est la jeune Aurélie Nélla, conseillère territoriale et universitaire.

 

Les attaques visent désormais le leader adoré hier, et sa mise à mort est lancée. 

Le choix du président soulève une grogne inédite dans ce mouvement où l’autorité d’Alfred Marie-Jeanne a toujours été acceptée, revendiquée. Il a toujours été admis au MIM, que lorsqu’ il n’y a pas d’unanimité lors d’une décision à prendre, c’est à lui que revient le pouvoir de trancher.  Mais d’après les signataires du communiqué, il y avait unanimité sur le nom de la jeune élue de la CTM.

A lire Stéphanie Norca, on peut penser que c’est le président du MIM qui prend les décisions en ce qui concerne le choix des candidats aux élections : Je fais confiance au président Alfred Marie-Jeanne pour choisir les bons candidats, sur les bonnes circonscriptions, pour faire le travail qu'il y a à faire. »

Qui a raison, qui a tort ?

Dans un communiqué, Daniel Marie-Sainte, Secrétaire national à l’organisation du MIM, dénonce un complot :

« L’initiative de ces deux ex-dirigeants de notre parti, qui s’apparente à un complot contre le Président Alfred MARIE-JEANNE, rappelle, curieusement, celui mené, il y a quarantaine d’années, par un autre MALSA (Garcin) et qui a abouti à une scission au sein de notre organisation !

Le Conseil National est une structure interne au MIM, lieu d’échanges entre les dirigeants du Comité National et les délégués des « Komité Patwiot » (KP)

Diffuser le contenu de nos débats dans les média ou sur le réseaux sociaux, relève d’une volonté de nuire à notre organisation !

Déjà nos adversaires politiques néo-ppm se réjouissent !

Ils ont trouvé des alliés inattendus et inespérés pour leurs velléités chimériques de tenter de détruire le MIM !

Nous ne devons pas les laisser faire ! »

 

Le camp ennemi danse

Dans cette affaire, l’autre qui danse est le PPM de Serge Letchimy. Il n’a pas digéré et ne digérera peut-être jamais son écrasante défaite de 2015, quand il a fallu abandonner le rêve qui était devenu certitude, de dominer la toute nouvelle Collectivité Territoriale de Martinique. Un cauchemar qui a déclenché un tsunami de haine quand le vote populaire a réinstallé l’ennemi de toujours, Alfred Marie-Jeanne, dans le bâtiment de Cluny. 

La décision d’Alfred Marie-Jeanne les fera t-elle danser au lendemain des législatives de 2017 ?  Le soutien apporté par le leader du MIM à Fabrice Dunon, réjouit le camp PPM et alliés. Et pour cause, l’arrivée de la toute jeune et prometteuse Aurélie Nella face à leur candidate désignée, Josette Manin, les inquiétait sérieusement.

Un temps suppléant du Député-maire du Lamentin, Pierre Samot, puis son sucesseur à l'Assemblée Nationale de juin 2003 à juin 2007 suite à l'invalidation de l'élection de ce dernier par le Conseil Constitutionnel, Philippe Edmond-Mariette ne laissera pas son concurrent dans la course pour la mairie, emporter les législatives. L'annonce de sa candidature face à Fabrice Dunon ne devrait pas tarder.

Mais quelque soit celle ou celui qui danse, aucune formation politique ne peut hélas se vanter d’être irréprochable. Au M.I.M le mal est interne et il est urgent de chercher ou de regarder les causes. Le mouvement indépendantiste goutte depuis des années au pouvoir qui avale toutes les convictions idéologiques. Dans le même temps il a gagné la confiance de plus d’électeurs, il ne fait plus peur à personne, il est  devenu fréquentable. Pour preuve, l’alliance qui a été possible avec la Droite pour le 2ème tour de l’élection à la CTM. Une alliance baptisée « Gran Sanblé Pou Ba Péyi-a an chans » qui a écrasé les velléités de pouvoir définitif du PPM et de ses alliés.

