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Depuis le début de cette semaine la Région Martinique communique sur l'inscription de la Montagne Pelée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Une délégation d'experts du ministère de l'Écologie et de l'Unesco a visité le pays dans ce but. La communication de la Région est menée par Patrick Chamoiseau, son chargé de mission depuis février 2011, pour la mise en œuvre des deux grands projets "Grand Saint-Pierre et l’Embellie Trois Ilets", à l’horizon 2020. Mardi, l'écrivain penseur de la Région invitait la population à l'Atrium pour la présentation du projet. Tout ou presque a été dit, sauf la vérité des faits : c'est le Député Alfred Marie-Jeanne qui depuis 2010, était intervenu à l'Assemblée nationale, pour demander à Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Écologie, l'inscription de la Montagne Pelée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Ce mardi soir à l'Atrium, l'ambassadeur de France à l'Unesco, Philippe Alliot, expliquait que la démarche d'inscription prendra du temps. Le dossier doit être bien ficelé et la dimension humaine ne doit pas être oubliée dans l'histoire de la montagne. « Ce sera long. Même si le dossier est inscrit comme bien naturel, il a la particularité d'être lié à l'histoire des hommes. L'éruption de la Pelée de 1902 est la troisième plus meurtrière de l'histoire mondiale. C'est un atout ! » 

Un autre intervenant,  Jean-Francois Caron, (animateur du dossier du Bassin minier  Nord-Pas de Calais, classé en 2012) ajoutait que le dossier est perfectible, que « sa vraie force ce n'est pas seulement son volet scientifique. Sans une forte mobilisation de la population, vous ne franchirez pas la dernière étape, celle du classement. »

Peut-on espérer une forte mobilisation de la population quand les faits sont tronqués ?

Dans son édition de jeudi 25 semptembre, le quotidien France-Antilles écrit : «C'est lors de la table ronde sur le tourisme, en janvier 2011, que l'idée d'inscrire la Martinique au patrimoine mondial de l'Unesco a été évoquée concrètement. Serge Letchimy, président du conseil régional, qui avait été interpellé par Nicolas Sarkozy, alors président de la République, a instantanément évoqué la montagne Pelée et le rocher du Diamant.» Une affirmation qui a fait bondir dans le camp des Patriotes et pas seulement, puisque les interventions des Députés à l'Assemblée Nationale sont pubiques. Beaucoup de martiniquais ont donc pu voir et entendre Alfred Marie-Jeanne intervenir le 4 mai 2010, quand il demandait de «sanctuariser ce monument naturel» :

«Pour tout ce qui a déjà été préconisé, initié et mis en oeuvre, je sollicite l'inscription de la Montagne Pelée au patrimoine mondial de l'UNESCO, à l'instar des pitons de la soufrière de l'île voisine de Sainte-Lucie. Depuis l'approbation de la Convention du patrimoine mondial en 1972, la communauté internationale a adopté le concept de « développement durable » pour le patrimoine naturel.

Par son histoire, par sa richesse géologique et biologique, la Montagne Pelée correspond tout à fait aux critères définis par l'UNESCO pour figurer sur la liste du patrimoine mondial. Cette inscription, qui viendrait renforcer l'intérêt faunistique, floristique et scientifique de la Montagne Pelée, constituerait un instrument supplémentaire de visibilité internationale et un indéniable atout tant touristique qu'économique.

Notre dossier sera remis au Gouvernement dans les plus brefs délais. Je lui demande publiquement son soutien, car il s'agit d'une carte vitale pour la Martinique. D'ores et déjà, monsieur le ministre, je vous invite à prendre date pour venir signer en Martinique la mise en place du comité du Grenelle de la Montagne Pelée pour, comme vous l'avez dit, « pousser l'avantage le plus loin possible et rendre irréversible la mutation en cours et la rupture avec le modèle actuel ».

Alfred Marie-Jeanne rappelait dans son intervention :

 «Dès 2003, en tant que président du conseil régional de l'époque, j'ai oeuvré pour que ce site soit répertorié comme réserve biologique. En partenariat avec l'Office national des forêts, j'ai ainsi participé à la création de la commission consultative régionale des réserves biologiques. Après l'approbation du plan de gestion de cette réserve en juillet 2005, le statut de réserve biologique intégrale du versant nord fut consacré grâce à l'arrêté ministériel du 28 avril 2007.»

