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Un pas, encore un pas et une volonté de faire un grand pas, pour enfin faire partie intégrante de son environnement naturel. Le 4 février 2015, la Martinique est entrée officiellement dans l’organisation des Etats de la Caraïbe, (OECS Organisation of Eastern Caribbean States), comme membre associé, n’étant pas un État. Le secrétaire général de l’organisation, Didacus Jules, a résumé l’état d’esprit qui domine actuellement : « Aujourd'hui nous sommes pleinement caribéens. Nous le sommes parce que notre grande famille est réunie, comme une réconciliation avec nous-même. » Mais tout n’est pas gagné, le chemin sera encore long pour que nous nous définissions comme caribéens et regardions autrement nos voisins que nous avons parfois considérés, avec une stupide arrogance.

Après la Commission Économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) en 2012, puis  l’entrée en 2014 au sein de l’Association des États de la Caraïbe (AEC ), la Martinique continue son intégration dans son espace naturel. Une volonté qui a aussi été exprimée par les précédents décideurs politiques du pays.

On ne peut que se réjouir avec le président du Conseil Régional, Serge Letchimy, des rapprochements qui s’opèrent, mais l’engouement n’a pas toujours été au rendez-vous. Les liens avec nos pays voisins n’étaient évoqués que dans l’intérêt de la France, de l’Europe et prendre l’initiative d’aider un pays frère, suscitait des critiques mouillées d’arrogance et de dédain.

Le pire exemple nous a été donné, il n’y a pas si longtemps, quand Alfred Marie-Jeanne alors président du Conseil Régional, qui il est vrai s’est libéré plus tôt de l’inconsciente dépendance à la France, décidait en 2007 d’aider à la reconstruction d’une école en Dominique, suite à un tremblement de terre. Trois ans plus tard, ses adversaires politiques l’attaquaient avec des propos que ne renierait pas le Front National, adepte de « la préférence nationale » et « Les Français d’abord. »

Ambiance d’élections régionales de 2010, une campagne de dénigrement, vise le leader du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais), alors président de la Collectivité Régionale. Rien d’anormal dans le pays, sauf que les attaques concernent largement les aides apportées aux pays voisins.

En décembre 2009, un document anonyme signé « Green Parrot », un perroquet vert qui envahit le Net, dénonce l’aide à la  reconstruction d’une l’école à la Dominique suite à un tremblement de terre, dans des conditions qui seraient frauduleuses. 

Dans cette campagne électorale qui s’annonce assassine, le PPM (Parti Progressiste Martiniquais) utilise abondamment ce dossier de la Dominique et aussi une aide à l’île de Grenade, également victime de catastrophe naturelle. Dans les propos, transpirent nos sentiments pour les îles de la Caraïbe, ces « petits pays ».

Pour preuve, un document  de campagne du candidat Serge Letchimy, signé de Jean Crusol et publié sur Internet, en mars 2010. Un « Bilan critique de la politique régionale » :

« ... Les priorités de Marie-Jeanne sont toute autres que les lycées où sont formés les jeunes martiniquais. En effet, ce ne sont pas des « modulaires » qui ont été posés pour cette école de luxe la Rosie Douglas Primary School, construite dans un village perdu de 3500 hts, au nord de la Dominique, pour la coquette somme de 1,5 millions d’euros.

Ce ne sont pas non plus des containeurs qu’il a posé sur le campus universitaire A.T. Marryshow College de la Grenade, où deux bâtiments flambants neufs ont été construits pour la non moins coquette somme de 572 000 euros, financée par la Région Martinique. »

Les propos de l’ancien Député européen socialiste, passé au PPM, un homme de Gauche, sont terribles. Ces pays ont été frappés durement par des catastrophes naturelles. La suite de son texte laisse sans voix et sème le doute sur la volonté de tous les Martiniquais de vouloir entrer dans la nouvelle voie Caraïbe.

