Parce que nous avons besoin d'une presse libre

Société

L’article de Médiapart, concernant les détournements de fonds européens, de millions d’euros,  constatés par la Cour des Comptes dans la gestion du CEREGMIA,  a fait le buzz sur les réseaux sociaux aux Antilles-Guyane. La journaliste du site créé par Edwy Plenel,  a eu accès à de nombreux documents lui permettant d’aller plus loin dans ce dossier.  On ne peut que s’en réjouir, tellement sous nos cocotiers,  nous ne pouvons nous passer de vérité venue de la Métropole.

Le buzz est aussi motivé par le soupçon qui pèse sur Serge Letchimy, le Président du Conseil Régional. Celui qui se présente en héritier d’Aimé Césaire ne laisse personne indifférent et encore moins quand il est évoqué dans cet article pour sa proximité avec le patron du Ceregmia, Fred  Célimène. Mais qui l’ignorait ?

Le vote de la majorité régionale, en séance plénière du 3 décembre 2013, attribuant UN MILLION d’euros  de subventions au Céregmia n’avait pas fait le buzz, mais les élus de l’opposition avaient largement communiqué sur les réseaux sociaux.  Un million malgré les conclusions des rapports de la Cour des Comptes, malgré un courrier de Corinne Mencé-Caster, la Présidente de l’UAG,  informant Serge Letchimy qu’elle n’a pas signé cette demande de subventions, malgré l’interpellation des élus de l’opposition. Voir notre article http://www.freepawol.com/articles/les-recherches-obscures-de-luniversite....

Nous n’évoquions pas les liens de Serge Letchimy avec le patron du Ceregmia qui a participé activement à sa campagne électorale pour les élections régionales de 2010,  qui l’ont porté à la tête de la Région. Après ces élections, il y a un froid entre les deux hommes, mais au vu du lobbying du président de Région auprès de Victorin Lurel pour le déblocage des subventions du Ceregmia par la Région Guadeloupe, on comprend que le climat s’était plus que réchauffé.

Un extrait de l’article de Médiapart a réveillé les soupçons et au sein du Parti de Trénelle on s’inquiète ou on s’énerve. Et les éléments de langage des plus fidèles du Président de Région sont les mêmes. « Proche, n’est pas le mot le plus approprié, le cas Célimène est réglé » me confie un élu PPM.

Extrait de l’article de Médiapart 

 "Quel rôle a joué dans ce dossier le député du Parti progressiste martiniquais (il siège au groupe socialiste à l'Assemblée) et président de la région Martinique, Serge Letchimy ? Quand la région Guadeloupe, autorité de gestion pour les projets du programme « Interreg IV », décide de déprogrammer trois conventions passées avec le FEDER, en mars 2011, constatant d’importantes irrégularités, Serge Letchimy mène un intense lobbying auprès de Victorin Lurel, alors président socialiste du conseil régional de Guadeloupe pour que les projets soient reprogrammés. Ce qui sera fait.

Dans un courriel qu’a pu consulter Mediapart, Fred Célimène se félicite auprès d’un membre de l’administration de l’université que Serge Letchimy mais aussi Victorin Lurel l’aient appelé au sujet de ces déprogrammations pour savoir « ce que je désirais exactement ». « J’ai demandé de te transmettre directement le courrier indiquant le "retrait de la déprogrammation" ou "l’annulation de la déprogrammation" (…) À partir de là, je ferai mes remontées de dépenses comme d’habitude », poursuit-il, sûr de ses appuis politiques.

Questionné sur la nature de ses liens avec Fred Célimène, Serge Letchimy reconnaît qu’il s’agit d’un « proche » avant de se demander si le terme est bien approprié. Il confirme avoir appelé le directeur du laboratoire au moment de la déprogrammation des subventions. « Fred Célimène est un éminent professeur, quelqu’un qui a beaucoup apporté au pays », assure-t-il, en rappelant qu'une déprogrammation était lourde de conséquences."

L’article du site métropolitain a fait le buzz parce qu’il est aussi vrai que la chape de protection qui couvre ce dossier explosif,  nécessitait un matériel de levage puissant et inexistant dans la colonie. Entre les accointances politiques, les récompenses financières distribuées pour nourrir le silence et la solidarité maçonnique en toile d’araignée, la justice semblait manquer de souffle. Asiré pa pétèt,  même en jurant Bondamanjak ou lâchant des Freepawol, le cocotier colonial résisterait encore. Avec cet article on ne parle plus que de ça dans les cours, les rues et les salons.

Il est à parier que l’article de Médiapart dont on n’a plus besoin de souligner le professionnalisme et le courage, va déraciner le cocotier que la presse locale avait commencé à secouer. Et secouer le cocotier en colonie demande de solides muscles, tellement les vents contraires du manque de confiance en tout ce qui est local, déséquilibrent les courageux.  Vous arrivez de « là-bas », on vous ouvre les portes, les placards, les tiroirs, et les confidences. Souvent le résultat est un article condescendant ou méprisant, traduisant la force des ignorances et des clichés ancrés dans l’inconscient collectif français. Cette fois, ce fut un Médiapart hors des conneries et connivences.

Lisa DAVID

                     

                                                                                                              

 

    

   A voir ci-dessous la lettre envoyée par Victorin Lurel à Edwy Plenel, directeur de publication du site Mediapart.fr 

                                                                

 

 

 

 

            

                                

 

 

 

 

Aidez Freepawol

pour une presse libre

Articles liés

Un juge d'instruction a été saisi ce matin, mercredi 9 avril, pour diriger l'affaire du CEREGMIA, le laboratoire de recherches de l'Université Antilles Guyane.

C’est en empruntant les couvertures d’un livre pour enfants, «Martine»,  que des adultes, enseignants, à l’Université Antilles Guyane, ont choisi d’insulter une femme, Corinne Mencé-Caster, la Prés

L'information judiciaire pour «escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics en bande organisée », concernant le CEREGMIA (Centre d’Etude et de Recherche en Eco

Un vent de scandale souffle sur l’Université Antilles Guyane depuis que le rapport 2012 de la Cour des Comptes,  consacré à la gestion de l’UAG sur la période 2005-2010,  a été connu.

La Présidente de l’Université Antilles-Guyane, Corinne Mencé-Caster vient d’adresser un courrier (daté du 26 mai) à Fred Célimène, directeur du CEREGMIA, lui annonçant qu’il est "suspen

Dans la même rubrique...

Ce Vendredi 20 juin, Serge Letchimy a rompu son silence sur l’avenir de l’Université des Antilles.  La veille,  au cours d’une conférence de presse, étudiants, enseignants et comité de soutien à la

Publicitaire, Roger De Jaham n'a pu rester silencieux face à cette indécente et imbécile publicité.

Pages

1 2 3 4 5 »

Articles récents

La commémoration de la libération des esclaves le 22 mai 1848 en Martinique, a été salie à Sainte-Philomène, lieu historique de la révolte dans la ville de Saint-Pierre

Cuba est endeuillé après l'accident d'avion qui s'est produit ce 18 avril 2018, aux environs de midi. Une centaines de victimes est à déplorer.

Un héritage peut virer au cauchemar. La maison obtenue peut cacher des fissures où une invasion de thermites.

Si les cyclones qui frappent la Caraïbe en évitant la Martinique, arrangent des fois le tourisme au pays, celui provoqué par Karine Mousseau, présidente du Comité

Des élus du MIM, mais pas qu’eux, se sont abstenus lors du vote du budget du Comité Martiniquais du Tourisme et pour sa présidente Karine Mousseau, soutenue par Yan Mon

Pages

1 2 3 4 5 »