Pour rassembler le plus grand nombre, pour faire peuple et avancer ensemble la vérité des faits s'impose.

Le 10 janvier 2011, suite à la Table Ronde sur le tourisme en présence du Président de la République de l'époque, Nicolas Sarkozy, le site «La Tribune des Antilles»  écrivait :

 «Le président de la Région Martinique termine son exposé par l'inscription de la Montagne au patrimoine mondiale de l'UNESCO, non sans préciser "Je sais que des Parlementaires ont déjà proposé cette inscription" ! Des parlementaires ?
Le député Letchimy sait parfaitement qu'il s'agit d'un projet proposé au gouvernement par le député Alfred Marie-Jeanne, le 4 mai 2010. Demande d'inscription qui avait reçu une réponse favorable de Jean Louis Borloo, le Ministre du Développement durable et relayée à la Région par le Conseiller Régional Louis Boutrin. La moindre des corrections, ce serait de le dire publiquement et de se rapprocher d'Alfred Marie-Jeanne pour mettre en oeuvre un projet qui demeure, indéniablement, un élément de visibilité internationale pour la Martinique entière.»
La campagne des élections pour l'Assemblée Unique semble ouverte et elle s'apparente à une gomme à effacer l'existence et le travail accompli par d'autres Martiniquais, coupables de ne pas être dans le camp PPM. Sauf qu'au moment où notre pays souffre de tant de violences, liées à la perte des valeurs de respect de l'autre, de solidarité, de partage, qui ont fait notre force, l'exemple donné par nos dirigeants politiques est décourageante. Mais il n'est jamais trop tard pour s'appliquer et jeter la gomme.
 
BWÈT ZOUTI :

Intervention du député Alfred Marie-Jeanne, (le 4 mai 2010), dans le cadre du débat au Parlement sur la loi dite « Engagement national pour l'environnement » :

   « Monsieur le ministre, je considère le Grenelle de l'environnement comme un pacte dont l'objectif final est, selon vos déclarations, « une mutation vitale pour notre avenir et pour l'histoire de l'humanité ». Dans ces conditions, mieux vaut accélérer que temporiser. Cela passe nécessairement par l'engagement concret de chacun, sans exception, et cela implique évidemment la question du développement durable et endogène.

Tel est en tout cas le sens que je me permets d'accorder au projet de loi soumis à notre examen aujourd'hui. À cet égard, je cite vos propos à la tribune du Sénat, monsieur le ministre : « L'objectif est tout simplement de rendre aux territoires ce qui leur appartient, c'est-à-dire une certaine idée de la qualité de vie, de la proximité, de la solidarité et des savoir-faire, et la capacité à s'organiser démocratiquement pour les réaliser ».

Loin de m'opposer à cette idée, je la conforte en vous proposant l'organisation à très court terme en Martinique d'un Grenelle de la Montagne Pelée. En fait, il s'agira pour nous de relier entre eux les éléments épars d'un puzzle en construction depuis un certain nombre d'années.

Je vais vous exposer les raisons objectives qui motivent ma démarche.

Le 8 mai 1902, le volcan de la Montagne Pelée entre en éruption et anéantit l'ancienne capitale, la ville de Saint-Pierre, faisant 30 000 morts en moins de quatre-vingt-dix secondes. Ce phénomène volcanique, inconnu jusqu'alors, fut décrit par le géologue Alfred Lacroix comme étant une nuée ardente, c'est-à-dire un nuage de gaz incandescents qui souffla tout. Cet aspect scientifique est à prendre en compte.

La Montagne Pelée, si dévastatrice par le passé, est aujourd'hui source de vie. Elle alimente en eau les principaux bassins versants de l'île et ses nombreuses rivières irriguent une très grande partie de la Martinique. Par ailleurs, elle constitue une réserve biologique presque unique au monde. Certaines espèces végétales qui y poussent sont endémiques, d'autres, en voie d'extinction, participent à la pharmacopée moderne : il faut en conséquence les protéger.

À cet égard, dès 2003, en tant que président du conseil régional de l'époque, j'ai oeuvré pour que ce site soit répertorié comme réserve biologique. En partenariat avec l'Office national des forêts, j'ai ainsi participé à la création de la commission consultative régionale des réserves biologiques. Après l'approbation du plan de gestion de cette réserve en juillet 2005, le statut de réserve biologique intégrale du versant nord fut consacré grâce à l'arrêté ministériel du 28 avril 2007.