« Les  cadeaux somptueux aux Etats voisins sans exiger d’eux la moindre contrepartie »

« L’objectif d’une coopération bien conçue serait de permettre à la Martinique de mieux s’insérer à son environnement géographique, en établissant avec les pays voisins, peuples proches de nous par la culture et l’histoire, des relations d’échanges commerciaux, culturels, scientifiques…aux bénéfices mutuels.

Ceci suppose la mise en commun des moyens pour la réalisation de projets dont les gains soient partagés et que si la Martinique apporte quelque chose aux pays voisins elle puisse attendre d’eux des contreparties.

Mais telle n’est pas la conception d’Alfred Marie-Jeanne. Pour lui, il s’agit de faire des cadeaux somptueux aux Etats voisins sans exiger d’eux la moindre contrepartie. Ainsi les montants dépensés en matière de coopération régionale entre 2006 à 2008, par exemple, s’élevaient à 5,8 millions €.

C’est à peu de chose près la somme que la région Martinique a consacrée à l’enseignement supérieur en Martinique pour la même période.

Pourtant, chaque année des pêcheurs martiniquais, que l’on accuse d’avoir franchi la limite des eaux territoriales sont impitoyablement pourchassés par les autorités dominicaises, leurs embarcations sont saisies, et des sommes considérables sont exigées pour leur libération ! 

Que cherche donc le président de région dans la coopération régionale. S’agit-t-il pour lui d’épater les chefs d’Etat de ces petits pays pour obtenir qu’ils le considèrent comme un chef d’Etat? Veut-il les payer pour les fréquenter ? »

Un article du Canard Enchaîné tout aussi élégant vis-à-vis de ces « petits pays » :

« Lorsqu’on examine ce à quoi sert cet argent dépensé dans la coopération régionale on est en droit de se poser beaucoup de questions. Sur la période indiquée, la région Martinique a financé la reconstruction, nous l’avons dit plus haut, de deux établissements scolaires dans la Caraïbe : l’un à la Dominique, l’autre à la Grenade.

Sous le titre « Conseil régional et familial en Martinique », le Canard Enchaîné, confirmant la teneur d’une « Lettre » qui a circulé sur le net au mois de novembre, a fait de l’affaire de l’école primaire de la Dominique, la « une » de son édition du 30 décembre 2009. Donnons-lui la parole :

« En avril dernier, moment émouvant, Alfred Marie-Jeanne, député de la Martinique, président de son conseil régional et chef de Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM), inaugure fièrement la toute nouvelle

école primaire Roosevelt Douglas de Portsmouth, à la Dominique.

Quatre ans plus tôt, en 2005, Marie-Jeanne avait décidé de voler au secours de cette petite île indépendante, entre Martinique et Guadeloupe, durement malmenée par un violent séisme ». « Main sur le cœur, il a fait voter une aide mirobolante de 1 522 898,17 euros pour relever les décombres de l’école. Soit près de 82% du coût prétendu de la construction.

Pour Portsmouth, ville de 3600 habitants, c’est sacré belle somme. Pour un établissement de 229 élèves, même un sacré beau cadeau.

Et venant de Martinique un sacré beau geste, lorsque l’on sait que son conseil régional a du mal à attendre la barre de 35% quand il finance ce genre de projet sur sol propre sol »

Pour dénoncer une supposée opération frauduleuse, (ce que la justice, qui a décidé d’envoyer Alfred Marie-Jeanne devant le tribunal correctionnel, devra trancher) était-il nécessaire de parler ainsi de ces « petits pays » confrontés à des difficultés et pour qui la solidarité est venue de pays bien lointains.

On le voit bien, la Caraïbe n’est pas vraiment notre tasse de café en Martinique. Alfred Marie-Jeanne qui en 2006, a été le premier à prendre l’initiative d’aider financièrement les pays de la Caraïbe, attribuant une aide de la Région à l’Association des Etats de la  Caraïbe (ACE), a payé cher son idée différente de la coopération avec nos pays voisins.

