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Ils sont jeunes, souriants, ils sont contents de revenir à la maison où ils retrouveront leur famille. Ils sont filmés par des caméras de télévision de dizaine de pays, ils sont militaires israéliens.Ils reviennent de Gaza où ils ont massacré des milliers de civils, décimés des familles entières, tués des centaines d'enfants, détruit des milliers de maisons, bombardés les écoles de l'ONU où les Palestiniens se réfugiaient pour être protégés de leurs bombardements.

Ils sont filmés et interrogés par France 24. Ils reviennent joyeux. L'un d'eux, les doigts levés en signe de victoire s'exclame « paix et amour », un autre explique « on s’est senti investi d’une mission. » Un autre avec des regrets : « ils arrivent toujours à lancer des roquettes » puis songeur, ajoute « peut-être qu’on n’a pas fini le boulot ».

Un de leurs dirigeants, Moshe Feiglin, vice-président de la Knesset et membre du Likoud, a appelé à la création de camps de concentration pour les survivants palestiniens du massacre.

C'est l'histoire du retour d'une armée coupable de crimes de guerre, de crime contre l'humanité, que de nombreux journalistes occidentaux appellent affectueusement « Tsahal », ce qui veut dire « Armée de défense ». Les militaires sont sortis pour se défendre en massacrant des centaines d'enfants.

François Hollande le socialiste avait déclaré dès le début du carnage : « Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces. »

Mais qui est menacé depuis 60 ans ? Qui est cantonné en territoire occupé, en territoire colonisé ? Le peuple palestinien n’a t-il pas le droit de résister, d’avoir ses résistants, comme la France en a eu pendant l’occupation allemande ?

Les Palestiniens doivent-ils accepter d’être victimes d’humiliations quotidiennes, imposées depuis la conquête de leur territoire en 1948 ?

Netanyahu avait dit qu’il fallait finir « le travail ».

                                                              

Avec la bénédiction des nations dites civilisées, les militaires israéliens  ont bien effectué le « travail » de destruction massive à Gaza, comme d’habitude. Il y a eu l’opération « Plomb durci » en 2008  et « Pilier de défense en 2012.

Ce 8 juillet 2014, pour « Bordure protectrice » ils y sont allés en réaction à l’enlèvement par le Hamas, de trois jeunes Israéliens et détruire les roquettes qui ciblent des villes israéliennes. On a appris pendant le massacre, que ces trois jeunes n’ont pas été enlevés et tués par le Hamas. Mais en représailles, un jeune Palestinien a été enlevé, torturé, brulé, au nom de cet enlèvement supposé.

Puis, au fil des assassinats,  on a appris qu’ils sont allés massacrer plus d'un millier de civils, dans le but de détruire des tunnels par lesquels s'infiltrent des commandos du Hamas en Israël.

Le massacre est (temporairement?) arrêté. François Hollande et Laurent Fabius ont attendu les derniers jours du « travail »pour dire qu'il faut cesser « le carnage » pour l’un, le « massacre » pour l’autre. 

Oui on s’en souviendra, François Hollande, le Président de la République Française, dès les premiers jours, dans un communiqué publié sur le site de l’Elysée, a apporté son soutien au bourreau en chef Netanyahu avec qui il s’était entretenu au téléphone,  et à son gouvernement d’extrême droite.

Il faut aussi rappeler la complicité des Etats-Unis, celle d’un Barack Obama dont le sang d’homme Noir aurait été mis à la poubelle en Israël, qui livre des armes cet Etat, lui permettant de continuer à exterminer des civils palestiniens.

Netanyahu a pu se vanter du « très fort soutien au sein de la communauté internationale. »

Personne n’ignore la politique raciste, les punitions collectives imposées aux Palestiniens qui vivent dans des bantoustans sans cesse colonisés par la volonté de cet Etat juif.

François Hollande, l’homme qu’on croyait de Gauche, n’ignore pas que les massacres répétés, ont pour but la colonisation de toute la Palestine. Il n’ignore pas le mur de la honte construit pour renforcer l’apartheid, il n’ignore pas la colonisation du territoire palestinien qui n’a jamais cessé, ceci en violation des lois internationales.

                                                    

Personne n’ignore le racisme qui fait battre le cœur de cet Etat où des centaines d’immigrés Noirs, sont victimes d’un racisme violent.

