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« Dis-le aux étoiles », dix nouvelles qui explorent nos vies au pays (gwada et nina) dont l'une parle de la difficulté d'être journaliste dans un petit pays. L'auteur l'a appelé « petit pays ».  D'autres nouvelles abordent les relations homme/femme, la vie de rue, la religion et la politique. Steve Gadet explore nos sociétés avec un regard qui interroge, qui cherche les étoiles.

Extrait de Petit Pays : « Gregory n’était pas un journaliste comme les autres pour plusieurs raisons. Déjà, il n’était pas né avec une cuillère en argent dans la bouche. Le métier d’informer était venu à lui, il n’en avait jamais rêvé et n’était pas passé par une école prestigieuse avant d’exercer. Il avait appris sur le tas comme nombre de ses collègues en ayant quand même eu le temps de passer par les bancs de l’université des Antilles-Guyane. C’est là qu’il avait aiguisé son esprit critique et fait grandir sa conscience sociopolitique. Son master en histoire avait aiguisé son sens de la réalité sous les nuages de cette petite île. Ce n’était pas un journaliste comme les autres pour d’autres raisons. Il vivait dans un petit pays où tout le monde connaissait tout le monde. Les amis de ses parents étaient partout, les entreprises du pays employaient ses amis et des membres de sa famille. Le paysage politique était plein de gens qui l’avait vu grandir, il était allé à l’école avec les enfants de certains pontes de la vie économique, syndicale et culturelle. Une seule autoroute traversait ce petit bout de terre du Nord au Sud, impossible de se cacher même derrière des vitres teintées. (...)»

Extrait de 35 degrés :  « Il doit bien faire 35 degrés. En plus avec nos costumes, on etouffe. Malgré cette chaleur sans maman, mon cœur est gelé et mon visage se mouille de plus en plus. Mes larmes se mélangent à ma sueur. Ils sont environ cent à suivre. Mon Dieu ! Merde ! Ca glisse... Allez, han ! je le fais remonter. Il ne manquerait plus que ça aujourd’hui comme si on ne souffre pas déjà assez. Nous sommes six à tenir et malgré ça, mes doigts me font tellement mal. Je sue des doigts et ma prise lâche toutes les dix secondes. Le sang s’injecte dans mes ongles. A chaque fois que la poignée du cercueil glisse, je défais et je resserre ma prise. Han ! Mon frère ne m’a jamais laissé tomber, moi non plus d’ailleurs donc je ne vais pas commencer maintenant même si c’est le jour de son enterrement. J’ai trouvé le temps et le chemin interminable entre le corbillard et l’entrée de l’église.»

Extrait de Ensemble pour toujours : « Un corps bien fait dans une tête bien pleine n’est pas toujours le meilleur atout pour rencontrer un homme aimant et assez confiant pour vous laisser éclore. Madly l’a compris très tard mais elle ne s’est pas découragé pour autant. Elle C’était la première génération de jeunes dans sa famille à aller à l’université. Elle était titulaire d’un doctorat en science politique. Sa personnalité agréable ne voulait pas dire qu’elle se laissait marcher sur les pieds. Madly était ouverte sur beaucoup d’autres choses à part sa formation initiale. Elle s’intéressait à l’histoire, la littérature et la sociologie. Elle savait formuler un point de vue sur les sujets qui secouaient sa génération et sur les grands sujets d’actualité. Contrairement à d’autres copines de fac, elle savait s’habiller. Elle aimait s’habiller, se mettre en valeur. Sans jamais être vulgaire, Madly savait agencer ses vêtements, ses cheveux et ses chaussures. Elle était à l’aise dans son corps et cela se voyait. Les amies de sa mère s’étonnaient toujours de voir une aussi belle femme seule. Non pas qu’elle était toujours seule mais ses relations ne duraient pas plus d’un an. Elle avait du mal à trouver un homme. Ceux auxquels elle s’était attachée, après quelques temps, essayaient de la brimer étant donné qu’ils ne comprenaient ce petit bout de femme. Elle pouvait être dans leur lit mais ils ne pouvaient pas l’empêcher de parler, de les contredire, de faire des projets, de faire remonter des sceaux du puits de ses talents. Elle n’avait jamais peur de se lancer dans de nouvelles aventures ni de dire ce qu’elle pensait à ses hommes. Lorsqu’ils sortaient ensemble, si ces hommes n’avaient pas de conversation, sans le vouloir, elle leur faisait un peu d’ombre.»

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