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Lors de la séance plénière du Conseil Régional ce mardi 22 septembre, on s’attendait à ce que le climat soit tendu. Comment imaginer que l’opposition aurait accepté de siéger en présence de la 1ère vice-présidente, Catherine Conconne, qui a présenté sa démission en août, après sa mise en examen pour recel d’abus de biens sociaux dans une affaire concernant ses activités de commerçante ? Face au refus du Président de répondre à leurs questions les élus de l’opposition Patriotes et sympathisants ont quitté la séance, qui s’est poursuivie sans eux et des textes ont étés votés sans quorum.

A la veille des élections de décembre prochain pour la Collectivité Territoriale de Martinique, l'équipe sortante a besoin de gagner et les annonces telle la création d'emplois aidés, devaient à tous prix se faire lors de cette plénière, même si plus tard la loi vient annuler les décisions votées. Au rythme où vont les tribunaux de Martinique confrontés au manque d’effectifs, le calcul est vite fait, ce ne sera qu’après les élections.

Démonstration une fois de plus qu'à la Région Martinique la majorité considère qu’il n’y a qu'un pouvoir, celui du chef suprême que les militants et récentes converties ont magnifié. Exemple avec Jenny Dulys, maire de Droite du Morne-Rouge, qui lors de la rentrée politique du mouvement hétéroclite qu’elle a rejoint, s’est crue dans l’église de sa commune. Elle a déclaré sa foi à Serge Letchimy : « tu es le chemin, la vérité, et la vie »

La dévotion affichée d’une autre élue de Droite, l’ancienne secrétaire départementale du RPR Chantal Maignan et les déclarations christiques qui entourent le chef de file du PPM, génèrent tous les excès de pouvoir. Il est vrai que l’homme lui même y croit, comme on a pu le constater en l’entendant s’adresser à ses disciples, lors d’un meeting à Trinité, pendant la campagne électorale qui l’a porté à la tête de la Région en 2010.

« C’est mon être que vous demandez, c’est mon corps que vous demandez, c’est mon âme que vous demandez. »

Lors de ce meeting électoral à Trinité, on aura noté que Serge Letchimy, alors maire de Fort-de-France, demandait à ses partisans de l’autoriser à quitter la mairie pour…4 ans.

Il fustigeait le libéralisme. Mais c’était avant de voter toutes les lois Macron, les lois de ce ministre qui remet en cause les 35h, cherche à supprimer tous les acquis des travailleurs, qui veut découdre le code du travail qui les protège de la rapacité libérale. Ce ministre qui récemment déclarait que le statut des fonctionnaires n’est plus « justifiable. » Vous avez dit libéralisme ?

La voyoucratie comme méthode pour faire taire les opposants.

Dans un communiqué, l'opposition informe qu’un « recours administratif hiérarchique a été adressé au Préfet de région et au Ministre de l’intérieur, le 12 août dernier, pour la non prise compte de la démission volontaire de Mme Catherine CONCONNE de sa fonction d’élue régionale et son non remplacement. Nous attendons leur réponse qui doit impérativement intervenir dans un délai de 60 jours maximum après la saisine ! »

On se croirait dans une république banananière où aucune loi ne s'applique. Le Préfet n'a pas jugé urgent de répondre pour que s'exerce dans le respect des lois, le fonctionnement de l'institution régionale. Mais qu'on y prenne garde, le message envoyé aux jeunes qui ne respectent plus les lois et ont choisi la violence, sera entendu. L'exemple dit-on vient d'en haut.

Serge Letchimy pendant son meeting de campagne en 2010 parlait de respect, d’échange, d’amour. Mais il s’est fait une réputation de « ich méchan » dès les premiers mois de sa mandature, quand il a menacé un élu de l’opposition, l’invitant à un affrontement physique : « sé lè ou lé, la ou lé ! »

Lors de cette plénière du 22 septembre, l'élu PPM Camille Chauvet qui s'est délaré « soldat » de Serge Letchimy, qui a déjà fait un doigt d'honneur en pleine séance, vocifère sans avoir demandé la parole, comme d'habitude. On mesure une fois de plus, une fois de trop, le niveau de voyoucratie qui règne dans cette inquiétante assemblée, où est instauré un climat de violence, de menaces.

 

 

Le président du Conseil Régional, Serge Letchimy, a coupé le micro aux élus de l’opposition qui exprimaient une interrogation qui résonne dans le pays, celle de la présence de Catherine Conconne qui siège dans l’assemblée ou légalement elle a démissionné par courrier adressé au président le 3 août, dernier.

Un courrier intervenu après sa mise en examen pour « recel d'abus sociaux », dans lequel elle reconnaît avoir perçu pour son magasin de chaussures « Les deux font la paire », une importante somme d'argent d'une entreprise détenue par son frère Charles Conconne et et son compagnon Eric Mongérand. Pourtant elle trône dans l'Assemblée régionale, comme si la loi française ne s'appliquait pas en Martinique. Le macoutisme s'installe lentement dans le pays.