Alfred Marie-Jeanne à l'AEC au Vénézuela en 2011

« Devenir comme Sainte-Lucie »  le chiffon rouge des élections

Notre arrogance, ne date pas d’hier et relève de l’aliénation si bien décrite par Frantz Fanon qui parle du colonisé « qui ne veut qu’imiter, ressembler au colonisateur. » 

En janvier 2010, à l’occasion du vote  pour choisir entre l’article 73 ou 74 de la constitution,  le vieil argument « devenir comme Sainte-Lucie », était encore agité comme un  chiffon rouge, l’île sœur la plus proche de nous, érigée en exemple de la pauvreté.

Ce ridicule argument appartient à la Droite qui le sortait à toutes les élections, pour empêcher l’élection de tout homme de Gauche (les femmes étaient très absentes jusqu’à la loi sur la parité). Pour les plus jeunes, il est utile de rappeler que pendant des décennies, le diable, le danger indépendantiste avait le visage... d’Aimé Césaire.

Les choses ont changé, tous les politiques ne jurent que par l'intégration dans la Caraïbe, tant mieux. Les indépendantistes en revanche sont restés les diables à abattre et leurs ennemis sont toujours à Droite, mais aussi à Gauche.

Les mots de Serge Lechimy devant les 7 chefs des Etats de la Caraïbe orientale, annonçant la « pleine disposition » de la Martinique à collaborer « dans le respect, et avec humilité »  étaient bienvenus. On est loin des paroles arrogantes de Louis Crusol concernant les « cadeaux somptueux », le rappel des conflits concernant la pêche, déniant le droit à un « petit pays » indépendant, d'exiger le respect de ses eaux territoriales.

Au delà des grands sentiments, les écrits qui ne s’effacent pas, démontrent que l’intérêt pour la Caraïbe passe par les intérêts de la France qui a bien voulu cette évolution, de ce rapprochement.  A l'ouverture de la cérémonie de l'OECS, Serge Letchimy l'a rappelé dans son discours : « cette avancée est aussi liée à l’ouverture d’un nouveau champ de la coopération territoriale, celle de la diplomatie territoriale économique inaugurée par Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères de la France. »

A l'assemblée Nationale, la Caraïbe apparaît clairement comme une zone d’influence pour la France.

En mai 2001, Camille Darsières était rapporteur d’un rapport d’information de la délégation de l’Assemblée Nationale pour l’Union Européenne, sur les Régions Ultrapériphériques (RUP). On peut lire dès l’introduction du document au 2ème paragraphe :

« La problématique des régions ultrapériphériques dépasse cependant le cadre de leur retard de développement économique et social. Elle constitue aussi un défi politique. Tout d'abord parce que ces régions ont parfois choisi de manière délibérée de faire partie intégrante de l'Union européenne et que leurs espoirs ne doivent pas être déçus. D'autre part, parce qu'elles donnent une dimension mondiale à l'Union européenne et constituent ses avant-postes au contact d'autres grands ensembles économiques. Les DOM assurent ainsi une présence européenne au sein du continent sud-américain, au cœur des Caraïbes et dans l’Océan Indien. »

Extraits des débats au cours des discussions de la délégation sur ce rapport

« Le Député Maurice Ligot s’est déclaré, frappé par les analyses du rapporteur concernant les effets de la future zone de libre-échange des Amériques sur l’environnement économique des régions ultrapériphériques françaises. Il est indéniable que ces dernières devront faire face à une concurrence accrue de la part de leurs voisins qui participeront à ce projet. Le sentiment d’isolement de ces régions ne pouvant que croître, il est indispensable que l'Union européenne fasse des efforts pour l’endiguer. »

Une autre parlementaire, Nicole Ameline approuve et a estimé que :

« ...Le terme de solidarité ne donnait pas toute la mesure de l’action entreprise par la Communauté à l’égard des régions ultrapériphériques, car cette action constitue une véritable politique pour l’Europe. De par leur position géographique, ces régions du monde peuvent servir de relais à l’influence de l’Europe. »

Yves Fromion, Député du Cher,  a considéré que :