Personne n’ignore que dans ce pays, le sang des juifs d’origine éthiopienne, est refusé,  mis à la poubelle par la banque du sang, parce que Noirs, ils seraient porteurs du Sida.

En décembre dernier le quotidien du soir « Le Monde » (11.12.2013), livrait cette information :

« L'organisation caritative israélienne Magen David Adom, société nationale du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a refusé mercredi 11 décembre le don de sang de la députée noire d'origine éthiopienne Pnina Tamano-Shata. Une responsable de l'organisme, filmée et enregistrée par une caméra vidéo, a expliqué que « selon les directives du ministère de la santé, il n'est pas possible d'accepter le sang spécial d'origine juive éthiopienne ». Des propos qui ont provoqué une vive polémique dans tout le pays.

Selon les médias israéliens, le ministère de la santé estime en effet que le sang des juifs d'origine éthiopienne qui ne sont pas nés en Israël est susceptible de propager des maladies, notamment le sida. Pnina Tamano-Shata a réagi lors d'une interview sur la chaîne de télévision privée 10, dénonçant « cet affront fait à toute une communauté en raison de la couleur de sa peau ». « J'ai 32 ans, je suis arrivée à l'âge de trois ans en Israël, j'ai effectué mon service militaire et j'ai deux enfants, il n'y aucune raison de me traiter de la sorte », s'est-elle indignée.

La députée a rappelé qu'il y a seize ans une grande manifestation de la communauté des juifs éthiopiens avait eu lieu à Jérusalem lorsque les médias avaient révélé que les autorités sanitaires se débarrassaient sans l'utiliser, du sang donné par les membres de cette communauté. « Depuis cette époque où j'ai moi-même manifesté, rien n'a changé », a-t-elle déploré. »

Un fleuve de sang dans la bande de Gaza

Un vieux Gazaoui, revenu dans le champ de ruines qu’est devenu Gaza, détruite par les bombes de l’armée barbare qui n’a épargné ni école, ni université, ni hôpital, ni mosquée, ni maison d’handicapés, a déclaré à la presse : « De toute façon, il ne reste plus rien à bombarder chez nous ».

Plus de 1 850 Palestiniens ont été tués, plus de 9.500 blessés depuis le début du massacre de l’armée israélienne "Bordure de protection", le 8 juillet. Et selon les données de l'ONU, près de 500 000 habitants ont dû quitter leur domicile.

La presse attaquée, insultée, si elle ne se met pas au service de la communication de l’Etat d’Israël

L’armée a tiré sur des enfants qui jouaient sur une plage, un crime de guerre filmé par les caméras des télévisions qui se trouvaient non loin. Tous les jours des images de cadavres d’enfants sans noms, se succédaient, sans que les dirigeants de ce monde exigent la fin de cette extermination. Les journalistes qui tentaient de faire leur travail ont été salis par les représentants de l’Etat d’Israël qui espéraient le silence complice de toute la presse venant des pays aux dirigeants complices.

                                                      

Il aura fallu quarante-huit d'heures de mobilisation sur Internet pour que la chaîne américaine NBC revienne sur sa décision de rappeler le reporter Ayman Mohyeldin de Gaza, à la suite de son reportage sur la mort de ces quatre enfants palestiniens, tués par un obus israélien sur une plage à Gaza, mercredi 15 juillet.

Une journaliste espagnole, Yolanda Alvarez, a fait les frais de la campagne de manipulation du pouvoir israélien. La correspondante de la Télévision publique espagnole (TVE) en Israël, a subi la hargne du porte-parole de l’ambassade d'Israël en Espagne,  Hamutal Rogel, qui a publié un communiqué virulent mettant en cause son travail, le 1er août.

Sur la page officielle de l’ambassade sur Facebook, le texte intitulé "TVE à Gaza : Activisme vs. Journalisme" reproche à la journaliste d’être « transformée en courroie de transmission des messages, chiffres, images et données du Hamas. »

Le représentant de l’Etat d’Israël ose critiquer des« chroniques dramatisées » qui « abusent des adjectifs » et ses « mises en scène, résultat d’un casting et d’une sélection de scénarios au service des intérêts du Hamas », qui sont « le produit d’une militante ». 

Yolanda Alvarez a répondu à ces critiques par une simple évidence : « Vous le dites vous-mêmes : c’est votre militantisme contre notre journalisme ».