La victoire a été belle, des milliers de Martiniquais se sont rendus au Lamentin pour la fêter. Un nouvel espoir est né ce 13 décembre 2015. Espoir que des élus de sensibilités politiques différentes pourraient, dans l’intérêt général, travailler ensemble et créer une nouvelle dynamique pour le pays.

 

Un an après, au moment où le  Gran Sanblé Pou Ba Péyi-a an chans » faite la victoire et présente un bilan satisfaisant, résultat d’un travail colossal effectué en quelques mois, malgré les énormes dettes laissées par l’équipe majoritaire à l’ex Conseil Régional et à l’ex Conseil Régional, les hostilités ouvertes au MIM font désordre.

 

C’est d’autant plus déplorable que tout ce travail est mené sous l’impulsion d’Alfred Marie-Jeanne, salué par tous les élus de la nouvelle collectivité. Le président de la CTM a depuis longtemps démontré sa droiture et son sens de l’intérêt général dans la gestion des affaires publiques. Il s’est révélé être au cours de ces décennies de vie politique, un fin tacticien. Il aime son pays et ses habitants le lui rendent bien, puisqu’il a rarement perdu des élections.

Alfred Marie-Jeanne n’a t-il pas cette fois été victime de l’exécrable culte de la personnalité que lui vouent nombre de ses partisans-adorateurs ? Des voix au sein du mouvement  accusent Fabrice Dunon d'avoir, après avoir participé avec lui au G20, diffusé la haine anti-Nilor, pour se placer auprès du chef. Accusation que le candidat désigné partage avec d'autres nouveaux convertis. En décidant seul et en laissant ses camarades découvrir son choix dans la presse, Alfred Marie-Jeanne a provoqué l'explosion qui couvait. Sur les réseaux sociaux des militants s'expriment et disent aujourd'hui le mal être qui grandissait déjà.

Avant de publier le communiqué contestant la désignation de Fabrice Dunon par le Président du MIM, Sylvain Bolinois avait adressé un mail à Daniel Marie-Sainte, lui demandant une rencontre avec leur président. Le Secrétaire à l’organisation du mouvement avait indiqué que celui-ci était absent du pays, conduisant une délégation à Sainte-Lucie. Les frondeurs n’ont pas attendu. Trois jours plus tard ils rendaient public, l’objet de leur colère.

Manifestement, au sein du mouvement quelque chose a changé. Les ressentiments et les déceptions s’affichent, les petites jalousies, les batailles d’égo l’emportent, en même temps que s’écroulent les convictions idéologiques.

Des militants à qui il reste encore l’idéologie qui a conduit à la création du MIM, confessent leur tristesse face à cette situation. Des responsables de la cassure sont désignés. Une nouvelle élue est soupçonnée :  qualifiée d' "intrigante" qui aurait perdu son pouvoir d’influence sur le chef, après l’avoir adoré, elle serait « passée avec armes et bagages dans le clan Nilor. » La raison ?  Le président lui aurait signifié après une mission hors du pays, qu’on ne mène pas la belle vie avec l’argent public, qu’il y a un plafond fixé pour les frais de déplacement et qu’il est hors de question qu’il soit dépassé. Le chaben aurait piqué une colère face à tant de désinvolture.

Tous ces cancans, qui s’affichent d’ailleurs quotidiennement sur les réseaux sociaux, polluent l’ambiance au sein du mouvement où les militants historiques du MIM, les authentiques indépendantistes sont désormais minoritaires. La revendication de souveraineté nationale n’est même plus évoquée à haute voix. Quant au drapeau Rouge-Vert-Noir qui a accompagné tous les combats du camp indépendantiste, personne ne revendique sa présence au fronton des bâtiments de la CTM, aux cotés des autres étendards, français et européens.

La guerre de succession est bien ouverte

Certains rêvent déjà de lire la chronique d’une mort annoncée version dékalaj à la martiniquaise, d’autres fantasment d’entendre crier le long des plaines et mornes du pays paradoxal : « Le Roi es mort, vive le Roi ! » croyant leur règne arrivé.

