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La vie coule tranquillement en Martinique mais qu’on se méfie, c’est en seulement en apparence. Les syndicats, noyés dans leurs divisions et influences politiques, n’arrivent pas à mobiliser les salariés dans un pays étranglé par le chômage, qui touche surtout les jeunes. Certains choisissent de partir et la destination préférée reste la France où le racisme sévit. Les Antillais en sont aussi victimes, leur carte d’identité française ne les protégeant pas du rejet de l’autre, du rejet de l’étranger, qui frappe partout en Europe. Face à cette situation, de nombreux jeunes qui ont choisi de rester au pays, essaient sur les réseaux sociaux d’interpeller les responsables politiques et économiques, en attendant que le vent de la contestation arrive aux Antilles pour lever les vagues qui leur ouvriront d’autres chemins. Franck Vasko  fait partie de ceux qui croit au cyber activisme qui a déjà fait ses preuves dans les réveils tunisiens ou égyptiens.

Par l’utilisation judicieuse des réseaux sociaux Facebook et Twitter, les cybers activistes trouvent en ces supports le moyen d’influer sur les événements. Les geeks militants, maximisent l’outil digital pour amplifier les voix du peuple, utiliser un nouveau discours et ainsi faire tomber le mur de la peur.

La Martinique où sévissent corruption, injustice sociale, mépris et humiliation ne peut rester sourde à l'indignation grandissante. Un sentiment que les intellectuels, artistes et politiques de notre pays doivent prendre en compte. Même si certains d'entre nous sont résignés, fatigués, effrayés, ils ne peuvent se satisfaire durablement de la situation désastreuse dans laquelle est plongé notre pays. Surtout quand l’Etat français qui a acheté la paix sociale auprès des leaders politiques et syndicaux permet à une caste de vaquer tranquillement à des occupations aux contours mafieux.

Si les réseaux sociaux sont des lieu d’échanges, il n’en reste pas moins fliqué. La communication multi canaux est un lieu d’affrontements pour les mobinautes. Le pouvoir actuel, hystérique dans sa posture sécuritaire, déploie son dispositif de dissuasion. Et même si la cyber Police ne cesse de surveiller les profils de bloggeurs subversifs, l’expression ne cesse d’augmenter. La parole semble libérée et les appels à la désobéissance civile se multiplient. Mais la discontinuité dans l'activisme en œuvre en Martinique retombe faute de maîtrise des relais d’information. De plus, nombreux sont ceux qui continuent à s’employer à pourrir les débats en versant dans la désinformation. Aussi, maintenir le niveau d’indignation pourrait donner aux Martiniquais l’envie et le courage d’aller manifester.

Facebook et Twitter apparaissent comme des canaux primordiaux de partage de l’information et de synchronisation des actions. À nous donc de défendre notre liberté, derrière nos écrans, d’appeler à des mobilisations massives sur le terrain. Aujourd’hui est l’affaire de tous. Nous, Martiniquais, avons le droit de critiquer le gouvernement français sans crainte de représailles. La lutte doit plus que jamais être menée grâce à une stratégie en rupture avec la forme classique. Le web 2.0 offre cette possibilité.

Franck Vasko

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