Lisa David

 

Après avoir quitté la séance plénière, le porte-parole du groupe d’opposition, Daniel Marie-Sainte adressait un communiqué à la presse pour condamner le comportement du président de la Région :

« A l’ouverture de la séance plénière de l’Assemblés régionale du 22 septembre 2015, après en avoir obtenu l’autorisation du président de région, j’ai donné lecture d’une « Déclaration liminaire du Groupe des élus "Patriotes Martiniquais et Sympathisants ». (Voir pièce jointe.)

Le président a opposé un mutisme hautin aux observations et demande que nous formulions.

Plus grave encore, après avoir donné successivement la parole à deux autres élus du groupe, à savoir Francis CAROLE et Louis BOUTRIN, le président a coupé leur micro dès leurs premiers mots !

Constatant que l’ex-1ère vice-présidente, bien que démissionnaire de puis le 3 août 2015, persistait à rester dans l’hémicycle de l’hôtel de région, la totalité élus "Patriotes Martiniquais et Sympathisants » s'est retirée de la séance plénière régionale, privant ainsi l’Assemblée de son quorum.

Nous avons appris qu’en dépit de l’absence de quorum, les 19 élus présents ont continué la séance.

Bafouant une fois de plus le législation qui dispose que pour qu’une délibération du Conseil  Régional soit légale, elle doit avoir lieu avec la présence physique de plus de la moitié des membres  de l’Assemblée, à savoir au moins 21 élus non démissionnaires, présents  dans l’hémicycle.

Pour ne pas cautionner politiquement cette double illégalité, nous dénonçons publiquement cette atteinte à la démocratie et à la moralité politique. »

 

INTERVENTION de Daniel MARIE-SAINTE
A PROPOS DE LA DEMISSION de Catherine CONCONNE

Dans une lettre, datée du 3 août 2015, qui vous a été adressée par celle qui était alors la 1ère vice-présidente du Conseil régional, lettre que vous avez rendue publique, il était dit, de manière non équivoque, dans la conclusion, je cite :

« Au vu des faits que je vous ai énoncés et pour que cet incident ne porte préjudice à la poursuite des responsabilités que vous assumez au Conseil Régional, je me propose de vous demander d’accepter : 

         -  ma démission à mes fonctions d’élue régionale, 

         -  ma démission en tant que 1ère vice-présidente de l’institution que vous présidez, 

         -  la remise à votre autorité des délégations de signature que vous m’avez accordées en votre nom lors de notre prise de fonction en 2010. » (Fin de citations) 


Vous avez fait savoir, par voie de presse, que vous lui retirez immédiatement les délégations de signatures. 
C’est en effet, la seule décision qui relève de vos attributions. 
En effet c’est vous, Mr le président, qui distribuez vos délégations de signature, en publiant un arrêté. 
Donc, par parallélisme des formes, vous seul pouvez les reprendre moyennant la publication d’un autre arrêté. 


Par contre, au titre des dispositions réglementaires prévues dans le Code Général des Collectivités Territoriales (article L 4132-2), vous n’avez qualité à vous prononcer sur une démission volontaire. 
Vous deviez, obligatoirement et immédiatement, en donner avis au Préfet représentant de l’Etat dans la région, afin qu’il puisse désigner l’élu habilité à siéger en lieu et place de la démissionnaire ! 


Or nous constatons que la démissionnaire est encore présente dans l’hémicycle. 
Cette situation extraordinaire et illégale est de nature à vicier toutes les délibérations que notre assemblée serait amenée à prendre. 
Aussi, par respect de la démocratie et des règles qui gouvernent, nous ne pouvons tolérer une telle situation d’illégalité. 
Puisque les délibérations de l’assemblée pourraient frapper de nullité pour vice de forme, notre groupe ne peut se faire complice de cette situation. 
Aussi nous vous demandons, solennellement, de faire respecter les dispositions légales. 


Faute de quoi, notre groupe suspendra sa participation à cette présente séance jusqu’au retour de la légalité !

Car nous ne voulons qu’à aucun moment, il soit dit que les élus du groupe des
« Patriotes Martiniquais et Sympathisants » ont accepté de participer à une réunion frappée d’un vice de forme constitué par la participation d’une élue volontairement démissionnaire !

Cette situation a créé un trouble dans l’opinion publique et nous ne voulons en être les complices !

Le 22 septembre 2015 DMS 

 

On s'en fout de la loi, on a le pouvoir.  Nous décidons de tout augmenter à la veille des élections, nous avons aussi l'argent.

Malgré le départ des élus de l'opposition, la séance s'est poursuivie, comme le prouve le communiqué de la Région :

 

 

 

 

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