Mais le M.I.M, seule organisation politique à pouvoir, de part sa tradition militante sur le terrain, réunir des centaines de personnes à chaque réunion mensuelle, hors élection, repose sur une base solide. Les nombreux militants pourront peut-être ramener la paix dans la maison. Alfred Marie-Jeanne bénéficie de la confiance de la plupart des KP  (comités patriotes), qui l’ont exprimée dans un communiqué qui a suivi celui des frondeurs. Ils condamnent « ce qui n’est rien d’autre, qu’une tentative de coup d’état déguisé en contestation du choix du candidat sur la circonscription du centre atlantique. »

Ils affirment leur « totale solidarité tant à l’instance de décision qu’est le Comité National du MIM, qu’à notre Président et Leader : Alfred Marie-Jeanne qui ne saurait obéir à aucun dictat, d’ou qu’il vienne. »

Comment expliquer que la désignation d’un élu qui a fait campagne avec le MIM, suscite tant de colère ? Faut-il qu’un parti tente d’être hégémonique pour exister ? Pourquoi tant critiquer la volonté hégémonique du PPM si on est incapable d’accepter la différence d’un allié ? Comment ne pas accepter la différence en politique dans un monde qui se divise qui se fracture autant ?  

Dans ces temps mouvementés, la défiance de la classe politique qui se manifeste par le taux d’abstention à chaque élection, ne peut qu’inquiéter pour la santé démocratique. La Martinique a besoin de pluralité politique donc de ses mouvements et partis politiques, qui ne peuvent continuer par leurs comportements, leurs décisions, à amplifier le rejet.

Comment s’étonner du manque d’implication de la jeunesse dans la vie politique, de son indifférence face aux combats à mener pour un meilleur avenir, quand elle ne trouve plus personne pour ré enchanter la politique ?

Fautes d’idées proposées pour construire un monde meilleur, la politique qui déjà s’occupe d’avantages des marchés que du quotidien du plus grand nombre, devient pour  les citoyens désabusés un marché où on va remplir son panier de promesses mal-papaye, chez le vendeur qui propose toute l’année des soldes de petits boulots, d’aides sociales, de subventions et offre des tickets d’avantages-vèglaj.

La Martinique a besoin de débat d’idées, qui seules empêchent les responsables politiques de n’être que des bons ou mauvais gestionnaires interchangeables, aveuglés par leur appétit de gloire, de reconnaissance personnelle.

Lisa David

 

Aidez Freepawol

pour une presse libre

Dans la même rubrique...

Le Parti socialiste brésilien (PSB) a officiellement nommé la défenseure de l'environnement de renommée internationale, Marina Silva, comme sa nouvelle candidate à la p

Jean-Philippe Nilor n'en finit plus de devoir justifier ses faits et gestes, tellement celles et ceux qui se sont habitués à la trahison en politique, ou pire à la prat

Nicolas Dupont-Aignant,  président du mouvement Debout la République, a proposé ce jeudi sur les ondes de «Sud Radio», de « rouvrir Cayenne » pour éloigner les Franç

Pages

1 2 3 4 5 »

Articles récents

Cinq organisations syndicales du secteur hospitalier ( la CGTM, la CDMT, FO, l'UGTM, l'USAM) se mobilisent pour exiger des moyens, pour faire face à l'augmentation cons

Maitre Raphaël Constant et Philippe Pierre-Charles n’ont pas envie de rire et ils le font savoir au Directeur de l’Agence Régionale de Santé de Martinique.

L'UGTG avait saisi le Tribunal administratif le 25 mars dernier, pour contraindre l'Agence Régionale de Santé (ARS) et le Centre Hospitalier Universitaire de Guadeloupe

Le 19 mars dans un communiqué sur l’épidémie du Covid-19 en Martinique, le mouvement politique Péyi-a appelait le Préfet et l’Agence Régionale de Santé (ARS)  « à renfo

Pages

1 2 3 4 5 »