« La mise en place d’une zone de libre-échange des Amériques à l’horizon 2005 constituait un véritable défi pour l’Europe, si elle voulait étendre le rayonnement de sa philosophie humaniste, évoquée par le rapporteur, dans cette région du monde. Il faut garder à l’esprit l’exemple du Mexique qui a été très avantagé par sa participation à l’Alena. Les régions ultrapériphériques étant la vitrine de l’Europe sociale, ce rôle devrait être davantage valorisé, car ces régions reflètent un modèle de société qui n’était pas celui des Etats-Unis. »

Gérard Fuchs, Député  interroge le rapporteur, Camille Darsières.

« M. Gérard Fuchs a ensuite souligné l’importance que revêtait la coopération régionale entre les régions ultrapériphériques – les départements d’outre-mer en l’occurrence – et les pays ACP voisins. Cette idée ancienne apparaît séduisante, mais elle n’a pas semblé donner de résultats. Il a demandé au rapporteur si les textes européens prévoyaient une coopération régionale au niveau des Caraïbes. »

Le rapporteur apporte des réponses aux remarques de ses collègues :

« – les conséquences de la probable intégration de Cuba dans la zone de libre échange des Amériques ne doivent pas être négligées, notamment pour les activités touristiques. Lors du récent Sommet des Amériques à Québec, le Brésil a en effet proposé – vraisemblablement à la suggestion des Etats-Unis – l’intégration de Cuba dans la nouvelle zone de libre-échange ;

– il est essentiel que la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane entretiennent des relations avec l’Association des Etats de la Caraïbe. La France, comme les Pays-Bas, a un statut de membre associé auprès de cette association, mais une participation plus étroite des territoires français aux réunions des comités de travail mis en place par les 25 Etats fondateurs est nécessaire. Dans le respect de la souveraineté de l’Etat français, la signature d’accords et de conventions avec les pays voisins doit être encouragée afin que puisse progressivement se développer une réelle coopération décentralisée. »

En 2004, Antoine Karam rappelait que « la géographie est en général immuable ».

En ouverture de la Conférence de Coopération Régionale dans la zone Antilles-Guyane, qui s’est tenue dans son pays, (lundi 20 Septembre 2004), Antoine KARAM, Président de Région, déclare en ouverture de séance, devant Ruben Silie VALDEZ Secrétaire General de l’AEC et des ambassadeurs de France de la zone Brésil, Surinam, Sainte- Lucie, Guyana, Cuba et Haïti :

« La Coopération régionale ne relève pas d’un rite incantatoire pour la Région Guyane. Pour nous c’est une réalité́.

Nous savons tous à quel point les faits sont têtus, si les hommes peuvent ralentir ou accélérer histoire d’une Région d’un pays d’un continent.

La géographie est en général immuable.

Notre situation géographique nous a conduit naturellement à tourner nos regards vers nos voisins, en dépit du carcan dans lequel on nous a trop longtemps enfermé.

Une politique d’assimilation présidée par le principe de l’exclusif qui commandait aux anciennes colonies, aujourd’hui département d’outre-mer d’entretenir des relations exclusives avec leur Métropole.

Ce temps est en passe de modification puisque les collectivités territoriales sont présentes avec les autorités de l’Etat, pour échanger et décider sur des orientations de politique internationale. »

Le Président de la Région Guyane n’oubliait pas de souligner :

La Guyane est un pays, qui, sur le plan institutionnel est classé au Nord, mais géographiquement et structurellement, demeure un pays du Sud.

La Guyane peut être la passerelle entre l’Europe et l’Amérique du Sud. 

Cette nouvelle marche en avant montre à quel point la Guyane, région française et européenne, peut jouer le rôle qui lui revient sur ce continent. »

Comme on le voit là, nos souhaits caribéens ont d’abord été tournés vers les intérêts économiques de la France, de l’Europe et c’est dire comment le chemin sera long pour que nous concevions nos voisins comme de véritables partenaires.

