Parce que nous avons besoin d'une presse libre

Politique

Quelle démocratie peut se satisfaire du mépris de l'opposition par les dirigeants au pouvoir ? Il est assez affligeant, sinon inquiétant,  de constater avec quelle désinvolture, quelle arrogance, quel mépris l'opposition indépendantiste est traitée au Conseil Régional. 

Ne doit-on pas s'inquiéter quand un Parti au pouvoir prétend détenir seul,  la vérité, la compétence, et diriger autoritairement, sans tenir compte de l'avis de l'opposition tout aussi démocratiquement élue ?

Quand Daniel Marie-Sainte, au nom de l'opposition, pose une question sur le contrat passé entre la Région et la multinationale VINCI, la réponse interesse tous les contribuables :

Vous avez refusé de nous communiquer une copie du Contrat PPP que vous avez passé avec la multinationale VINCI pour nous cacher les conditions financières suivant lesquelles il a été passé !

 

Les réponses apportées aux questions posées par les élus d'opposition intéressent tous les citoyens qui sont en droit de savoir comment est géré l'argent public. 

La presse française a consacré de nombreux articles à cette multinationale dont les tentacules s'étendent dans les allées des instances politiques. Ainsi « Politis » qui dans un article de février 2014, ayant pour titre « Vinci : Une nébuleuse bien bétonnée », rappelait :

Pour ne pas grever leur budget, État et collectivités concèdent en effet l’exploitation d’un domaine public à des sociétés privées, pour une durée pouvant aller jusqu’à soixante-dix ans, scellant ainsi leur destin à celui d’une multinationale. Concessions souvent, partenariats public-privé parfois (voir p. 19), pour conclure ces contrats avec les acteurs publics, Vinci compte sur son poids de grand groupe, son savoir-faire… et son réseau bien ancré dans les allées du pouvoir, des mairies à l’État. 

Antoine Zacharias, célèbre patron du groupe de 2000 à 2006, comptait parmi ses proches Jean-Louis Borloo, ancien ministre de la Cohésion sociale, et Christian Poncelet, ancien président du Sénat. Son successeur à la présidence de la multinationale, Yves-Thibault de Silguy, a été conseiller de Balladur et ami intime de Chirac.

Quant au président de Vinci-Concessions, c’est un énarque de la promotion Valmy, où il a étudié en compagnie de l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy Bruno Le Maire. « Aujourd’hui, les liens entre Vinci et les élus sont plus discrets, mais on parvient à dénombrer des cas de pantouflage de collaborateurs d’élus, partis chez Vinci après avoir œuvré dans les cabinets des barons locaux », affirme le magazine Lyon Capitale, qui a mené une enquête sur l’empire de Vinci à Lyon (voir encadré ci-dessous).

Récemment, le journal en ligne Basta ! révélait que l’ancien préfet de Loire-Atlantique Bernard Hagelsteen, qui avait piloté le dossier du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, travaille désormais pour Vinci autoroutes, et que Nicolas Notebaert, le président de Vinci Airports, la filiale « aéroports » de Vinci, était un ancien conseiller du ministre des Transports Jean-Claude Gayssot !"

 

                                                                     

Sans soupçonner nos élus de liens malsains avec la multinationale française, on est en droit d'exiger des réponses, il s'agit d'argent public, de l'argent de nos impôts.

Nous avons connu, pour les moins jeunes,  ce temps où la Droite locale, forte de son pouvoir donné par la Droite française au gouvernement, méprisait le PPM de Césaire, traité avec mépris d'indépendantiste. Ordre était donné à télé locale, devenue Martinique 1ère, d'interdire d'antenne le Député maire de Fort-de-France, bête noire de la Droite française. Serge Letchimy, qui se positionne en héritier d'Aimé Césaire,  doit nous démontrer que l'histoire ne bégaie pas.

