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Daniel Marie-Sainte a été pendant des années, Secrétaire générale de la CSTM (Centrale Syndicale des Travailleurs Martiniquais), mais la fibre syndicale ne s'est pas endormie. Après les communiqués qui pleuvent pour condamner le mouvement de grève des salariés de la Société Martiniquaise des eaux (SME), il réagit et rappelle les raisons qui ont déclenché cet arrêt de travail à l'appel des syndicats FO et CDMT. La grève qui dure depuis 2 semaines a pour conséquences des coupures d'eau dans les communes du Sud de Martinique.

Réagissant à propos du conflit de la SME, le  patron du Club Med, guidé par un réflexe de classe, a cru devoir se livrer à une attaque en règle contre  les salariés en grève.

Cette attitude injuste, me conduit à réagir à propos du conflit de la SME.

Il convient de rappeler les faits :

Les salariés de la SME, réunis en intersyndicale CDMT-FO, demandent l’ouverture de négociations annuelles des salaires.

Conformément aux dispositions légales, ils obtiennent, de la direction de la SME, des documents d’information sur l’évolution de la masse salariale par catégorie de salariés sur les années antérieures.  

Ils découvrent, alors qu’il y a une inégalité de traitement entre les salariés suivant qu’ils soient martiniquais, désignés comme  « locaux » , ou qu’ils soient français, désignés comme « expatriés ».

Ces derniers salariés de la société multinationale qui est le principal actionnaire de la SME, ont des salaires et avantages non seulement nettement supérieurs à ceux des « locaux », mais, en plus, ils les ont vu  augmenter de plus de 6% !

Au nom de l’égalité de traitement, donc de l’équité, tout naturellement, l’intersyndicale des salariés martiniquais a revendiqué la même augmentation !

Le directeur général de la SME, qui est un « expatrié », au lieu d’entamer des négociations sur  des bases sérieuses, a préféré mettre fin aux négociations par une décision unilatérale et partir chez lui en vacances.

Plus grave, il a commandité auprès de son service de communication, une campagne de dénigrement des salariés de l’entreprise, en tendant de les faire passer pour des saboteurs du réseau d’eau potable du Centre et du Sud.

Or tout le monde doit savoir qu’un réseau qui ne bénéficie pas de service de maintenance régulier, se dégrade spontanément !

Plus la grève durera plus le réseau se dégradera et les abonnés pâtiront de pénuries d’eau potable.

C’est pour cela que la multinationale a décidé de laisser pourrir la grève afin que les travailleurs en lutte deviennent impopulaires auprès des abonnés.

Par solidarité de classe avec la direction de SME, des organisations patronales de Martinique ont cru devoir, de publier dans les média des déclarations  allant dans le même sens.

Je veux non seulement parler du communiqué du patron du Club Med, mais également celui signé, conjointement, par neuf représentants patronaux : la présidente du CMT, le président de l’aéroport, le président de la CCIM, le président de la CGPME, le président de gites de France, le président du SNAV (syndicat d’agence de voyages), le président de l’ARCAM, le président de ZILEA et le responsable du port du Marin !

Pour eux tous, les seuls coupables sont les salariés !

Pourtant, le conflit à la SME a des points de similitudes avec le conflit des fonctionnaires martiniquais du milieu des années 1950, qui a duré  plusieurs mois.

Ce conflit mémorable avait été déclenché par les syndicats après qu’ils aient découvert, par hasard, que la prime de 40% dite de « vie chère » n’était servie qu’aux fonctionnaires français « expatriés » ou encore appelés  « métropolitains mais pas aux fonctionnaires martiniquais dits « locaux » !

L’histoire sociale de notre Pays nous apprend que la seule façon de terminer une grève, c’est d’arriver à la signature d’un protocole d’accord entre les parties en conflit !

Que le patron de la SME cesse son arrogance et  retourne à la table de négociations !

Pour l’avenir, cette situation devrait faire réfléchir, les élus politiques si prompts à confier la gestion des affaires martiniquaises aux multinationales telles La Générale des Eaux, ou La Lyonnaise des Eaux pour ma gestion des eaux potables ou usées ou encore Vinci ou Veolia pour les transports.

Ce faisant, ils facilitent l’exportation de l’argent des impôts des martiniquais sous forme de bénéfices de ces sociétés  ou de gros salaires de leurs agents !

Et pourtant, l’expérience de l’ex-Régie Autonome des Eaux et Assainissement de Fort de France, devenue Régie ODYSSI de la CACEM, montre qui peut faire différemment pour les fonds des martiniquais restent dans l’économie martiniquaise.

Le 4 août 2014.

Daniel MARIE-SAINTE

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