Parce que nous avons besoin d'une presse libre

Culture

Une grande glacière blanche occupe la scène, les danseurs ne la quittent pas des yeux. Elle semble les attirer, les inquiéter, occuper leur esprit. Ils la poussent, la repoussent, la bousculent puis s’en approchent encore.  Une caresse est même commencée avant de repousser à nouveau l’objet qui contient tous les paradoxes. La glacière est le maître autour duquel passent tous les pas de danse, mais aussi tous les « pas » du refus de notre réalité destructrice. Christiane Emmanuel signe avec « Je remets le couvert : Indigestion. Mangeons all inclusive », présenté à l'Atrium les 8 et 9 novembre, un spectacle où le talent des danseurs dessine les points d’interrogation qui nous appellent à répondre de notre avenir de consommateurs. 

Les produits les plus utilisés de la malbouffe importée sont sortis compulsivement de la glacière maudite : Moutarde, ketchup, frites… On bouffe, on se gave, se goinfre sur la scène et dans la salle on entend quelques rires. Les musiques choisies ajoutent à la démesure, un pèse- personne posé là, rappelle un autre danger, celui de l’obésité qui enfle.

 

Les quatre danseurs, Murielle Bedot, Yaël Reunif, Fabrice Vaillant et Jean Félix Zaïre avec une réjouissante énergie nous mettent face à notre miroir où nous nous voyons exposés à nos tentations, invités au banquet de la déraison.

 

On aura noté que la chorégraphe, Christiane Emmanuel, a choisi comme premier ingrédient sorti de la glacière de la malbouffe, un paquet d’oignon pays. Comme pour rappeler que nous avons sur place les ingrédients pour une cuisine saine, une alimentation locale.


Un message que devraient recevoir les responsables politiques qui ont accepté que la première odeur perçue par un visiteur, en posant le pied sur le sol martiniquais à l’aéroport, est celui de la malbouffe, d’un Burger King.  


« Je remets le couvert » a toute sa place dans les établissements scolaires pour sa beauté, mais aussi pour son essentiel message.

 

Lisa David

 

 

 

 

 

Aidez Freepawol

pour une presse libre

Dans la même rubrique...

Le groupe Kwaxicolor qui devait participer au Gran Chawa, organisé par l'Asociation "Mi Nou la" et pas la mairie de Fort-de-France, ne veut pas laisser travestir la réa

Si l'Atrium a pu présenter un bilan positif de ses activités et un budget en équilibre, l'institution culturelle reste sous le vent de la haine qui s'est déchainé il y

Ce vendredi 16 janvier , à 20 heures, l'Atrium présente "Un dimanche au cachot", une adaptation du roman de Patrick CHamoiseau, par José Plya .

Pages

« 1 2 3 4 5 »

Articles récents

Des élus du MIM, mais pas qu’eux, se sont abstenus lors du vote du budget du Comité Martiniquais du Tourisme et pour sa présidente Karine Mousseau, soutenue par Yan Mon

Jean-Philipe Nilor a rappelé qu’il a été élu dans la circonscription du Sud, mais il est le Député de la Martinique.

Serge Letchimy s'est indigné des propos tenus au sein de l'Assemblée Nationale à l'occasion du débat sur la Loi Asile et Immigration.

Alfred Marie-Jeanne, président de l’autorité des transports, a rencontré une délégation de la Société Transcapital, en début de soirée ce jeudi, pour contribuer

Les deux Députés de la France Insoumise, Jean-Hugues Ratenon et Eric Coquerel sont venus témoigner leur solidarité aux étudiants en grève de Tolbiac à Paris 1.

Pages

« < 1 2 3 4 5 »