En ce 4 mai 2010, à quatre jours de la commémoration du 108e anniversaire de cette éruption, je me situe dans le droit fil de la dynamique du Grenelle 2 de l'environnement en demandant de sanctuariser ce monument naturel. Ce Grenelle spécifique doit intégrer Saint-Pierre, les villes avoisinantes, et les milieux marins environnants.

Je rappelle, pour la circonstance, que la baie de Saint-Pierre est très réputée. Ainsi, le schéma de développement et d'aménagement touristique l'a déjà retenue pour un futur terminal de croisière. Par ailleurs, le schéma d'aménagement régional de la Martinique y a prévu l'installation d'un quai minéralier, et la construction d'un musée plus conséquent a été proposée par la ville elle-même.

Je signale également qu'au Morne Rouge, un musée régional inauguré il y a trois ans et baptisé « La maison du volcan » est consacré à la Montagne Pelée, à l'étude des volcans de la Caraïbe et à la tectonique des plaques. Toujours au Morne Rouge, le parc naturel régional a inauguré, le 18 septembre 2009, la Maison de la nature, axée sur la richesse de la biodiversité.

Je veux également apporter des précisions au sujet de certaines villes côtières.

À Bellefontaine, il existe une réelle opportunité de produire de l'électricité de façon permanente à partir du différentiel thermique de l'eau de mer. Des études sur ce point ont déjà été réalisées et, pour ne rien vous cacher, EDF est partie prenante et connaît bien le dossier. À Case-Pilote, une zone de cantonnement fonctionne déjà. Au Prêcheur, une réserve régionale dans laquelle se trouvent des variétés de coraux et d'éponges uniques au monde est en cours de finalisation.

En résumé, nous sommes bien dans le cadre d'un projet de développement durable solidaire et intégré. Mon exposé ne prétend pas à l'exhaustivité, car d'autres atouts existent bel et bien dans le rayon d'action de la Montagne Pelée. Pour comprendre l'importance du projet à l'échelle du pays, quelques chiffres sont à citer : alors que la superficie de la Martinique n'est que de 1 128 kilomètres carrés, la Montagne Pelée s'étale sur près de 120 kilomètres carrés. Vous comprendrez dès lors, monsieur le ministre, tout l'intérêt de mon intervention d'aujourd'hui.

Pour tout ce qui a déjà été préconisé, initié et mis en oeuvre, je sollicite l'inscription de la Montagne Pelée au patrimoine mondial de l'UNESCO, à l'instar des pitons de la soufrière de l'île voisine de Sainte-Lucie. Depuis l'approbation de la Convention du patrimoine mondial en 1972, la communauté internationale a adopté le concept de « développement durable » pour le patrimoine naturel.

Par son histoire, par sa richesse géologique et biologique, la Montagne Pelée correspond tout à fait aux critères définis par l'UNESCO pour figurer sur la liste du patrimoine mondial. Cette inscription, qui viendrait renforcer l'intérêt faunistique, floristique et scientifique de la Montagne Pelée, constituerait un instrument supplémentaire de visibilité internationale et un indéniable atout tant touristique qu'économique.

Notre dossier sera remis au Gouvernement dans les plus brefs délais. Je lui demande publiquement son soutien, car il s'agit d'une carte vitale pour la Martinique. D'ores et déjà, monsieur le ministre, je vous invite à prendre date pour venir signer en Martinique la mise en place du comité du Grenelle de la Montagne Pelée pour, comme vous l'avez dit, « pousser l'avantage le plus loin possible et rendre irréversible la mutation en cours et la rupture avec le modèle actuel ».

 Réponse de Jean-Louis Borloo

Lors de la Réunion du 5 mai 2010 à 15h00  Engagement national pour l'environnement 

Jean-Louis Borloo, ministre d'état, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat :

   « Alfred Marie-Jeanne a mentionné la montagne Pelée. Vous savez combien l'outre-mer nous est cher. Nous soutenons cette année le classement au patrimoine mondial des cirques et des pitons de La Réunion, notamment le cirque de Mafate et le piton de la Fournaise. Mais pourquoi ne pas soutenir, au cours des années qui viennent, ce joyau que M. Marie-Jeanne a si bien évoqué ?... »

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