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Humilions, humilions, il restera la haine et nous gagnerons les élections. Est-le pari que font des responsables politiques en France, en courant après le Front National ? Après les attentats et à l’approche de l’élection présidentielle de 2017, toutes les outrances semblent permises. François Fillion, ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, a osé nier le crime contre l’humanité que fut l’esclavage, parce que pour lui, « Non, La France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord. » Le CRAN demande son exclusion au parti « Les Républicains. » 

On le sait, on l’entend, le discours  raciste est lâché en France et ce n’est pas d’aujourd’hui. Il suffit de ne pas être Blanc au pays des droits de l’Homme pour connaître la couleur de votre malheur. Les résultats électoraux de l'extrême droite en disent long sur la tolérance française. Une partie de la Droite républicaine tout comme une certaine Gauche, se sont alignés sur la ligne de départ du 100 m/ haine, dont le Front National détient le record.

Nicolas Sarkozy s’était assombri en allant sur le continent africain injurier les Africains : 

«Le drame de l'Afrique, c'est que l'Homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire.» 

Une injure puisée dans son discours écrit par son conseiller Henri Guaino et qui a démontré leur ignorance crasse.

On se souvient de la vidéo qui a fait le buzz, dans laquelle on voyait Manuel Valls en 2009 marchant dans sa ville d’Evry et, voyant trop de basanés dans une brocante, commente :

« Belle image, belle image de la ville d’Evry ! Tu me mets quelques blancs, quelques white, quelques blancos. »  Extrait d'une vidéo polémique de Manuel Valls - Vidéo Ina.fr

 

François Fillon a attendu de se lancer dans la campagne des présidentielles pour démontrer que dans la bande des ignorants, il peut prétendre à une bonne place. Déclarant que la France n’a pas inventé l’esclavage, il a nié l'existence du crime contre l'humanité que fut cette barbarie : 

« Non, La France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord. »

La culture avec le tristement célèbre Code Noir, qui codifiat la violence esclavagiste ? La culture avec les chaînes, les bras et les jambes de femmes et d'hommes coupés ? 

Reste à savoir comment les descendants d’esclaves qui peuplent les pays d’outre-mer, accueilleront l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui le qualifiait de « collaborateur ». 

Puisqu'il y a eu George-Pau Langevin

Peut-être ne trouveront-ils pas si étonnante l’injure de cet ancien chef de gouvernement, puisque que celle qui vient de sortir ou d’être sortie du ministère de l’outremer, la Guadeloupéenne Georges Pau-Langevin, descendante des victimes de la traite négrière et de l'esclavage, avait choqué aux Antilles en déclarant :

« Par définition ceux qui sont allés chercher les esclaves en Afrique pour travailler dans les exploitations ne voulaient pas les exterminer, ils voulaient les faire travailler gratuitement. » 

Pourquoi la ministre de l’outremer se gênerait-elle, puisque la démonstration avait déjà été faite par la justice française, que pour elle, la loi Taubira de 2001 n’était qu’un gadget, une loi pour « culpabiliser » la France généreuse, porteuse de sa civilisation aux indigènes.

Il y a eu Alain Alain Huyghues Despointes

Après qu’il ait été condamné en première instance puis en appel pour apologie de crime contre l’humanité, le béké Alain Huyghues Despointes a été blanchi par La Cour de Cassation pour les propos qu’il a tenus en 2009 dans une émission de Canal + et qui ont mis le feux aux poudres en Martinique, pendant la grande grève contre la pwofitasion :

« Dans les familles métissées, les enfants sont de couleurs différentes, il n’y a pas d’harmonie. Moi, je ne trouve pas ça bien. Nous, on a voulu préserver la race.» Il ajoutait : « Les historiens ne parlent que des aspects négatifs de l’esclavage et c’est regrettable. »

Le suprématiste enfonçait le clou de l’injure dans l’histoire de la barbarie, en soulignant :

« Les bons côtés de l’esclavage et les colons qui étaient très humains avec leurs esclaves, qui les ont affranchis et qui leur donnaient la possibilité d’avoir un métier ».

Récemment cet homme qui veut « préserver la race » et qui a craché sur les descendants de ces milliers de femmes et d’hommes qui ont été victimes du crime esclavagiste, a été décoré pour son rôle de chef d’entreprise, par le maire de Droite (Les Républicains) de la commune de Case-Pilote, Ralph Monplaisir.

La médaille a été épinglée à sa veste par le maire de Gauche de la ville du François, Maurice Antiste, membre du PPM  et Sénateur inscrit au groupe PS.

Que dire alors à ces hommes politiques qui viendront, à n’en pas douter vendre leur soupe à la grimace dans les outremers ?

Peut-être que les descendants d’esclave se contenteront de renvoyer au racistes, révisionnistes, ignorants, les paroles de Nicolas Sarkozy prononcées à Dakar en lisant le discours de son conseiller, discours qu’on imagine qu’ils ont coécrit face à leur miroir, se voyant tel qu’ils sont : Pas «assez entré dans l’histoire» et dans leur imaginaire, «il n’y a pas de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès»…

Lisa David

 Révisionnisme historique : le CRAN demande que François Fillon soit exclu des Républicains

  

            Lors du discours qu'il a prononcé dimanche à Sablé-sur-Sable, François Fillon a évoqué la colonisation et l'enseignement de l'histoire en affirmant : « Non, la France n'est pas coupable d'avoir voulu faire partager sa culture aux peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Nord. Non, la France n'a pas inventé l'esclavage ».     

            Le CRAN ne peut que condamner ces propos révisionnistes et odieux concernant l'histoire coloniale. Non, il ne s'agissait pas d'un « partage de culture ». La première colonisation, mise en place par la monarchie, a été marquée par l'esclavage des Africains déportés en Amérique. La seconde colonisation, au 19e et au 20e siècle, a été marquée également par les massacres et le travail forcé, qui tua à la tâche des millions d'Africains. Dans un cas comme dans l'autre, il s'agissait de crimes contre l'humanité.

            Rappelons les 400 000 morts, au bas mot, lors de la colonisation de l'Algérie, les 90 000 morts lors de la « pacification » malgache en 1947, les 70 000 morts de la guerre du Cameroun. Nul partage, mais partout, le pillage des ressources, l'extraction sans limite, l'exploitation des peuples. Comme l'expliquait Aimé Césaire dans le Discours sur le colonialisme, « colonisation = chosification ».          

            Selon Europe 1, François Fillon est le plus à droite des Républicains*. Il apparaît désormais qu'il est un homme d'extrême-droite. « Longtemps, Fillon a été perçu longtemps comme un homme faible, sans caractère, a déclaré Louis-Georges Tin. Complexé, dans le cadre de la primaire, il cherche aujourd'hui à  compenser en essayant d'apparaître comme un homme fort, mais il est juste pitoyable dans  son révisionnisme abject. »

            C'est pourquoi le CRAN exige qu'il soit exclu de son parti, les Républicains. Dès ce jour, le CRAN demande à être entendu par Laurent Wauquiez, président des Républicains, pour obtenir qu'une sanction exemplaire soit prononcée contre cet individu, coupable d'apologie de crime contre l'humanité.

Paris, le 2 septembre 2016

Louis-Georges Tin 

Président du CRAN
 

 

 

 

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