Parce que nous avons besoin d'une presse libre

Politique

Imaginez la Martinique indépendante avec Boutrin et ses complices élus-licencieurs de la CTM, au pouvoir. On peut se demander est-ce que le Directeur Général des Services du Parc Naturel, Ronald Brithmer que ces élus-patrons ont licencié pour « insubordination » ne serait pas encore fusillé sur un stade ou retrouvé mort au coin d’une rue. Quand un syndicat pose un barrage devant le Parc Naturel comme c’est souvent le cas lors de conflits dans des entreprises, c’est encore sur le DGS Ronald Brithmer que se dirige la rage de Louis Boutrin, qui saisit le juge administratif pour « l’expulsion de M. Ronald Brithmer et de tous les occupants des locaux constituant le siège du parc. » Il essaie même de faire la justice frapper sa victime licenciée au porte-monnaie. Mais il échoue.

La pulsion de mort qui anime ces responsables politiques de la CTM qui s’acharnent sur un Martiniquais, coupable d’amitiés avec des compatriotes qui sont membres de l’opposition, est inquiétante.

On se souvient que Louis Boutrin avait organisé une conférence de presse quelques heures après l’entretien préalable où était convoqué le salarié, rien que pour livrer sa version accusatrice aux médias.

Il a ensuite bénéficié d’une émission à lui tout seul sur les antennes de RLDM, la radio du MIM majoritaire à la CTM. Plus d’une heure pour continuer sans contradicteur, la mise à mort du DGS.

Quelques semaines plus tard c’est le chef de la radio RLDM, Alfred Marie-Jeanne qui a continué le travail et bien sûr, toujours sans contradicteur.

Ce dimanche 29 octobre, le président du Conseil Exécutif a rabaissé, infantilisé le cadre Martiniquais qui ne doit son embauche à un aucun lien de parenté ou de connivence avec un élu politique. Docteur en Géographie Ronald Brithmer, doit ses fonctions à sa formation, à ses diplômes (Docteur en Géographie).

L’élu se vante d’avoir reçu une délégation du personnel du Parc Naturel venu se plaindre de ne pouvoir travailler, venu se faire bien voir auprès du patron, genre : on nous empêche de travailler, le syndicat qui se bat pour les droits de Ronald Brithmer n’est pas représentatif.

On croirait entendre n’importe quel patron béké après avoir reçu quelques « souceurs » de la plantation, incapables d’être solidaires de leur collègue, prêt à le dékaler, à le lapider, au nom du maître.

Le patron de la CTM ne cite pas le nom du syndicat dont il parle, c’est l’animateur qui se garde bien de prononcer un mot qui pourrait déplaire au patron de la radio, qui entre deux « hum » approbateurs, ose : « La CDMT ».

Alfred Marie-Jeanne répond :  « Mwen paka nonmen nom pèsonn, ils se reconnaîtront. Des gens qui manifestement ni an gwo pwel, yo pèd élection-a. Sé mwen ki président la collectivité territoriale de Martinique. Et il commence à parler de lui, comme il le fait de plus en plus. Il rappelle qu’il a quitté son poste de maire (NDLR : c’était en 2000), son poste de Député, que  le peuple a voté pour lui, qu’il n’a présidé aucun bureau de vote…

Et ajoute « toutt sé moun lan qui lé ba mwen lison démocratie, pran-ye foutéy la mwen palé di zot là ! »

Il part dans un hors sujet, parle encore de lui. Dit qu’il a reçu Ronald Brithmer, pas en tête à tête. On apprend à l’occasion que la seule personne qu’il reçoit en tête à tête, « c’est le Préfet. » On respire, il n’a pas dit le gouverneur !

Il annonce qu’il a reçu le DGS du Parc, « avec un témoin, qu’il connait bien. » Puis ce scoop : Boutrin ne le savait pas : « Mwen pa di Boutrin ayen ! »

A Ronald Brithmer il aurait dit qu’il est un garçon compétent, qu’il lui propose s’il veut, un poste ailleurs à la Collectivité Territoriale :

« Mwen palé très franchement bay, dlo mantché vini an ziéy. I tchenbé mwen, i di mwen,  président mèsi anpil. 

I répond’ mwen i pran bonne note mé soit, i ké mété koy anlè poid koy, soit yo ké récupéréy la CACEM. Sé sa i di mwen, mwen pani piès problème épiy. »

Mais l’histoire était trop belle, la générosité de monsieur le président élu de la CTM, si émouvante. Seul le témoin de la conversation peut dire la véracité des faits. Le témoin qui est en réalité Camille Marlet, fidèle et respectueux collaborateur du président qui avec sa fille fait partie dit-on dans les couloirs de la CTM, du triumvirat  qui décide de tout, le sélus n’ayant qu’à exécuter et la fermer.

