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Alfred Marie-Jeanne, leader du MIM, ne prononçait plus le mot Indépendance depuis bien longtemps. Un comble pour un Indépendantiste. Mais tombé dans l’ivresse du pouvoir, il a perdu son objectif de libération nationale. Le président du MIM et président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale ne supporte aucune contestation. Au sein de son mouvement il décide d’exclure tout militant le contredisant, en violation des statuts qui régissent cette organisation politique où depuis 2011, aucune assemblée générale ne s’est tenue, malgré les demandes écrites de plusieurs membres. Ceux-ci ont fini par saisir la justice et le 1er juin le Tribunal de Grande Instance a rendu sa décision : le Mouvement Indépendantiste Martiniquais est placé sous le contrôle d'un administrateur judiciaire qui ira vérifier sa gestion administrative. 

 

Le Mouvement Indépendantiste Martiniquais va-t-il sombrer, assommé par le pouvoir ? 

Les victoires électorales du MIM ont attiré au fil des années des assoiffés de mandats électoraux, loin d’être indépendantistes et parfois sans aucune idéologie politique. Le chef ayant seul l’autorité pour choisir les heureuses et heureux élus,  il fut vite entouré de courtisanes et courtisans. Alfred Marie-Jeanne n’a qu’à élever la voix ou tendre un index vengeur pour que la troupe tremble et applaudisse. L’asservissement a atteint un tel niveau que lors d’une réunion mensuelle du mouvement, voulant faire taire définitivement celles et ceux qui osent contester son pouvoir solitaire, ces militants qualifiés « fractionnistes » ou « traitres », il a déclaré que quand on y vient, on applaudit !  Les courtisans ont applaudit.  

Agé de 82 ans, le patron du MIM qui a déjà déclaré qu’il sera candidat  à sa succession aux élections territoriales  de 2020,  étonne ou inquiète celles et ceux qui le côtoient depuis de longues années. Il ne parle plus que de complots qui le viseraient  quand il ne se vante pas de ses hautes compétences et connaissances. Il s’est glorifié récemment sur RLDM, la radio du mouvement, d’être invité en Europe, « je suis invité en Europe camarades !»  Et plus surprenant, d’être régulièrement appelé par le Premier ministre de la France et même par le Président de la République qui lui demanderait son avis sur tel ou tel sujet.  Fabulations ont murmuré certains, accusant le poids de l’âge.

Ces déclarations alimentent toutes sortes de rumeurs et interrogations. Il se dit même que les décisions prises à la tête de la CTM sont celles d’un triumvirat composé de sa fille Maguy Marie-Jeanne, de Marcel Clodion conseiller technique au cabinet du président et de Camille Marlet, collaborateur du président.  Les deux premiers auraient le réel pouvoir de décision.

Mais tout se dit anbafèy, les amis, faux amis et adversaires savent qu’Alfred Marie-Jeanne s’est montré plus d’une fois, capable de rebondir. Personne n’ose aborder explicitement ces étonnants discours tenus lors des réunions du MIM ou à l’antenne de RLDM.  La crainte de froisser est d’autant plus grande qu’autour du chef, les principaux courtisans sont élus à la Collectivité Territoriale.

Le résultat du manque de courage des plus proches militants a aboutit à la décision du Tribunal de Grande Instance :

"L’administrateur provisoire a pour mission de se faire remettre les documents comptables des 3 dernières années, de contrôler la véracité des comptes ou à défaut les faire établir, assurer la gestion du parti Mouvement Indépendantiste Martiniquais, dans l’attente de l’élection d’un nouveau bureau, et convoquer une assemblée générale élective dans un délai de 4 mois suivant la présente décision »

 

La volonté de faire intervenir la justice pour dire le Droit, offusquent certains militants qui désignent à la vindicte populaire les « fractionnistes ». 

Exemple Daniel Marie-Sainte, militant de la première heure du MIM, ex-Secrétaire général de la CSTM, aujourd’hui Conseiller Exécutif et porte parole de la CTM qui sur sa page Facebook condamne ses camarades qui ont osé dénoncer un fonctionnement anti-démocratique, et le non respect des statuts au sein du mouvement :

« Retenez le nom des fractionnistes qui veulent détruire Alfred MARIE-JEANNE et le MIM!
Ils ont osé appeler la justice française à la rescousse !!! »

Le camarade Daniel Marie-Sainte semble s’être réveillé ce 6 juin 2018 dans une Martinique indépendante pour laquelle il a pourtant cessé de se battre, ou même de parler. Installé dans la gestion d’une collectivité territoriale de la France il y joue son rôle d’élu, de la France.

Fallait-il que les militants qui ont saisi le tribunal se taisent, applaudissent ou partent en courant pour ne pas déplaire au souverain qui porte la justice en lui ?  On pourrait en rire si cette guerre qui secoue le mouvement indépendantiste ne rappelait pas des situations que nous dénonçons quand elles se produisent dans des pays où la dictature sévit, où un chef suprême décide. On peut parfois reprocher à la justice de ne pas être juste, peut-être même trop souvent, mais la démocratie ne peut se passer de la loi. Faut-il rappeler que la loi émane de nous, qu’elle est votée par des Député que nous élisons. Alfred Marie-Jeanne a siégé comme Député au Parlement français de juin 1997 à  février 2017 ?

Lisa David

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