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Politique

« Si tous les partis ne sont pas intraitables par rapport à ces questions là, c'est la démocratie qui peut s'en trouver affectée, infectée même. » Le Président de la République, François Hollande,  attendait simplement le moment pour aborder l'affaire Bygmalion. Ce scandale financier, sous fond de fausses factures et de financement irrégulier de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy pour les élections présidentielles de 2012, jette un voile sur la vie politique française, déjà assombrie par la victoire du Front National, le parti d’extrême droite raciste et xénophobe, arrivé largement en tête avec près de 25% des suffrages.

 

 

«Le rôle du président de la République dans ces moments-là, dans cette situation, ce n'est pas de s'inviter dans la vie des partis politiques, c'est de fixer les règles, de faire respecter la loi», a-t-il ajouté. «Depuis deux ans, j'ai mis les questions de transparence au coeur des décisions, et quand il y a eu un certain nombre d'affaires il n'y a pas eu de temps perdu pour les régler». On pense à l'affaire Cahuzac.

Le Président n’a pas manqué de saisir ce maillon Bygmalion pour revenir au centre de l’actualité, tellement son déplacement européen à Bruxelles a été cannibalisé par l’affaire de l’UMP, qui ouvre encore un boulevard à Marine Le Pen. La Présidente du Front National peut se contenter de sourire et d’ouvrir les bras pour laisser venir à elle les dégoutés de la politique, en plus des racistes. Les électeurs de Gauche sont restés chez eux et ce n’est pas Manuel Valls qui les ramènera à la maison socialiste. Les alliés écologistes commencent à virer de bord (un exercice habituel), Jean-Vincent Placé suggérant à ses camarades EELV de se rapprocher du Centre avec comme potentiel allié, François Bayrou.

 

A Gauche les commentaires sur l’affaire Bygmalion qui secoue l’UMP sont rarissimes. Un silence gêné après l’affaire Cahuzac et plus récemment celle d’Aquilino Morelle, le conseiller politique de François Hollande. « Médiapart » avait révélé qu’il a touché en 2007,  12 500 euros d'un laboratoire danois, Lundbeck, alors qu'il était à l'Igas (Inspection générale des Affaires sociales). Un silence conseillé par l’Elysée, aussi parce que le pouvoir socialiste sait que partout où on gratte, l’étincelle Marine risque d’allumer le feu qui menace de réduire en poussière les valeurs clés qui constituent le fondement de l'idée des droits de l'homme, celles de la dignité humaine et de l'égalité. La France des droits de l’homme  vacille. La dernière saillie raciste de Jean-Marie Lepen, dans une discussion sur l’immigration, qui lâche « Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois » ne laisse aucun doute sur les fondamentaux du Front National.

L’UMP dans la tourmente

Le président de l’UMP, Jean-François Copé a été contraint de démissionner, poussé par la déferlante Bygmalion. Le patron de l’UMP affirme n’avoir jamais rien su des fausses factures totalisant plus de 10 millions d’euros, établies par son parti. On peut à  l’UMP, qui a été et prétend le redevenir, un parti de gouvernement, être président et tout ignorer de la comptabilité de son parti.

 

 

Jérôme Lavrilleux, bras droit de Jean-François Copé et qui fut directeur adjoint de la campagne présidentielle, a avoué, en larmes, dans une confession télévisée, l'existence d'un système frauduleux de fausses factures avec l'agence de communication Bygmalion, dont les créateurs sont aussi des proches du patron de l’UMP.

L’avocat de Bygmalion, maître Maisonneuve a lâché une bombe devant les caméras de BFM, en prononçant le nom que personne ne saurait voir : Nicolas Sarkozy. Sans détour l’avocat a étourdi les journalistes de télé qui désespérément essayaient de sauver le soldat Sarko : c’est l’«affaire des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy» ! Un système qui selon lui aurait été mis en place à la demande de l’UMP,  pour dissimuler les dépenses liées aux meetings de Nicolas Sarkozy.

Depuis hier, c’est panique à bord au siège de l’UMP où les policiers ont débarqué pour une perquisition, après les déclarations de l’avocat de Bygmalion et du directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy. Les « petits pois sans saveur » regardent aussi le petit écran et pour arrêter la tragi-comédie télévisée, ils ont envoyé les inspecteurs dans les loges des acteurs,  pour saisir le mauvais maquillage.

A l’UMP, certains militants, généreux donateurs  pour le « Sarkothon » (l’appel au dons lancé après l’annulation des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy), se sentent trahis et crient déjà remboursez. En septembre 2013, au Touquet-Paris-Plage (Pas-de-Calais), Jean-François Copé exprimait sa joie devant les militants : «Cette fois c'est fait, nous avons atteint les 11 millions d'euros nécessaires» !

Cette big affaire qui fait trembler l’UMP, ne semble pas arriver aux oreilles des responsables UMP en outre-mer où les responsables n’ont encore fait aucun commentaire. En perte de vitesse (et bientôt en perte de financements ?),  les UMP chapeau bakoua qui ne peuvent faire un pas sans ordre de la Métropole, n’ont en commun avec leurs chefs parisiens que le sens du combat des chefs. En Martinique un tout récent élu, conseiller municipal du François,  Guillaume De Reynal a jeté une pierre dans le marigot de la Droite UMP :

« En tant qu’élu martiniquais de droite je profite du résultat des européennes combiné aux municipales pour pouvoir faire un simple constat :

- L’UMP est 1ere sur la circonscription Atlantique- L’UMP est 3eme en Martinique. Pourquoi ?

Voici peux être quelques causes :

- Notre secrétaire départemental a été élu aux municipales sur une liste Sans étiquette.

- Notre secrétaire départemental a voté lors du vote de la communauté d’agglomération pour un autonomiste et non pour le candidat de droite

- Le président de l’UMP Martinique, attaque sans cesse sur les réseaux sociaux son parti.

- Le SD et son président ne souhaitent pas un rassemblement total de la droite.

- L’UMP Martinique, n’a pas pris la peine de mettre des assesseurs et délégués dans les bureaux de vote pour le scrutin de samedi.

- Plus de 50% des panneaux électoraux étaient vide d’affiche de la liste UMP

Or sans ligne précise et sans un total rassemblement de la droite, en occultant les egos surdimensionnés de certains, nous resterons toujours à la traine et les martiniquais ne nous ferons jamais confiance »

Guillaume De Reynal a exprimé ses reproches avant que n’éclate l’affaire Bygmalion. Depuis, tout a changé et dans l’état de décomposition de l’UMP national, en Martinique comme dans tous les départements français, c’est sauve qui peut. En train de couler l’ancien RPR, débaptisé pour faire oublier les nombreuses affaires (emplois fictifs, faux chargés de mission, HLM de Paris, abus de confiance, détournements de fonds, prise illégale d’intérêts, soupçon de compte japonais de Chirac…),  cherche désespérément allié.  Du fond du bateau UMP qui coule, des mains se lèvent, cherchant à s’accrocher aux  Centristes.  Jamais l’UMP ne les a trouvé si beaux. Les beaux se frottent et se lavent les mains. En Martinique, au pays du débouya pa péché, l’UMP risque de connaître quelques désertions.

Lisa DAVID

 

 

          

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