La suite du monologue du chef de la radio et de la CTM devient vite plus proche de la réalité. C’est bien un procès politique qui est fait à notre compatriote martiniquais. Alfred Marie-Jeanne ajoute immédiatement :

« Ça fait mwen la peinn bay. I fè an déclaration dans France-Antilles pou di sé politik i ka fè. Ou pé fè politik, mé ou paka fè politik pou fè politik initil ! »

Pire il  ajoute qu’à partir du moment où le DGS aurait fait cette déclaration : « excusez mwen, mé sa vé di ou pa ni niveau. » Il enfonce le clou : « lè ou ka rivé à dé degré kon sa, ou pa au niveau. »

Pour abattre un Martiniquais soupçonné de fréquenter d’autres martiniquais, mais membres du PPM, l’arme de destruction massive du mensonge est utilisée, sans honte depuis plusieurs mois.             

Dans un article de France-Antilles du mardi 17 octobre dernier, le Directeur licencié pour « insubordination » par le conseiller exécutif de la CTM et président du Parc Naturel, Louis Boutrin, dit « Je n'ai jamais eu et n'aurai jamais la carte d'un parti. »

 

Mais Alfred Marie-Jeanne fait probablement référence à un article du 20 octobre derniers sur la grève du Parc Régional. Le journaliste cite le DGS :

« La façon dont le président aborde les uns et les autres est inacceptable », a déclaré Ronald Brithmer, hier, sur le piquet de grève au siège du PNM. Il a par ailleurs souligné qu'au-delà du combat juridique et syndical, il y avait un troisième combat : « C'est peut-être le plus déterminant, c'est le combat politique. » 

Cette phrase sortie de son contexte est utilisée par le président du conseil exécutif de la CTM, pour tenter de faire croire que c’est le fonctionnaire territorial qui fait de la politique alors qu’il est lui-même victime d’un procès politique mené par Louis Boutrin.

De quoi s’agit-il quand Alfred Marie-Jeanne qui reconnaît la compétence du DGS et lui propose un poste de placard à la CTM, dit de manière autoritaire et sous forme de guillotine sur RLDM : « Ça fait mwen la peinn bay. I fè an déclaration dans France-Antilles pou di sé politik i ka fè. Ou pé fè politik, mé ou paka fè politik pou fè politik initil ! »

Donc il aurait fallu  que Ronald Brithmer fasse allégeance au Parti au pouvoir pour continuer à travailler, à gagner son pain ? Ce serait donc de la politique utile ?

Ainsi l’indépendantiste, celui qui rappelle régulièrement qu’il a été un syndicaliste a proposé à un cadre martiniquais dont la compétence est unanimement reconnue, qui n’a commis aucune faute professionnelle, de marchander sa dignité. D’accepter de démissionner en prenant un os n’importe où à la CTM pour sauver l’honneur de ce Boutrin, qui n’en a pas. Pour arranger les combines politiques de ces messieurs, sauver l’image qu’ils veulent donner au peuple en vue des prochaines élections de la CTM.

Entendre Alfred Marie-Jeanne dire du haut de son pouvoir de vie ou de mort sur un salarié harcelé moralement depuis des mois, sans tenir compte de la confidentialité d’un entretien qu’il a lui-même provoqué, « dlo mantché vini an ziéy », était tout simplement insupportable. Personne n’a le droit de jouer avec la dignité d’un homme.

Oui c’est un combat politique qui est mené contre le Directeur Général des Services du Parc Naturel Régional depuis le début.

« On l’a vu qui entrait chez Chomet » (ex-président PPM du Parc Régional) m’affirmait il y a quelques mois Raphaël Confiant pour justifier le harcèlement moral infligé au DGS par son ami Louis Boutrin, président du Parc Naturel pour lequel il écrit sur son site « Montray Kreyol » depuis des semaines, des articles méprisants en évoquant son « salaire de ministre ». Salaire qui a opportunément fait le buzz sur les réseaux sociaux. Rien n’aura été épargné à ce cadre martiniquais.

Quant à Louis Boutrin qui a créé il y a des années un site « La Tribune des Antilles » qui n’est que la « Tribune de moi-même » pour essayer de se construire une carrière politique qu’il ne doit qu’à son allégeance à Alfred Marie-Jeanne, il s’y défoule sur le DGS. Passé de docteurosthéopathe à avocat, il n’a jamais réussi le rôle de journaliste qu’il a voulu se donner. Et la bassesse de ces écrits qu’il n’a pas le courage de signer le confirment. Il attaque, diffame Ronald Brithmer, persuadé d’être protégé sous sa robe d’avocat.

