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La capitale qui se meurt après plus de 50 ans de gestion PPM et le pays qui stagne avec le même PPM à la tête des collectivités départementale et régionale semble bien irriter de nombreux Martiniquais. Malgré un appui médiatique sans faille et une communication efficace, la cote de confiance du parti de Trénelle est en baisse. L'importance de la foule qui s’est rassemblée au Hall des Sports de Ducos ce 26 octobre, pour écouter les leaders de l’opposition, en témoigne. On le sait tous, il est difficile de déplacer les Martiniquais pour des meetings politiques. Hors élection proche, le chiffre d'un millier de personnes à Ducos peut inviter à s'interroger. 

Ils avaient de quoi avoir un sacré balan les orateurs du « Gran Sanblé », face à une foule de plus d’un millier de personnes. Martinique-Ecologie, le PCM, le CNCP, le PALIMA, le RDM et le MIM ont affiché leur unité et leur détermination a sortir de la Région la majorité PPM et associés élue en 2010.

Ils ont tous été très applaudis, même si Alfred Marie-Jeanne, que ses adversaires veulent jeter aux oubliettes à cause de son âge, l’a remporté à l’applaudimètre. Le député du Sud et conseiller général de Sainte-Luce, Jean-Philippe Nilor, que certains ont soupçonné de trahison en se regardant dans leur miroir, a réaffirmé son choix. Il soutient et soutiendra la candidature d’Alfred Marie-Jeanne à la tête de la future Collectivité Unique de Martinique. 

J.P. Nilor qui n’a pas manqué de souligner les « erreurs », les « mensonges », « la vakabonajri »  de la majorité régionale, a rappelé qu’il ne s’engage « pas derrière un homme, mais derrière un combat », qu’il  est temps de « taire les égo, les moi-je.» A travers une prise de parole qui ne laisse aucun doute sur sa volonté d’indépendance, il a précisé « Nou pa dan le oui-ouisme ambiant ». « Nou pa dan ladorasion de chèf unik.» Il a avertit, nous ne gagnerons pas sur les erreurs des autres, mais sur un projet. «Fo nou montré an exemple qui ka diférencié nou di Yo ! ». Le jeune Député du Sud a démontré une maturité et une agilité politique que seuls les naïfs ne veulent pas voir.

Et même si, intervenant après lui, Alfred Marie-Jeanne évoquant Bruno Nestor Azérot, le maire de Sainte-Marie, dont l’absence au « Gran Sanblé » était prévisible depuis ce temps qu’on observe ses zonzolages, lui a dit « Tu as été piégé ! », Jean-Philippe Nilor a confié son rêve, un rêve d’unité avec Nestor Azérot à coté d’Alfred Marie-Jeanne, de Claude Lise, de Francis Carole, d’Eugène Larcher et d’autres qui ne sont pas là.

Mais quand un moment avant,  il avait appelé à faire taire les égos, un ange était passé et il ressemblait à des amis politiques présents et absents, de celui qui démontre une fois de plus que  le Chaben ne l’avait pas choisi par hasard pour devenir Député du Sud.

Francis Carole, au nom du PALIMA (Parti pour la libération de la Martinique) a aussi exprimé ses espoirs : « demain parmi nous, nous saluerons les militants du Modemas. Pas au nom d’intérêts partisans, mais de ceux de la Martinique. Parlant du Président de la Région Martinique, il a évoqué « Un qui sait qu’il a échoué mais qui ment pour faire croire qu’il a réussi. » Il a lu un extrait d’un document de propagande pour les élections régionales de 2010 dans lequel Serge Letchimy écrivait  « Le pays est frappé par une récession économique sans précédent, le taux de chômage des jeunes dépasse 50%. » Rappelant que ce dernier tenait le MIM pour responsable de cette situation, le Président du Palima a cité les chiffres d’aujourd’hui : « 68% des jeunes sont au chômage et 53% des retraités du pays vivent au dessous du seuil de pauvreté. »

Tous les intervenants, maire ou chefs de parti comme Claude Lise (RDM) qui a su justement rappelé en quoi l’expérience des plus âgés peut renforcer les plus jeunes d’une équipe, en passant par le PCM ou Martinique Ecologie, ont appuyé sur la gestion qualifiée d’échec, de faillite de l’équipe au pouvoir.

