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France

Parlant de l’universalité de l’œuvre de Candido Portinari, João Candido Portinari, son fils et commissaire de l'exposition au Grand Palais, cite Léon Tolstoï : « Si tu veux être universel, commence par peindre ton village. »

Candido Portinari qui n’est pas très connu en France est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands peintres du 20ème  siècle du courant expressionniste.

De passage à Paris, comme d’habitude je cherche les expositions à voir, laquelle ?  Je choisis d’aller voir au Grand Palais, les œuvres d’un peintre brésilien jusque là inconnu pour moi, Candido Portinari. En approchant ce magnifique bâtiment construit pour l’exposition universelle de 1900, je ne peux m’empêcher de penser que cette année là,  étaient proposés aux visiteurs,  les pavillons des colonies françaises et étrangères, pour nourrir leurs rêves d’exotisme. L'exhibition des peuples colonisés, déshumanisés, pour permettre à l'Europe de se glorifier de sa dite suprématie sur le reste du monde. Je monte les escaliers en pensant au score du Front National obtenu pour les élections européennes. 1900 et 2014 se télescopent dans ma tête.

                 

                       

             

Je commence par lire les panneaux de présentation de l’artiste avant de m’avancer vers ses œuvres.   « En 1963, une année après sa mort, se tient la première exposition posthume de Portinari, au Palazzo Reale, à Milan, organisée par Eugenio Luraghi, qui écrit : « La première fois que l’on rencontre cet homme, de petite taille et d’une apparence très modeste, si on le regarde dans ses yeux bleus et si on l’entend parler longuement, simple comme un enfant, ces enfants qu’on aime par dessus tout, on a du mal à croire que l’on a devant soi le peintre le plus talentueux et fantastique de notre temps. » 

                                                                     

Si l’artiste est peu connu du grand public, la maison Gallimard l’avait déjà choisi en 1960 pour illustrer deux livres d’André Maurois qui seront publiés sous le titre Romans. Pierre Mathieu, directeur d’édition lui écrit le 20 septembre 1960, «  Je pense qu’actuellement, dans cette période trouble,  il existe quelques peintres qui ont compris le véritable problème. J’ai été ravi de voir vos toiles briller à l’exposition parisienne. » 

Pour justifier son choix, Pierre Mathieu ajoute « je suis certain, ayant vu l’éventail merveilleux de vos dessins, qu’une bouffée de gaîté va envahir l’ouvrage. »

Candido Portinari peint son pays

Parlant de l’universalité de l’œuvre de Candido Portinari, João Candido Portinari, son fils et commissaire de l'exposition au Grand Palais, cite Léon Tolstoï : « Si tu veux être universel, commence par peindre ton village. » 

Né en 1903 dans une fazenda productrice de café, non loin de Brodowsky (São Paulo), Candido Portinari manifeste dès le plus jeune âge un intérêt pour la peinture. Il intègre le lycée des Arts et Métiers de Rio en 1919 puis l’école nationale des beaux-arts en 1920. Lauréat du prix du voyage d’études en Europe organisé lors du Salon général des beaux-arts, il part pour Paris en 1929, où il participe à une exposition d’art collectif brésilien.

L’appel du pays est irrésistible, il retourne au Brésil où il  peint les réalités sociales  de son pays avec des thématiques telles que le travail des hommes, la souffrance, le métissage.  Des œuvres aux couleurs incandescentes pour décrire la vie.

                                                               

Je prends le temps de regarder chaque tableau, un parcours de l’émotion. Je m’arrête longuement devant « Guerre et Paix » une fresque monumentale qui attire tous les regards, c’est son œuvre la plus connue, exposée sur deux immenses panneaux de 14 mètres de hauteur sur 10 mètres de largeur.  À Paris et en Europe pour la première fois, cette œuvre majeure de Portinari, réalisée entre 1952 et 1956 a été commandée par le gouvernement brésilien pour être offerte à l’ONU qui l’a installée à son siège de New-York en 1957.

           

        

Mais le peintre n’a pas été invité à assister à l’installation et l’inauguration de son travail. Les autorités américaines ont refusé de lui accorder un visa, parce qu’il était communiste. On ne peut s’empêcher de penser à Diego Rivera, le célèbre peintre mexicain. Diego a connu le rejet politique américain quand en 1933, il reçoit du Rockfeller Center de New York, une commande pour une fresque murale. L’œuvre qu’il réalise, intitulée « L’homme au croisement »,  sera détruite par son commanditaire, Diego Rivera refusant de supprimer le portrait de Lénine qui y figurait.  

Candido Portinari qui n’est pas très connu en France est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands peintres du 20ème siècle dans le courant expressionniste. L’exposition au Grand Palais qui a duré un mois (7 mai au 9 juin),  s’achève. Si vous êtes à Paris, allez la voir. En plus, l’entrée est gratuite.                                                    

Le Brésil accueillera des milliers de visiteurs à l’occasion de la Coupe du monde de football du 12 juin au 13 juillet 2014.  Au pays de Pelé il n’y a pas que le foot.  

Lisa David

 

            

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