 

Il est vrai qu’au pays des macoutes de nombreux sites n’ont aucune volonté d’informer mais ne servent qu’à diffamer, attaquer, injurier, salir, régler des comptes politiques ou des comptes de leur auteur avec eux-mêmes.

Louis Boutrin et Raphaël Confiant reprochent à Ronald Brithmer ses soutiens d’élus du PPM, les mêmes qui selon eux, ont organisé le licenciement annulé par la justice de la DGS de l’ex Conseil Général, Frédérique Fanon. Mais si le macoutisme avait une couleur politique sous nos cocotiers, ça se saurait.

La preuve, c’est le MIM au pouvoir aujourd’hui et qui hier défendait l’ex DGS coupable d’être trop proche de Claude Lise, qui se fait complice d’une mise à mort au nom d’une vengeance politique d’un psychorigide désigné par ses soi-disant amis, « auto-stoppeur de la politique » .
 

Quelle différence entre les deux affaires ? Aucune. C’est la même haine qui est en action, la même incompétence, la même bassesse, la même politique du ventre où la dignité des femmes et des hommes est écrasée au nom de leur besoin de travailler.

Avez-vous entendu un seul élu du MIM se désolidariser de ce licenciement abusif. Daniel Marie-Sainte, ancien secrétaire général de la CSTM qui, le code du travail en mains, a donné tant de fil à retordre au patronat béké, est devenu silencieux. Il assiste sans mot dire à la mise à mort d’un cadre martiniquais dans ce pays de chômage.

Ce mardi 7 novembre, le Parc Naturel était accessible. Les élus du Comité syndical y ont organisé une conférence de presse pour affirmer publiquement leur soutien à Ronald Brithmer et dire leur refus de son licenciement, du harcèlement moral, des pressions que subissent les agents, dont ceux nombreux qui travaillent en CDD. 

Devant les élus les agents du Parc Naturel ont témoigné de leur souffrance au travail. Des témoignages pour dénoncer les menaces, les humiliations, le chantage au renouvellement de contrat infligés par le président du Parc et qui traduisent un fonctionnement qu'aucun élu du peuple ne devrait cautionner. Pourtant le silence des élus de la majorité à la CTM reste pesant.

Ce que ni Alfred Marie-Jeanne ni Boutrin n'ont dit, c'est que parmi les six directeurs, quatre d'entre eux sont en grève parce qu'ils soutiennent le Directeur Général des Services. Pour eux ce licenciement est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Ils ont raconté les menaces du Président afin qu'ils choisissent leur camp. A l'un deux il a rappelé que son contrat arrive à échéance en 2019, et qu'il doit savoir de quel côté il se dirige. Des directeurs qui disent comment ils ont été « rabaissés devant tout le monde. » Une directrice a raconté comment le président l’a virée d’une réunion de travail où il avait choisi ses partisans.

Une salariée en CDD a été interpellée sur la fragilité de son emploi par le président qui lui a dit connaitre les liens de parenté de son époux avec l’ancien président. On croit halluciner.

Les cadres qui ont choisi le camp du président utilisent les mêmes méthodes. Ainsi une autre salariée cite la responsable de l’Action Sociale, qui s’adresse à elle et à d’autres collègues qui ont un projet en commun, mais qui ont choisi de faire grève « Vous n’avez plus aucune chance au Parc. Oubliez votre projet, vous êtes bannis, vous avez donné votre soutien à M.Brithmer. »

Les grévistes maintiennent leur mouvement qui dure depuis 28 jours. Ils l'ont répété, ils n'ont pas le choix, il n'est plus possible humainement de travailler dans ce climat instauré par le président Louis Boutrin. Les élus du Comité Syndical du Parc qui les ont écoutés ont promis d'agir de leur côté pour que cesse ce harcèlement moral au sein du Parc. Une situation qui selon les agents et élus qui ont connu plusieurs présidents, n'a jamais existé.

Quelque soient les menaces, les procédures judiciaires engagées avec l’argent de la Collectivité Territoriale par Louis Boutrin, les agents du Parc se sentent en état de légitime défense dans ce climat de violence psychologique. Ils promettent d’aller se faire entendre devant la CTM à Cluny, lors de la prochaine plénière le 14 novembre.