Serge Letchimy en se réjouissant de l’adhésion  de la Martinique à l’OECO comme membre associé, « moment important car nous entrons pleinement dans notre environnement régional », n’a pas manqué de souligner : « Nous parlerons aussi en notre nom, sans avoir à être uniquement la voix de la France. »

La voix de la France qui nous a trop longtemps éloignés de notre environnement naturel et laissé croire que nous sommes supérieurs à tous ces « petits pays » indépendants qui eux, ont su s’associer pour être plus forts : 

Leur Université des West Indies qui regroupe aujourd’hui 17 pays a été crée depuis 1948. L’exemple de la scission de l’Université des Antilles-Guyane, puis des guerres qui traversent déjà la nouvelle Université des Antilles, née de la séparation,  ne parle en notre faveur, ni en notre grandeur supposée.

Le marché économique unique, la CARICOM (Caribbean Community) a été crée depuis 1973. 

Pendant que chez nous, aux Antilles françaises, nos dirigeants politiques gardent un silence étonnant chaque fois qu'est abordé le sujet des réparations pour le crime d'esclavage, les dirigeants de la Caricom ont conclu un accord le mardi 11 mars 2014, pour demander des réparations aux pays européens qui ont pratiqué l'esclavage.

L’OECS (Organisation of Eastern Caribbean States), ou en français OECO (Organisation des États de la Caraïbe orientale ), que la Martinique vient de rejoindre, existe depuis 1981.

Quand les opérateurs téléphoniques mettent trop profondément leurs mains dans les poches des consommateurs, faisant payer des frais de roaming,  ce sont plusieurs pays qui parlent d’une même voix, au sein de l’OECS, pour dire stop à la pwofitasion.

En attendant de ne plus parler qu'au nom de la France, nous devrons apprendre à discuter d’égal à égal avec nos voisins,  sortir de la vision du Nord qui ne conçoit les relations qu’en terme d’intérêts économiques et regarder vers nos voisins caribéens et d’Amérique Latine qui écrivent leur histoire commune, en gestes de solidarité.

Serge Letchimy a dit que : « Le sens de notre adhésion d’aujourd’hui : le plus large contre le plus étroit ! C’est dans cet état d’esprit que nous ferons de notre Caraïbe toute entière, pas seulement un espace économique commun, pas seulement une géographie cordiale, mais véritablement, le lieu organisé d’un vivre-ensemble qui nous installe au cœur de nous-mêmes et qui nous dresse en face des grands défis du monde ! »

Les liens culturels sont immuables

Le guyanais Antoine Karam rappelait, que la géographie est immuable, les liens culturels le sont autant.

La voracité économique qui se cache derrière les rapprochements voulus de la mère patrie française, ne pourra jamais effacer les liens naturels de tous ces peuples déportés dans la Caraïbe, pour être esclaves et non travailleurs gratuits, comme tente de le faire croire l’étonnante ministre des outre-mer, George Pau-Langevin.

La langue créole, née dans les plantations esclavagistes, mélange de la langue des maîtres et des langues africaines des esclaves, est un lien dans la Caraïbe. Malgré toutes les tentatives du colonisateur pour l’étouffer, elle est là, vivante.  Parlée en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Domingue, en Haïti, en Dominique, à Sainte-Lucie,  elle résiste encore à Trinidad et même jusqu’à la Nouvelle Orléans.

Les rapprochements, qu'ils soient voulus ou pas, se feront, c’est dans le sens de l’histoire. Des vents mauvais soufflent sur l’Europe qui, n’arrivant pas à se défaire de ses préjugés de races, ne contrôle plus ou laisse enfler en son sein, une vague violente de racisme et de xénophobie. Ils nous rappellent que nous ne sommes pas naturellement européens et nous invitent à retrouver notre maison Caraïbe.

Notre histoire nous rapproche, notre géographie nous rapproche, notre culture nous rassemble, nous sommes dans la Caraïbe. Nou sé moun Karaïb !

Lisa David

 

 

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