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C’est l’histoire d’une recette vue sur Facebook, partagée de manière solidaire comme c’est souvent le cas sur les réseaux sociaux. La photo qui l’accompagne invite à la dégustation et les ingrédients sont presqu’à portée de main. Direction « Carrefour » pour trouver des poivrons rouges et des courgettes, elles sont produites en Martinique. Mais hélas, comme d’habitude en colonie, la pwofitasion sévit.

Nous sommes le 12 février 2016,  passage à la caisse de « Carrefour » Cluny à 15 h20. Les courgettes et les poivrons manquants sont dans le panier, je m’en vais essayer la recette de cake aux légumes. Le résultat est concluant : dégusté avec une salade verte, c’est un repas léger, idéal pour le  dîner.

Trois jours plus tard (15 février), le cake est au menu pour le dîner. Après avoir subi les embouteillages provoqués par le juste combat des pompiers pour notre sécurité à tous, arrêt cette fois à « Carrefour » Dillon.  Juste le temps de quelques courses dont les courgettes et les poivrons rouges et d’autres ingrédients pour y mettre ma touche personnelle.

Prête pour un cake aux légumes, de Tati Lisa cette fois, je sors du bac à légumes les précédents achats, ils sont encore dans le sachet étiqueté.

Mesdames, Messieurs, est-ce que la cour dort ? 

Si la cour dort, réveillez- vous ! 

Je vous raconte  l’histoire d’un mal qui nous assomme tous : la Pwofitasion.  Elle avait mis les Antillais dans la rue en 2009, pour une grève générale qui a duré plus d’un mois.

Pourtant il y a eu le Carême révolutionnaire

Février 2009 mesdames et messieurs, vous vous souvenez ? Nous étions debout face aux injustices, debout face à la vie chère. C’était notre Carême révolutionnaire, il a précédé des révoltes ailleurs. Quand en décembre 2010 se lèvent d’autres peuples, exemple les « Printemps arabes », nous avions déjà expérimenté le lévé-faché collectif.

Est-ce que la cour dort ? Si la cour ne dort pas, écoutez bien : Nous le savons tous, notre lévé-faché, finalement bien gentil, n’a pas servi à grand-chose.

Mesdames, Messieurs, si je n’avais pas la peau noire, j’aurais rougi comme le poivron en regardant les étiquettes collées sur les sachets des 12 et 15 février. Je suis restée verte comme la courgette, la pwofitasion m’a donné une gorjèt’.

Ecoutez-bien !  Ne vous laissez pas distraire par les chants agaçants des moustiques, ces loustiks ne sont qu’une menace de destruction massive parmi d’autres.

Il y a bien le Zika, mais c’est la Grippe A (rien à voir avec la grippe Aviaire avec zéro cas en Martinique) qui a déjà tué 3 ou 4 Martiniquais pour ce début d'année.  

Mesdames, Messieurs, non là on de déconne pas.  Il y a pire : le Chlordécone nous empoissonnera jusqu’à la fin de nos jours.

Même le rhum, le rhum mesdames et messieurs. Le rhum martiniquais. Il risque bientôt de prendre l’appellation « COC » pour Chlordécone Non Contrôlé. Bon je sais, quelques petits impertinents vont traduire qu’on nous a encore co…

Krakrakra…  Ékrik ! Ékrak !  Est-ce que la cour dort ?

Je vois dans la foule des rires jaunes. Jaunes comme notre banane antillaise. Mais là, pas d’inquiétude à avoir. Une personne qui a déjà compris le problème m’a dit que la peau de la banane est un gilet pare-balles !

Ekrik ! Ékrak !

L’affaire est sérieuse mesdames et messieurs : On a découvert que le Rhum a en lui, des traces de chlordécone. Nous avions toujours cru qu’il avait en lui l’esprit sain. Le rhum aussi est pollué. Pa rété ayen ankô !

Retrouvez vos esprits ! La réalité dépasse la fiction. La pwofitasion va aussi nous empoisonner jusqu’à la fin de nos jours en pays dominé. 

La pwofitasion même dans un petit cake de légumes messieurs dames !

Le prix du kilo de courgettes le 12 février à « Carrefour » Cluny est à 4,95 €. Acheté 3 jours plus tard dans la même enseigne, pas bien loin, à Dillon, le kilo s’achète à 3,99€.

Le poivron rouge qui devient de l’or à « Carrefour » Dillon le 15 février

Mais c’est une provocation ! On ne fait pas ça en plein mois de février, quand même ! A moins qu’ils nous prennent pour des poireaux.

Mais attention pwofitasion + provocation, le résultat peut un jour surprendre.

Mais revenons à nos poivrons. Est-ce que la cour dort ?  Si la cour ne dort pas, on continue, tout continue.

Mesdames, Messieurs, le 12 février le kilo de poivrons rouges coûtait 4,50 € à « Carrefour » Cluny.

Trois jours plus tard (15 février) ils avaient grimpé à 5,90 € le kilo à « Carrefour » Dillon.

Les prix sont libres et nous le savons tous aussi, les rapports ou loi Lurel n’ont servi à rien. La pwofitasion frappe et elle frappera encore. Qu’importe le chômage qui frappe aussi fort, qu’importe les salaires moyens qui collent au SMIC. Les grandes surfaces font ce qu’elles veulent, appliquent des prix 3 à 4 fois plus chers qu’en France, sans que personne n’ait,  jusqu’à aujourd’hui, donné une justification sérieuse. Et nos élus, donneront encore des autorisations d'implantation à ces temples de la consommation, avant de joueur aux vièrges effarouchées, comme à Sainte-Luce. 

Allo Carrefour, Carrefour ne répond pas...

J’ai bien entendu tenté d’avoir une explication de la direction de « Carrefour » dont la richesse repose sur nos charriots de courses, elle n’a pas souhaité nous répondre. J’ai appelé plusieurs fois une directrice, Mme L. Alexandrine, qui m’a été recommandée comme étant celle habilitée à communiquer sur cette interrogation, légitime. J’ai annoncé mon identité, expliqué que je comptais faire état de cette particularité des prix « Carrefour » en ma qualité de journaliste du site freepawwol.com, puisque étant avec tous les consommateurs martiniquais, victimes de ces prix fous, ces prix lévé-fésé.

Mais manifestement,  mon nom et celui de freepawol.com ne font pas partie du cercle très fermé des journalistes et médias qui ne dérangement pas la pwofitasion et avec qui on peut échanger entre personnes qui savent comprendre les difficultés financières, que bien évidemment rencontrent ces grands groupes.

Reste qu’on peut s’interroger sur la politique des prix de cette enseigne, quand elle choisit de vendre plus cher 1kg de poivrons à Dillon avec un écart de plus d’un euros (1,40€).

Les habitants de ce coté de la capitale auraient-ils des revenus plus élevés que ceux de Cluny, Clairière ou Didier ?

Les dirigeants de « Carrefour » détiennent peut-être une étude en ce sens, mais personne n’y croira.

Mesdames, Messieurs, l’histoire est sans fin. Parce que les pwofitans savent que même sans faim,  les files de clients aux caisses continueront. Les charriots pleins de la drogue-consommation nous entraineront encore dans des carrefours dangereux où la priorité reste aux possédants. Ainsi en a décidé le pouvoir colonial qui cautionne les excès de vitesse des prix, en pays dominé. 

Lisa David

 

 

 

 

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