Le mois dernier toutes celles et ceux qui étaient repérés comme étant du côté du Directeur du Parc se voyaient interdit d’accès par une armada de vigiles, payés là encore avec l’argent public, au nom de l’autoritarisme de Louis Boutrin. Entre le ridicule du TCSP et cette petite affaire de macoutisme, la politique en Martinique est loin de procurer du rêve.

 

Lisa David

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2017 et un mémoire complémentaire enregistré le 2 novembre 2017, le parc naturel régional de Martinique, représenté par Me Mbouhou, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l’expulsion de M. Ronald Brithmer et de tous les occupants des locaux constituant le siège du parc, sis avenue des Caneficiers à Fort-de-France, ainsi que des locaux abritant les services du parc, sis centre commercial Bellevue à Fort-de-France, de leurs dépendances et leurs abords immédiats dont le parc de stationnement ;

2°) d’enjoindre à M. Ronald Brithmer d’évacuer immédiatement les sites occupés, de procéder à l’enlèvement immédiat et à ses frais de tous les obstacles entravant l’accès aux locaux du parc et d’en restituer les clés, ce sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge M. Brithmer, et tous occupants de son chef, la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient :
- que la mesure est urgente dès lors que le fonctionnement régulier du service public

est interrompu par l’occupation et le blocage des accès du siège et des locaux du centre commercial de Bellevue depuis près de12 jours ;

- que la mesure est utile dès lors qu’elle a pour objet de permettre aux 70 agents non-grévistes d’accéder à leurs lieux de travail et d’assurer le fonctionnement régulier du service public et de faire cesser les dégradations de matériel ; qu’il ne peut procéder de lui- même à une évacuation forcée sauf à commettre une voie de fait ;

- que la mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que la situation en litige n’est pas une manifestation légale du droit de grève, ce blocage étant davantage le fait de soutiens extérieurs de M. Brithmer, récemment licencié de ses fonctions de directeur général des services du parc, et de membres de la CDMT, syndicat n’ayant aucun siège dans les instances représentatives du personnel du parc, que celui des agents ou syndicats

N°1700628 2 représentés au parc ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2017, M. Ronald Brithmer, représenté par Me Jock, conclut au rejet de la requête, à sa mise hors de cause, à la condamnation du parc naturel régional de Martinique à lui verser la somme de 2 000 euros sur le fondement de l’article 1240 du code civil en réparation de son préjudice moral, et à ce que soit mise à la charge du parc naturel régional de Martinique la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient :
- que la condition d’urgence n’est pas satisfaite dès lors que le juge des référés n’a
été saisi que le 23 octobre 2017 alors que la grève, décidée par le syndicat CDMT, a débuté le 11 octobre 2017, après avoir été portée à la connaissance du président du parc le 3 octobre 2017 ;

  • -  qu’il n’est pas à l’origine de la grève ;

  • -  que le constat d’huissier sur lequel s’appuie le parc naturel régional est dénué de toute pertinence ;

     - que cette procédure lui cause un préjudice moral qu’il convient d’indemniser ;

Après avoir convoqué à une audience publique : - le parc naturel régional de Martinique ;
- M. Ronald Brithmer.

Vu le procès-verbal de l’audience publique du 3 novembre 2017 à 10 heures 30 au cours de laquelle ont été entendus :

- le rapport de M. Pruvost, juge des référés ;
- Me MBouhou, représentant le parc naturel régional de Martinique ; 

- M. Brithmer.

Après avoir prononcé, à l’issue de l’audience la clôture de l’instruction ;

Vu :

les autres pièces du dossier.

Vu : -

le code civil ;

- le code de justice administrative.

1. Considérant qu’à la suite du licenciement de M. Brithmer, directeur général des services du parc naturel régional de Martinique, prononcé début octobre, une organisation syndicale, la Centrale démocratique martiniquaise des Travailleurs (CDMT-CTM), a fait parvenir un préavis de grève prenant effet au 11 octobre 2017 ; que l’accès aux locaux abritant le siège du parc, avenue des Caneficiers, et aux services administratifs, dans le centre commercial Bellevue à Fort-de-France, a été bloqué à partir de cette date ; qu’un constat d’huissier, établi le 11 octobre 2017 à la demande du président du syndicat mixte du parc, fait état de la présence, aux abords du site abritant le siège, d’un groupe d’une quinzaine de personnes, dont certains arborent des vêtements munis du sigle de ce syndicat ou de l’écusson du parc naturel régional, parmi lesquelles M. Brithmer ; que ce constat d’huissier mentionne que des palettes et des poteaux en bois, munis d’inscription et de banderoles, sont placés en travers du portail ; que le

