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« Mais le kwassa kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent.»  Les mots du Président de la République Emmanuel Macron, n’ont fait rire que lui. Parlant ainsi de femmes et d’hommes qui s’embarquent sur des embarcations au péril de leur vie qu’ils veulent améliorer en se rendant dans l’île sœur française, Mayotte, ne pouvait que choquer, blesser. Le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) « dénonce la plaisanterie abjecte. » 

 

Le CRAN dénonce la plaisanterie abjecte d'Emmanuel Macron

et appelle le président à créer une flotte humanitaire pour secourir les naufragés comoriens

Au cours de sa visite au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage atlantique (CROSS), Emmanuel Macron a évoqué les « kwassa kwassa », embarcations de fortune qu'utilisent les Comoriens pour se rendre à Mayotte. Se croyant inspiré, le président de la République a alors tenté une plaisanterie : «Mais le kwassa kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent.» 

         Selon un rapport du Sénat publié il y a cinq ans, entre 7 000 et 10 000 Comoriens seraient morts noyés en tentant de rejoindre Mayotte à bord de ces frêles esquifs entre 1995 et 2012. Voyant enfler la polémique, les services de l'Elysée ont communiqué en évoquant une plaisanterie « mal venue ». « Soyons clairs, ce n'est pas une plaisanterie « mal venue », c'est une plaisanterie  abjecte », a déclaré Nassurdine Haidari, responsable du CRAN PACA, et président du Conseil représentatif des Français d'origine comorienne.

         Le CRAN remarque à cette occasion la formulation utilisée par le président : « du Comorien », comme qui dirait « du bétail ». Par ailleurs, se moquer ainsi de personnes qui ont péri par milliers, dans l'indifférence générale, est d'une violence absolument insupportable. « Nous ne pouvons tolérer ce mépris de la vie humaine, ce mépris de nos vies à nous : black lives matter », a affirmé Louis-Georges Tin. Evidemment, le CRAN ne peut que soutenir les appels à manifestations qui ont été lancés à ce sujet.

         Par ailleurs, le CRAN a écrit au président de la République pour lui demander de mettre en place une véritable flotte humanitaire pour venir en aide aux naufragés. Pour l'instant, rien n'est fait, ou presque. « En Méditerranée, au moins, on essaie de venir au secours des migrants, mais au large de Mayotte, on laisse les victimes se noyer sans rien tenter. L’État français est coupable de non-assistance à personne en danger, et il est temps de mettre un terme à cette criminelle incurie », a conclu le président du CRAN.

Paris, le 04/06/17

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