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Entre procédures judiciaires, blocages et grève générale, le climat social se détériore lentement mais surement en Martinique. Ce mardi 6 mai, Bertrand Cambusy, secrétaire général de la CSTM, à l’initiative de la grève qui dure depuis un mois à l’entreprise Transports Boniface, comparaissait devant le Tribunal de Grande Instance. Le patron de l’entreprise a saisi le juge de l'exécution pour obtenir la condamnation du syndicaliste et de la CSTM à plus de 500 000 euros en astreintes et dommages et intérêts.
 

Les exigences financières du dirigeant de l'entreprise Transports Boniface, qui refuse de négocier avec la CSTM dont il conteste la représentativité,  ont grimpé depuis l’ordonnance prise par le juge des référés le 14 mars dernier, ordonnant aux grévistes de libérer les lieux dans l’heure où l’ordonnance est délivrée par l’huissier. Ceci sous astreinte de 4000 euros par jour de retard. L’avocat de l’entreprise,  Maître Miguelita Gaspardo, a regretté que le Préfet ait refusé de donner la force publique pour faire évacuer les lieux.  Quand elle a annonçé les montants exigés par son client,  dans la salle d’audience on ouvrait de grands yeux.

Pour le conseil de la CSTM, Maître Sandrine Saint-Aimé, ces sommes exorbitantes sont une tentative de mise à mort du syndicaliste et de s’interroger : l’employeur croit-il qu’il pourra ainsi museler un syndicaliste ?  Au regard des sommes exigées, l’avocate de la défense a ironisé « on comprend que l’employeur ne veuille pas négocier ! » 

En solidarité avec Bertrand Cambusy poursuivi devant la justice et pour condamner le jusqu’auboutisme du dirigeant de l’entreprise Boniface,  plusieurs sections syndicales CSTM se sont mobilisées. Les accès de la SARA ont été bloqués dans la matinée et les Martiniquais, comme d’habitude, se sont précipités dans les stations d’essence, provoquant d’importants embouteillages.

Dans l’après midi, le Sous-Préfet du Marin qui avait convoqué les différentes parties de ce conflit, a du annuler le rendez-vous prévu à 14 heures,   le dirigeant de l’entreprise n’ayant pas accepté de s’y rendre sans son avocat qui n’avait pas été invitée.

La justice ne s’est pas précipitée, elle semble laisser le temps à la négociation puisque le juge de l’exécution ne rendra sa décision que le 27 mai prochain.

Mais la  colère gronde dans de nombreux secteurs. Le syndicat CGTM de l’électricité a déposé un préavis de grève illimité, avec date d'effet le 13 mai prochain. La CSTM ne se laisse pas déstabiliser par les procédures judiciaires et pour elle ce sera la grève générale dès le 12 mai.

Le préavis a déjà été adressé au Préfet, par lettre en date du 5 mai, indiquant que « le mouvement de protestation débutera, dans l’ensemble du Département, le Lundi 12 Mai 2014 à 4 heures, pour une durée illimitée. »

Les  revendications sont les suivantes :

Ouverture des négociations sur la mise en place d’une convention collective du transport

Harmonisation des salaires dans les réseaux de transport dépendant des Communautés d’agglomération de l’île (Espace Sud, Cap-Nord et     CACEM)

Ouverture des négociations dans le conflit social concernant l’entreprise Transports Boniface

Le syndicat indique au Préfet que  « Par cette action, nous souhaitons également attirer votre attention sur la nécessité de l’arrêt de la répression et la discrimination syndicale ainsi que sur l’impérative reconnaissance du fait syndical martiniquais, pour appuyer les revendications des chauffeurs en lutte » 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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