N°1700628 3

même constat d’huissier fait état, pour les locaux du centre commercial de Bellevue, de la présence sur le parking de véhicules du parc, dont les pneumatiques sont dégonflés, de la présence dans l’entrée de l’immeuble de plusieurs drapeaux au sigle de ce syndicat et de l’impossibilité d’accéder aux locaux du deuxième étage de l’immeuble dont les portes sont fermées à clé; que, par la présente requête, le président du syndicat mixte du parc naturel régional de Martinique demande au juge administratif des référés d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l’expulsion de M. Brithmer et de tous les occupants de ces locaux, de leurs dépendances et des abords immédiats ;

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L.521-3 du code de justice administrative :

3. Considérant qu’aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

« En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision » ;

4. Considérant qu’il résulte de l’instruction et notamment du constat d’huissier du 11 octobre 2017 dont les constatations ont été confirmées par un autre constat d’huissier du 30 octobre 2017 que les accès aux locaux du siège, d’une part, et du centre commercial Bellevue, d’autre part sont rendus impossible du fait de la mise en place de cadenas et de changements de serrures ; que M. Brithmer a indiqué, lors de l’audience publique, que ces sites sont, à la date d’aujourd’hui, toujours occupés en journée par une quarantaine de personnes se relayant pour en interdire l’accès durant les heures de travail; qu’ainsi, ces blocages, qui empêchent environ 70 agents, soit la moitié de l’effectif du parc, de se rendre sur leurs postes de travail, compromettent le fonctionnement régulier, continu et normal du service public du parc naturel régional de Martinique ; que, par suite, la mesure sollicitée, qui a pour seul objet de permettre le rétablissement du fonctionnement normal de ce service public, revêt, dans ces circonstances, les caractères d’utilité et d’urgence exigés par l’article L. 521-3 précitédu code de justice administrative ;

5. Considérant qu’il suit de là qu’il y a lieu d’ordonner à M. Brithmer, dont il est constant qu’il n’est pas étranger au mouvement de blocage dont s’agit, et à toutes personnes occupant et bloquant l’accès du siège et des locaux du centre commercial de Bellevue appartenant au parc naturel régional, de mettre fin à cette occupation et de libérer les accès à ces sites de telle sorte que le service public puisse retrouver sans délai un fonctionnement normal ; que, compte tenu de la difficulté d’identifier, outre M. Brithmer, les personnes participant à cette occupation et à ces blocages illicites, la présente ordonnance doit être déclarée opposable à M. Brithmer ainsi qu’à toutes les personnes occupant, sans y être autorisées, le siège et les locaux du parc naturel régional ou bloquant leur accès ; que, dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte ;

Sur les conclusions indemnitaires de M. Brithmer :

6. Considérant que M. Brithmer sollicite, sur le fondement de l’article 1240 du code civil, la condamnation du parc naturel régional de Martinique à l’indemniser du préjudice moral qu’il prétend subir du fait de la présente procédure ; que, toutefois, il n’appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions précitées du code de justice administrative de faire droit à de telles conclusions indemnitaires ; que, par suite, les conclusions susvisées ne peuvent, en tout état de cause, qu’être rejetées ;

page3image31096page3image31256page3image31416

N°1700628 4 Sur les frais exposés en cours d'instance :

7. Considérant que, dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

ORDONNE:

Article 1er : Il est enjoint à M. Ronald Brithmer ainsi qu’à toutes personnes occupant sans droit ni titre et bloquant l’accès du siège et des locaux du parc naturel régional de Martinique, situés respectivement avenue des Caneficiers et dans le centre commercial Bellevue à Fort-de-France, de libérer les accès de ces sites et de quitter les lieux avec effet immédiat à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : Les conclusions présentées sur le fondement de l’article 1240 du code civil et les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au parc naturel régional de Martinique et à M. Ronald Brithmer.

Copie de la présente ordonnance sera adressée pour information au préfet de la Martinique

page4image10120page4image10280page4image10440page4image10600

Fait à Schœlcher, le 3 novembre 2017.

Le juge des référés,

M. Pruvost

Le greffier,

M. Minin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision. 

 

 

 

Aidez Freepawol

pour une presse libre

Articles récents

Vendredi 31 janvier 2014 se tenaient les derniers préparatifs pour l’entrée dans la nouvelle année lunaire du cheval de bois, le soir même à minuit.  A Tahiti, le passage au nouvel an chinois se fê

Pages

« < 211 212 213 214 215