Des affaires qui gênent le Parti au pouvoir

Avant le « Gran sanblé » des partis d’opposition, Victorin Lurel avait déjà porté un coup à Serge Letchimy et au PPM (Parti Progressiste Martiniquais), à travers une petite phrase où il parle de son homologue martiniquais :

«Notre ami vient personnellement, comme à Sainte-Lucie, m’accompagner, comme à Saint-Martin accompagner Josette Borel-Lincertin, comme ici-même en Guadeloupe, défendre CEREGMIA».

La déclaration sur RCI (Radio Caraïbe International) ce 23 octobre, de l’ancien ministre des Outre-mer et président du Conseil Régional de Guadeloupe, révélant les interventions de Serge Letchimy pour défendre le CEREGMIA, soupçonné d’escroquerie en bande organisée au préjudice de l’Union Européenne, a fait le tour des réseaux sociaux.  

Cette petite phrase a d’autant fait mal que l’affaire du CEREGMIA, que plus aucun Martiniquais n’ignore, faisait encore couler de l’encre à cause d’une photo publiée dans la presse quelques jours plus tôt, à l’occasion du congrès du PPM.

                                                          

Le site montraykreyol.org titrait « Le CEREGMIA au Congrès du PPM ». Sur la photo illustrant l’article on peut voir deux membres du CEREGMIA (le laboratoire de recherche de l’Université Antilles-Guyane) , Hector Elisabeth et Fred Célimène, le directeur et principal mis en cause dans les rapports de la Cour de Comptes, du Sénat et de l’Inspection Générale de l’Education Nationale. Le directeur du CEREGMIA  et son adjoint Quinvi Logossah ont été suspendus de leurs fonctions pour une période d’un an, et  leur demande de réintégration a été rejetée par le Conseil d’Etat qui a confirmé la sanction prise par la présidente de l’Université, Corinne Mencé-Caster. Le directeur et son adjoint ont déjà été entendus par le SRPJ et un juge d’instruction, suite à l’ouverture d’une information judiciaire ouverte en avril dernier. Dans un autre dossier, Ils viennent d’être mis en examen pour diffamation et injure publique à l’encontre de la présidente de l’Université des Antilles et de la Guyane.

Une autre affaire jette le trouble sur la gouvernance actuelle depuis que Daniel Marie-Sainte a révélé cette fausse délibération qui a été signée par le Président de la collectivité et transmise au contrôle de légalité qui n’a rien trouvé à redire jusqu’à présent, tout comme le parquet qui n’a pas décidé de s’autosaisir. Lors de sa récente conférence de presse, Serge Letchimy a traité les élus de l’opposition d’ « indics du SRPJ ». Dans un pays où chaque jour, des faits de violence commis par certains jeunes sont rapportés par les médias, on peut s’étonner de propos aussi violents de la part d’un responsable politique.

Le rassemblement de Ducos a attiré beaucoup de Martiniquais. Le camp patriotique et allié, peut encore s’élargir avant les élections pour la collectivité unique de décembre 2015. Tous les intervenants ont invité à l’unité la plus large des forces qui veulent le changement, mais la politique nous a habité à ses zanzolaj. Pour l’instant nombre d’élus observent dans l’ombre, ne voulant prendre aucun risque pour leur mandat. Serge Letchimy et le PPM au pouvoir à la Région et au Conseil Général, ont le pouvoir de distribuer des aides et subventions à qui ils veulent, et ça en tient plus d’un.

Un autre soutien pèse lourd, celui du gouvernement socialiste qui aura besoin des voix de l’outre-mer, même si les algues Sargasses peuvent continuer à empoisonner les Martiniquais, même si le Centre Hospitalier Universitaire n’est toujours pas prêt à faire face à un éventuel cas d’Ebola, faute de moyens. Serge Letchimy le sait bien quand il vote avec les socialistes les décisions qui frappent les plus faibles, les retraités, les chômeurs. La politique de Droite des socialistes n’a pas jeté celui qui se pose en héritier d’Aimé Césaire, dans les rangs des frondeurs socialistes qui réclament une politique plus sociale. 

Jean-Philippe Nilor l'a rappelé ce sera avec un programme.  Ce programme qui devra être audacieux avec des choix politiques clairement affirmés pour que les Martiniquais fassent leur choix. Faute de trouver de différence entre les Partis, entre les auteurs des coups de massues qui leur sont portés, les électeurs ont fini par perdre leurs repères.

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