Reporter Sans Frontières Espagne a dénoncé « les incessantes pressions des services diplomatiques israéliens en Espagne sur la presse espagnole couvrant le conflit dans la bande de Gaza »

"En plus d'être fausses, les accusations que lance l'ambassade contre la correspondante de TVE sont particulièrement graves parce qu'elles la mettent en danger », a souligné Macu de la Cruz, vice-présidente de RSF Espagne, citée dans le communiqué.

RSF Espagne  a rappelé  que le comité de rédaction de TVE a souligné le travail « extraordinaire » de la journaliste et demandé son retour dans la Bande de Gaza qu'elle a dû quitter sur ordre de sa direction.

Les réseaux sociaux ont permis de montrer, de dire la vérité, trop souvent occultée par des médias manipulés ou aux ordres des pouvoirs qui cautionnent les massacres, quand ceux-ci ne menacent pas leurs intérêts financiers.

                                              

Des journalistes, des vrais, trop rares, ont témoigné, ont montré le massacre commis par l’armée d’Israël.

Les réseaux sociaux n’étaient pas encore là quand Yitzhak Rabin, alors ministre de la Défense en 1987, appelait ses soldats à estropier les enfants palestiniens pendant la première Intifada. Celui qui plus tard allait serrer les mains de Yasser Arafat et reconnaître l’OLP,  invitait ses soldats à « leur casser les bras et les jambes ». Un « ordre qui fut méticuleusement exécuté » selon le journaliste israélien Uri Avnery (« Twelve years later » - Gush Shalom).

Une journaliste de l’AFP, Sara Hussein, revenue de Gaza témoigne :

« Cette guerre à Gaza n’est pas la première guerre que j’ai couverte. Ce n’est d’ailleurs pas la première guerre que j’ai couverte à Gaza. Je suis allée en Syrie, en Libye. J’avais déjà vu ces horreurs qui accompagnent tous les conflits armés. J’avais déjà vu des enfants morts, mais jamais comme pendant cette guerre à Gaza. Jamais autant, jamais aussi souvent. » 

« A la morgue de l’hôpital al-Chifa de Gaza, les employés ont vu des dizaines d’enfants morts. Il y a du stoïcisme dans leur façon de laver et de toiletter les trois cadavres placés devant eux: Afnane, Jihad et Wissam Chouheiber. Ils ont déjà vu des petits corps brisés, et ils en verront d’autres, probablement plus tard dans la journée. Leur comportement professionnel, clinique, frappe d’autant plus qu’à côté, les proches ne cachent rien de leur immense douleur.

Ces trois enfants, deux frères et un cousin, jouaient sur un toit de Gaza quand un missile a frappé le bâtiment. Ils ont été transportés à l’hôpital mais ont succombé peu après à leurs blessures. Tous trois étaient criblés d’éclats d’obus, brûlants, qui leur avaient arraché des morceaux de peau de la taille d’une pièce d’un sou. L’un des enfants semblait avoir eu les dents fracassées. Wissam, le cadet, portait un slip aux couleurs bleu et jaune d’un Superhéros. »

On ne peut s'empêcher de se souvenir qu'il y a eu à une autre époque de barbarie, un certain Heinrich Himmler, l'un des plus hauts dignitaires du Troisième Reich, qui dans un discours prononcé à Posen en octobre 1943 déclarait :

"Je ne me sentais en effet pas le droit d’exterminer les hommes […] et de laisser grandir les enfants qui se vengeraient sur nos enfants et nos descendants. Il a fallu prendre la grave décision de faire disparaître ce peuple de la terre."

On parle aujourd'hui de la Shoah, pour nommer le massacre. La Shoah pour les victimes juives de ces salauds.

Que dira t-on demain pour parler des juifs responsables du massacre programmé des Palestiniens, ce peuple qu'on veut faire disparaître de sa terre ?

L’histoire écrira un jour le prix en vies humaines qu’a coûté au peuple palestinien, cette admirable résistance, elle écrira les extraordinaires solidarités qui se sont exprimées dans les rues du monde entier.

Puisse la force d’indignation de ces femmes et hommes qui dans le monde refusent l’occupation de la Palestine et la violence raciste de l’Etat d’Israël qui sème la haine, contraindre les dirigeants de leur pays à agir, pour que cesse cette barbarie, pour que vive enfin la Palestine libre.

Lisa David

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