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Daniel Marie-Sainte, dans un communiqué dénonce une campagne de communication orchestrée par le Directeur Général de la SME, visant à discréditer les grévistes CDMT et FO qui ont cessé le travail depuis deux semaines. Sur le site de la Société, les informations affichées confirment cette accusation. Une guerre de communication est lancée pendant que les abonnés attendent que l'eau coule au robinet. 

Après la grève des transports Boniface qui a duré plus de 3 mois, celle de la SME démontre bien que le dialogue social est à l'agonie en Martinique. En cherchant à discréditer à tous prix les salariés qui osent faire grève, les employeurs ne prennent-ils pas le risque de provoquer la radicalisation des mouvements sociaux ?

Les salariés de la SME (Société Martiniquaise des Eaux) demandent entre autres revendications, une augmentation de salaire, après avoir constaté « une inégalité de traitement entre les salariés suivant qu’ils soient martiniquais, désignés comme  « locaux », ou qu’ils soient français, désignés comme « expatriés ».

Le communiqué de Daniel Marie-Sainte apporte des informations jusqu’alors ignorées par le grand public et elles ne manqueront pas de faire débat dans un pays où la pwofitasion sévit et où les salariés souvent payés au SMIC quand ce n’est pas moins, ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. La récente hausse du prix de l'essence, vient ajouter une goutte de déprime dans les foyers.

Il est à parier que les Martiniquais, avec ou sans eau, regarderont d'un autre oeil la grève à la SME,  en découvrant que selon que vous soyez d'ici ou d'ailleurs, la pwofitasion vous sera  moins douloureuse : 

« Ces derniers salariés de la société multinationale qui est le principal actionnaire de la SME, ont des salaires et avantages non seulement nettement supérieurs à ceux des « locaux », mais, en plus, ils les ont vu  augmenter de plus de 6% . Au nom de l’égalité de traitement, donc de l’équité, tout naturellement, l’intersyndicale des salariés martiniquais a revendiqué la même augmentation ! »

La grève occasionne des coupures d’eau qui évidemment font réagir les abonnés touchés.  Une grève entraine toujours des désagréments et c’est bien pour cela que dans une entreprise normale, les parties se dépêchent de négocier pour arriver à un accord. Ce n’est pas le cas à la SME où chacun se renvoie la responsabilité de la poursuite du conflit. Daniel Marie Sainte dénonce le comportement de la direction :

« Le directeur général de la SME, qui est un « expatrié », au lieu d’entamer des négociations sur  des bases sérieuses, a préféré mettre fin aux négociations par une décision unilatérale et partir chez lui en vacances.

Plus grave, il a commandité auprès de son service de communication, une campagne de dénigrement des salariés de l’entreprise, en tendant de les faire passer pour des saboteurs du réseau d’eau potable du Centre et du Sud.

Or tout le monde doit savoir qu’un réseau qui ne bénéficie pas de service de maintenance régulier, se dégrade spontanément !

Plus la grève durera plus le réseau se dégradera et les abonnés pâtiront de pénuries d’eau potable.

C’est pour cela que la multinationale a décidé de laisser pourrir la grève afin que les travailleurs en lutte deviennent impopulaires auprès des abonnés. »

En consultant le site de la SME, sur une carte de Martinique, où les communes touchées par les coupures sont marquées d’un point rouge, on peut lire :

"Pendant le mouvement social qui affecte la SME, la direction générale constate qu'un certain nombre de manoeuvres sont réalisées sur les installations d'eau potable. Ces actes risquent de perturber le service de l'eau dans les heures qui viennent. La direction s'excuse pour la gène occasionnée."

Si le message est différent pour les coupures constatées dans le Nord, les abonnés qui ne sont pas allés sur le site de la SME, ont tout de suite accusé les grévistes. Ce matin en radio sur « Martinique 1ère », la direction a rendu hommage au personnel non-gréviste qui agit pour réparer ces « actes de malversations ».Les conflits sociaux ressemblent depuis quelques temps, en Martinique, à des déclarations de guerre. Jusqu'où ira t-on dans cette dérive ?

 

 

 

 

 

 

 

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