Parce que nous avons besoin d'une presse libre

Actualité

Le Président de la République s'est enfin penché sur la Culture, l'un des secteurs des plus impacté par la pandémie. Emmanuel Macron a dit « l’école a besoin de vous », mais c’est tout le peuple qui a besoin de la culture qui rythme la vie. Les mesures annoncées étaient donc très attendues, même si elles n’effaceront pas les dégâts commis par le Covid-19.

Le monde de la culture est particulièrement impacté par la crise liée à la pandémie : salles de spectacles et de cinéma fermées, festivals annulés, tournages arrêtés, lieux de diffusion culturelle, sites et monuments fermés ont mis en situation de précarité de nombreux artistes, auteurs, techniciens et menacent la survie de nombreuses structures et manifestations, et pour nombre d’entre eux,  avant même le début du confinement, les rassemblements de plus de 100 personnes ayant été interdits dès le 13 mars (et de plus de 1000 dès le 8 mars)… Le secteur crée environ 1,3 millions d’emplois par an et génère 2,2% de l’économie française, soit environ 45 milliards €

Pour ce qui concerne les festivals, le spectacle vivant ou également le secteur de la production, les assurance d’annulation ne couvrent pas le risque « pandémie », entrainant ainsi des pertes considérables pour les producteurs ou organisateurs.
 
Lors du déconfinement, le 11 mai 2020, seuls les « petits musée » (notion restant à définir), les librairies, disquaires, galeries, bibliothèques, médiathèques pourront ouvrir (annonce du Premier Ministre devant le Parlement début mai 2020). Pour les autres structures, il ne se passera vraisemblablement rien avant juillet et l’on sait que les lieux rassemblant plus de 5000 personnes ne pourront reprendre une activité, dans le meilleur des cas, qu’en septembre.
 
Le rapport rendu par le Professeur Bricaire, infectiologue, préconise, lors de l’hypothétique reprise des spectacles et des tournages, de supprimer les bars, les entractes, de faire porter des masques aux spectateurs installés un siège sur deux, de procéder à des tests sérologiques et des prises de température des personnes présentes sur les plateaux et d’inventer des mises en scène respectant les règles de distanciation et gestes barrières … Des préconisations fort peu adaptées à la réalité d’un spectacle, d’un tournage et de la mise en scène en général …
 
Seuls quelques 25 millions€ ont, pour l’heure, été débloqués pour le secteur mais leur origine - obtenue vraisemblablement par redéploiement des crédits de la Mission Culture -n’a pas été précisée par le gouvernement. En tout état de cause, il ne s’agit pas de moyen nouveaux ; ils amputeront d’autres actions. Ces crédits « supplémentaires » sont gérés par  les différents opérateurs du ministère sous forme de fonds d’aide (CNM :10 M€, ; CNL : 5M€ ; arts plastiques : 2 M€ ; théâtres privés : 5 M€). 
Des mesures exceptionnelles ont aussi été prévues pour intermittents (neutralisation de la période courant du 15 mars à la fin du confinement) et pour les salariés du secteur en contrats court. comme 
Le secteur est par ailleurs éligible (sauf cas particuliers) à l’ensemble des dispositifs d’aide généraux mis en place par le gouvernement : chômage partiel, prêts garantis par l’Etat
 
Ces dispositifs s’avèrent insuffisants ou inadaptés notamment pour les 274 000 intermittents qui, par le biais de pétitions (« Culture en danger » et « Année noire 2020 ») totalisant plus de 250 000 signatures, viennent de demander une « année blanche » , soit la remise à zéro du décompte de leurs droits pour l’année 2020.
La chronologie des médias a été revue pour permettre une exploitation rapide des films sortis en salle jusqu’au 14 mars, conformément à l’article 17 de la loi d’urgence pour faire face à l’épidémie de Covid 19 du 23 mars 2020.
 
C’est dans ce contexte qu’interviennent les annonces du Président Macron.
Le Président (accompagné du Ministre de la Culture) a échangé  par visioconférence avec un « petit groupe » de personnalités du secteur ( O Nakache, E Toledano, S Nordley, S Kiberlain, C Ringer…)
 
