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La CSTM a montré sa capacité à mobiliser ses troupes en appelant à la grève générale ce mardi 31 mars. En bloquant les zones industrielles et laissant les routes libres pour que les citoyens puissent au moins circuler, les grévistes ont voulu lancer un message au patronat. La tendance étant pour de nombreux chefs d'entreprises, de ne pas négocier, faisant monter la pression pour obtenir de la justice des condamnations qui pourront couler les organisations syndicales. Un choix risqué puisque le résultat pour l'instant n'a été qu'un début de solidarité syndicale. Les réactions dans le camp patronal, toujours solidaire, se succèdent pour condamner les blocages. Un conseiller municipal UMP du Lamentin, Johan Gaudoux, va jusqu'à parler de « terrorisme économique.»

Le Medef Martinique, dans un communiqué, « s'interroge sur le choix du blocage des zones d'activité par la CSTM, à un moment où des réflexions sont menées pour développer l'économie de la Martinique et réduire le nombre de demandeurs d'emplois... Le mouvement condamne vigoureusement ce blocage de l'économie par un petit nombre d'individus et appelle au retour de la libre circulation. »

Pour le conseiller municipal du Lamentin, Johan Gaudoux, « le droit de grève est un droit constitutionnel, reconnu à tout salarié dans l’entreprise, que nous ne contestons pas. Le syndicalisme est un mouvement louable quand il ne sombre pas dans les pratiques abusives. En effet, il ne faut pas confondre « syndicalisme » et «terrorisme économique». L’heure est venue de communiquer sur le vrai bilan de chaque grève ! L’heure est venue pour « les travailleurs » de répondre avec objectivité à cette question : Les grèves à répétition(en mode CSTM) servent-elles vraiment aux travailleurs concernés ?  Nous demandons à Bertrand CAMBUSY, de créer et gérer des entreprises au lieu d’en faire fermer… Qui sait, grâce à sa capacité de gestion, il pourrait embaucher toutes ces personnes qui n’ont pas de chance dans certaines entreprises…»

Sur son compte Facebook, le chef d’entreprise Yan Monplaisir et futur candidat UMP pour la collectivité Unique, lançait un « appel à la sagesse et au respect de l’intérêt général. » Pour « 
Ba Péyi a an chance. », évoquant lui aussi le risque d’augmenter le chômage : « Des entreprises risquent encore de fermer en silence et dans l’isolement, faisant ainsi grossir la cohorte des chômeurs.
Tous ceux qui, dans ce pays, veulent œuvrer pour son développement doivent s’exprimer et signifier leur réprobation, en exigeant que soit privilégiée la voie du dialogue.
 ».

Un appel de Yann Monplaisir, très applaudi sur sa page. Un de ses amis allant même à publier une copie du site Société-Com, démontrant que Bertrand Cambussy a crée petite entreprise en 1993 pour des « Activités juridiques. » Est ce une manière de dire que syndicaliste n’a pas le droit d’avoir une activité professionnelle ?  Et celui qui publie le document qui ne révèle aucun revenu, de s’interroger : « qui finance Cambussy ? »

Un journaliste de «Martinique 1ère» se veut plus tranchant en écrivant  « Il faut couper les couilles des fouteurs de merde. Vérité est dite Yann.»  

Un autre internaute se fait plus raisonnable en faisant un constat : « Yan je te rejoins et pas seulement sur cet aspect, malheureusement contrairement à toi beaucoup n'ont pas développé un dialogue social dans leurs sociétés, et de par leur position n'ont que mépris pour les salariés. Dans le même temps certains syndicats confondent leur action qui est à la base destinée au maintien des emplois DONC AU MAINTIEN de l'outil du travail à une action politique. Pour couronner le tout l'image des politiques en place avec toutes les affaires n'incitent plus le citoyen à en avoir confiance. Donc l'heure de nous même a sonné, l'avantage c'est que du néant on ne peut espérer qu'une évolution.»

Le nouveau conseiller de Serge Letchimy, le sociologue Hector Elisabeth, conseille : « il faut mettre en place une instance permanente tripartite avec des représentants salariés,des Representant patronaux,et des representants des pouvoirs publics Etat et collectivités locales....


La grève générale déclenchée par la CSTM a fait couler beaucoup d'encre, reste à savoir si demain, elle aura poussé au dialogue social souhaité par tous, mais si peu pratiqué dans les faits.  Au pays du « pawol sé van», il faut bien admettre que si désordre il y a, il ne vient pas que des actions des syndicales de salariés.

 

 

 

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