 

La question de Daniel Marie-Sainte, au nom de l'opposition 

 

Mr le Président de Région,

S'agissant de transports, nous rappelons que, suite a une demande formulée à l'unanimité lors du Congrès des elus,il y'a plus d'un an, par la loi du 15 novembre 2013 (article 37) le Conseil Régional de Martinique a été habilité pour adapter la législation sur les transports terrestres et maritimes de personnes et de marchandises.

Il était question de la mise en place de:

- Une autorité unique de transports

- Un périmètre unique de transports

- de conditions de financement des transports collectifs publics.

Huit mois plus tard, rien ne nous encore été soumis en terme d'évolution et d'adaptation de la législation !

Au lieu de cela vous nous proposez de transférer la gestion des équipements et d'une partie du transport au SMTCSP (Syndicat Mixte du Transport Collectif en Site Propre) qui est une coquille vide, dépourvue de ressources propre!

Il s'agit là, en réalité, encore d'une manœuvre pour rendre la gestion du dossier du TCSP encore plus opaque.

En effet, après avoir écarté les représentants de l'Opposition du Conseil d'Administration du SMTCSP, vous avez constitué une commission de PPP en excluant les élus de l'Opposition.

Vous avez refusé de nous communiquer une copie du Contrat PPP que vous avez passé avec la multinationale VINCI pour nous cacher les conditions financières suivant lesquelles il a été passé !

Vous continuez a faire croire que vous avez confié a des entreprises locales martiniquais la charge de terminer la réalisation des équipements du TCSP.

En réalité vous l'avez confié a la Multinationale qui cotraite voire soustraite avec des filiales déjà présentes sur notre territoire .

Vous les appelez des entreprises locales.

Des journalistes ont pu dire, à partir des informations que vous avez données, qu'ils s'agissait même "d'entreprises martiniquaises".

Ce ne sont que des entreprises venues sur notre territoire, et qui, c’est le minimum, embauchent quelques martiniquais.

C'est cela la vérité !

Aujourd'hui ,vous demandez a l'Assemblée de sortir cinq emprunts, représentant plus de 100 M€,de la masse de la Dette régionale pour les inscrire dans les comptes du SMTCSP.

Ces comptes, je le rappelle, sont cachés aux élus de l'Opposition.

Par cette manœuvre, vous baissez,apparemment,l'encours de la dette régionale ,mais en réalité, la Région et plus tard la Collectivité de Martinique, auront a donner au SMTCSP, chaque année, l’argent pour rembourser les prêts aux banques, sans compter l'argent pour payer a VINCI, le loyer dont vous nous avez cacher le montant réel !

Nous ne voterons pas en faveur de cette opération de camouflage."

Le 1er juillet 2014.

Daniel Marie-Sainte

Vice-Président de la Région Martinique 

Chef de file du Groupe des Patriotes Martiniquais et Sympathisants.

Site de presse en ligne
ISSN 2726-0100

Aidez Freepawol

pour une presse libre

Dans la même rubrique...

« La Martinique avance » : on l’a lu et relu le long des routes pendant les six années de gestion de l’ex Conseil Régional, par la majorité PPM et alliés.

Quel esprit mauvais hante le Campus Caraïbéen des Arts pour qu’en séance plénière du Conseil Régional,  les mots qui ne sont pas dits,  provoquent des transes dans l’hémicycle ?

L'arrivée en Martinique de Ségolène Royal, Ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l' Energie, était annoncée pour le 15 août.

Pages

« 1 2 3 4 5 »

Articles récents

Au sein du PPM et parmi les sympathisants, le délire autoritaire de Ser

Les organisations syndycales CDMT CGTM CSTM FO FSU UGTM UNSA USAM, réagissent aux violences policières qui se sont produites devant le

Après les violences policières exercées sur un jeune manifestant, Kéziah Nuissier,  frappé violement par plusieurs gendarmes,

Maître Raphaël Constant, ne cache pas qu'il est un avocat militant. Il le précise. Dans les salles d'audience ou en dehors, il est connu pour sa liberté de parole.

Pages

« < 1 2 3 4 5 »