Quelques mesures concrètes ont été annoncées :
 
prolongation des droits des intermittents jusqu’à aout 2021 (fin ou début, non précisé) et accède ainsi à la demande d’année blanche de décompte des droits ;
ouverture du Fonds de solidarité des TPE aux entreprises du secteur culturel ;
Nouvelle dotation de 50 millions d’euros pour le CNM (centre national de la Musique), soit presque le doublement de sa dotation actuelle (50 millions € complétés de 5 millions, lors de la loi de finances et de 10 millions, lors des premières mesures d’urgence prises dans le cadre de l’épidémie  – cf supra il conviendra de vérifier que les nouveaux 50 millions n’incluent pas ces 10 millions ? -) ;
mise en place d’un « Fonds d’indemnisation temporaire » à destination des tournages arrêtés (non couverts par les assurances pour les pandémies).Il sera demandé aux SOFICA et aux compagnies d’assurances de contribuer à ce fonds (pas très clair sur qui financera ce fonds) ;
confirmation de la réouverture, le 11 mai, des musées (« en évitant les grands brassages », pas de distinction entre grands et petits donc quels seront les critères fondant l’absence de grand brassage), des librairies, disquaires, galeries et même des théâtres (non précisé mais, dans ce dernier cas, vraisemblablement pour les seules répétitions). Nouveauté aussi, par rapport aux annonces préalables du Premier Ministre, l’ouverture des cinémas, un siège sur deux, a été évoquée. 
 
D’autres mesures moins précises ont été évoquées :
 
apport en fonds propres (de l’Etat ?) pour éviter le rachat de structures françaises (festivals  cités) par des groupes prédateurs (américains) ;
renforcement de l’aide au financement des productions françaises et européennes et protection des catalogues européens ;
engagement de transposer la direction SMA avant la fin de l’année 2020, en particulier pour contraindre les plateformes GAFAM à contribuer à la production française et européenne (il n’a pas été précisé si l’ensemble du dispositif de la loi audiovisuel sera adopté à cette date) ;
lancement d’un grand programme de commandes publiques concernant tous les secteurs culturels et artistiques (arts plastiques, musique, livre…). Pas de précision quant aux financeurs d’un tel programme ?
 
Le président indique ne pas avoir de plan miracle  immédiat et invite les acteurs du secteur à réfléchir ensemble, à la co construction de nouvelles formes d’expression artistique et culturelle et à réinventer la culture
 
D’ici à juillet, date de fin des classes, les intermittents et artistes sont invités à intervenir, dans les établissements scolaires, dans le cadre des activités périscolaires, en concertation avec les maires afin d’acquérir des droits. Leurs interventions seront « payées par l’Etat, avec l’Education nationale ». Ils auraient en charge des petits groupes de 10 enfants (ce qui ne correspond pas à l’effectif d’une demi classe non présente devant les enseignants). ces points et la façon dont de telles interventions seront décomptées dans le calcul des droits demandent à être précisés.
organiser des colonies culturelles, notamment pour les enfants des quartiers défavorisés, ceux qui ne pourront partir pour les vacances, hors d’Europe, dans leurs pays d’origine. Les enfants pourront ainsi assister à des répétitions de spectacle. S’agit-il aussi d’une possibilité d’intervention pour des intermittents – non précisé ?
le président « «pense aussi aux métiers d’art et au patrimoine », secteurs pour lesquels rien n’a néanmoins été annoncé, alors qu’il a souffert de la fermeture de l’ensemble des sites et monuments depuis deux mois, qu’il va encore pâtir de l’absence de touristes étrangers, l’été prochain, qu’aucune date n’a été prévue pour la réouverture des monuments et sites et que de nombreux chantiers de restauration sont à l’arrêt forcé depuis le début du confinement.
 
L’ensemble des mesures annoncées devraient être précisées par le Ministre de la culture.
 
Un nouveau point fin mai sera effectué, a priori plus particulièrement pour décider de la réouverture des structures et de la reprise des activités culturelles et artistiques. Il souhaite revoir prochainement les acteurs du secteur pour refaire un point.
 

Site de presse en ligne
ISSN 2726-0100

Aidez Freepawol

pour une presse libre

Dans la même rubrique...

La menace de poursuites pénales contre Corinne Mencé-Caster, la présidente de l’Université des Antilles, exprimée par Maître Philippe Edmond Mariette, l’avocat des protagonistes de l’affaire de mil

Après avoir trébuché pour la finale du 100 m aux Championnats du monde, le Jamaïcain Usain Bolt a arraché son titre en 9,79 secondes

Les facteurs qui influencent les plans de voyage des Canadiens pour l'hiver 2015-16 et le pourcentage de ceux qui ont l'intention de voyager dans les Caraïbes seront pa

Pages

« 245 246 247 248 249 »

Articles récents

Un vent de scandale souffle sur l’Université Antilles Guyane depuis que le rapport 2012 de la Cour des Comptes,  consacré à la gestion de l’UAG sur la période 2005-2010,  a été connu.

Pages

« < 244 245 246 247 248 »